COP 21 – Martin Fourcade : "L'écologie ne consiste pas à arrêter de vivre"

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INTERVIEW – Pendant la COP21 au Bourget, metronews interroge des personnalités artistiques ou sportives sur leurs gestes et engagements pour la planète. Petits ou grands. Pour le double champion olympique (biathlon) Martin Fourcade, l'écologie est résolument moderne.

Champion du monde à six reprises, double médaillé d'or olympique l'an dernier à Sotchi, Martin Fourcade (27 ans) n'a pas hésité une seconde quand on lui a demandé s'il voulait bien parler avec nous d'environnement. Depuis à Östersund en Suède, où il a revêtu le dossard jaune du leader du classement général de la Coupe du monde grâce à son doublé sprint-poursuite, le Pyrénéen (il est natif de Céret dans les P.-O.) nous a livré son point de vue sur la nature qui l'entoure. Et forcément sur les dangers qui la menacent.  

D'où vient cette prise de conscience ?
C'est ancré en moi depuis tellement longtemps que je le ressens comme si c'était inné. J'ai eu la chance de grandir dans un environnement extrêmement privilégié, à la montagne, en pleine nature, bien loin de la pollution. Quand on grandit là, on prend rapidement conscience de l'importance de protéger la nature. D'autant plus que quand on pratique un sport d'hiver comme le mien, on a besoin de neige et on constate que l'enneigement est de plus en plus compliqué. Mais attention, je ne veux pas être un imposteur : en tant que sportif de haut niveau, je voyage beaucoup, je prends souvent l'avion et j'ai fatalement un bilan carbone qui n'est pas génial. Alors au quotidien, j'essaie de l'atténuer au maximum.

Justement, dans votre vie quotidienne, quels sont vos gestes pour la planète ?
Mon mode de vie n'est pas radical parce que, selon moi, l'écologie ne consiste pas à arrêter de vivre mais plutôt de faire en sorte que les avancées technologiques géniales soient le moins "impactantes" possibles sur l'environnement. Alors par exemple, quand je sors d'une pièce, j'éteins systématiquement la lumière. J'évite aussi les produits sur-emballés. Ça, ça me rend fou. J'aimerais qu'ils abordent ce sujet dans le cadre de la COP 21.

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Le dernier geste en date ? 
Pas plus tard que tout à l'heure quand je suis sorti de ma chambre, j’ai éteint la lumière. Ça a l'air tout bête comme ça mais quand je passe devant des bureaux la nuit et que je vois que tout est allumé, ça me rend fou de rage. Presque autant que quand je me dis qu'une fraise a parcouru 6.000 km en camion pour atterrir dans une assiette. Ça aussi, ça me fait sortir de mes gonds.

L'action dont vous êtes le plus fier dans ce sens ?
Dans ma vie de tous les jours, je fais en sorte d'avoir pleinement conscience de la chance qui est la nôtre de profiter de cette nature qui est, encore, en pas si mauvais état que ça. Cet état d'esprit conditionne quasi-toutes mes actions. Mes parents m'ont éduqué ainsi. J'ai passé beaucoup de temps avec mon père qui était accompagnateur en montagne et je me souviens que lors d'une rando-semaine, il m'avait testé en jetant une boîte de conserve sous mes yeux, juste pour voir quelle serait ma réaction. Et il n'a pas été déçu : je l'avais copieusement engueulé.

Ce que vous aimeriez changer ?
Aujourd'hui, si j'étais présent à la Cop 21, je ferais passer une règle sur le sur-emballage. C'est à mon avis, une aberration totale.

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