Cop 21 : les pays les plus volontaires ne sont pas ceux que l’on croit

Cop 21 : les pays les plus volontaires ne sont pas ceux que l’on croit

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ENVIRONNEMENT – A un mois tout pile de la 21ème conférence internationale sur le climat, organisée à Paris, l’Onu vient de rendre public un rapport présentant les engagements des Etats en matière de réduction des gaz à effet de serre. Des engagements "insuffisants" pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C.

La Cop 21 sent-elle le roussi ? Vendredi 30 octobre, à exactement un mois de la 21ème conférence internationale sur le climat, qui vise à obtenir un accord pour limiter le réchauffement climatique à 2°C par rapport à 1880, l’Onu vient de rendre public le rapport sur les engagements des Etats en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (INDC). Et, comme le soulèvent les différentes ONG environnementales de la Fondation Hulot au Réseau Action Climat (RAC), "le compte n’y est pas".

Le Costa Rica neutre en carbone dès 2021

A l’heure actuelle, 155 pays sur les 196 participants à la COP 21 ont en effet rendu leur copie aux experts des nations unies, ce qui représente 86,4% des émissions de gaz carbonés en 2012. Mais les propositions déposées ne sont pas suffisantes, puisque les contributions des Etats permettraient seulement de limiter le réchauffement de la planète à 3°C, un seuil fatal pour les écosystèmes. Et parmi les pays engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique, les plus volontaires ne sont pas ceux que l’on croit.

Avec 98,7% de son électricité produite en 2015 grâce aux énergies renouvelables, le Costa Rica prévoit par exemple d’être neutre en carbone, c’est-à-dire de ne plus émettre de gaz à effet de serre, d’ici 2021. En Asie, le Bhoutan, souvent considéré comme "le pays du bonheur", est déjà neutre en carbone depuis 2009. Et les pays insulaires comme les îles Comores, Kiribati ou Seychelles, les plus directement concernés par la montée des océans liée au réchauffement de la planète, prévoient d’être ambitieux pour le climat, mais à condition que les financements promis soient au rendez-vous.

Les pays producteurs de pétrole jouent les mauvais élèves

Inversement, si le Brésil, le Mexique et l’Union européenne sont, parmi les pays membres du G20, les plus volontaires, en proposant de réduire drastiquement leurs émissions de 20 à 45 % d’ici 2030, ce ne sont pas les meilleurs élèves de la classe mondiale. "On pourrait réduire nos émissions au moins de moitié d’ici 2030", regrette Célia Gautier, une des porte-parole du Réseau Action Climat, au sujet des pays européens. Les pays les plus riches comme le Canada, l’Australie, le Japon, la Corée du sud ou la Russie, souvent parmi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, sont pointés du doigt pour leurs propositions en deçà de ce qui est demandé pour limiter le réchauffement climatique.

Mais il y a de biens plus mauvais élèves. Les pays producteurs de pétrole et d’hydrocarbure, comme l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Egypte, le Nigeria, le Venezuela ou la Libye, n’ont toujours pas fait part de leurs engagements pour lutter contre le réchauffement climatique. Un silence qui en dit long sur le poids des intérêts nationaux qui s’exprimeront à Paris début décembre.

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