VIDÉO - Magasins spécialisés, supermarchés... La lutte contre le gaspillage alimentaire gagne du terrain

VIDÉO - Magasins spécialisés, supermarchés... La lutte contre le gaspillage alimentaire gagne du terrain

MANGER AUTREMENT - Alors que près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable sont gaspillées chaque année en France, la distribution fait sa révolution. Si certains magasins spécialisés ont fait leur apparition, les acteurs traditionnels du secteur s'y mettent aussi.

Comme d'autres aspects de l'écologie, le gaspillage alimentaire a longtemps été remisé au rang des préoccupations secondaires des Français. Il représente pourtant, chaque année, près de 10 millions de tonnes de nourriture consommable dans le pays, soit l’équivalent de 150 kilos par habitant, selon les chiffres de l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (Ademe). De son côté, le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE) publiait, en mars dernier, un rapport révélant que près d'un milliard de tonnes de nourriture est gaspillé chaque année dans le monde, soit près de 20% des aliments disponibles pour les habitants du globe.

Un tournant semble toutefois s'opérer dans les esprits. En attestent les changements de comportement des professionnels de l'alimentation, des Français et des autorités.

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Le 20h

Dans son atelier des Côtes d'Armor, Dalila Cosquer, la patronne de La Maison de la Crêpe, produit chaque jour plus de 6000 crêpes et presque autant de galettes de sarrasin. Désormais, et depuis quelque temps, elle retire des grandes surfaces les crêpes invendues cinq jours avant leur date de péremption. 

Auparavant, "lorsqu'on récupérait les invendus, ça partait directement à la poubelle", explique-t-elle à TF1, dans la vidéo en tête de cet article. Résultat : plus de 300 crêpes étaient jetées chaque semaine.

"Des bons produits à des prix tout à fait concurrentiels"

À quelques kilomètres de là, un magasin de l'enseigne Nous anti-gaspi vient d'ouvrir ses portes. Les crêpes de Dalila y ont d'ailleurs trouvé leur place et sont vendues un euro moins cher qu'en grande surface. Ici, la grande majorité des produits, vendus en moyenne 30% moins chers, n'auraient pas pu passer la porte des magasins traditionnels. En cause, des dates de péremption courtes, des boites cabossées ou un logo mal imprimé.

Cofondateur de la marque, Vincent Justin en veut pour exemple le cas d'un concombre qui présente "une courbure plus importante que ce qui est toléré dans les cahiers des charges de la grande distribution", ou encore de "courgettes qui ont des formes un peu bizarres, sont un peu trop petites". "Il n'y a pas de gaspillage, il y a des bons produits qui sont de qualité, des produits bio, à des prix tout à fait concurrentiels", résume une cliente de l'enseigne.

Je pense qu'on pourra avoir un vrai impact - Vincent Justin

Avec une ouverture de nouveau magasin par mois, ce réseau se développe très vite. "À l'échelle du réseau, on est aujourd'hui à plus de 500 tonnes (de nourriture sauvée, NDLR) par mois. Et si on continue à se développer, je pense qu'on pourra avoir un vrai impact sur le gaspillage alimentaire en France", poursuit Vincent Justin. 

Et désormais, même les grandes surfaces classiques tentent de lutter contre le fléau du gaspillage alimentaire. Une chaine d'hypermarchés dans laquelle TF1 s'est rendue propose ainsi, tous les matins, des cageots avec des fruits et légumes qui se périment le jour même. Montant du total : un euro

"Je suis mère de famille, et les fruits et légumes sont très chers. Donc plutôt que de mettre ça à la poubelle, je préfère les prendre, et c'est rentable", nous explique une cliente. 

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Depuis cinq ans, cette chaine d'hypermarchés ne perd plus d'argent en jetant des marchandises. Car payer les camions-poubelles ou gérer les déchets a un coût. À l'échelle du pays, d'après l'Ademe, le gaspillage alimentaire représente "entre 12 et 20 milliards d’euros par an en France soit l’équivalent de 159 euros par personne pour les seuls ménages".

La solution répond également à un impératif légal, puisque d'après la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire (AGEC), les secteurs de la distribution alimentaire et de la restauration collective devront réduire le gaspillage alimentaire de 50% par rapport à 2015, et ce d'ici 2025.

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