COP21 : dix journalistes environnementaux assassinés depuis 2010, selon RSF

COP21 : dix journalistes environnementaux assassinés depuis 2010, selon RSF

COP 21
DirectLCI
ENVIRONNEMENT – Selon un récent rapport de Reporters sans frontières, au moins dix journalistes, qui enquêtaient sur des sujets environnementaux, ont été tués depuis 2010 à travers la planète.

Ils n'enquêtaient pas sur la mafia ou les malversations politiques. Selon Reporters sans frontières, dix journalistes sont morts, assassinés, parce qu'ils travaillaient sur des sujets liés à l'environnement. A l'heure où s'ouvre la COP21, la grande conférence sur le climat, à Paris, ce chiffre interroge.
"L’environnement est un sujet hautement sensible qui vaut trop souvent de sérieux ennuis à ceux qui lèvent le voile sur les pollutions ou les dégradations en tout genre de la planète", souligne Christophe Deloire, le secrétaire général de l'organisation, dans le rapport de l'ONG paru jeudi et intitulé "Climat hostile conte les journalistes environnementaux".

Globalement, précise encore RSF, la situation de ces journalistes spécialistes empire chaque année, confrontés à de multiples pressions, menaces et violences. “Avant 2015, jamais un tel niveau de violence à l’encontre de ces femmes et ces hommes qui enquêtent souvent seuls sur des terrains reculés n’avait été atteint", commente Christophe Deloire.

Hang Serei Oudom "retrouvé mutilé à coups de hache"

Sur les dix reporters assassinés depuis 2010, l'organisation de défense de la liberté de la presse, a recensé quatre journalistes cambodgiens, deux Indiens, deux Philippins, un Russe et un Indonésien. RSF cite notamment le cas de Hang Serei Oudom, un journaliste cambodgien "retrouvé mutilé à coups de hache dans le coffre de son véhicule" en 2012. "Son dernier article mettait en cause un officier de l’armée, qui se serait livré à un trafic de bois en utilisant des véhicules militaires", selon l'ONG. Les dix journalistes assassinés travaillaient sur des sujets tels que la déforestation et la pêche illégales, l'exploitation minière ou la corruption liée à des crimes environnementaux.

Ahmed Rilwan, 29 ans, a quant à lui disparu le 8 août 2014 et n'est pas réapparu depuis. Ce reporter du Minivan News, un journal indépendant des Maldives, traitait de sujets politiques et environnementaux. La veille de sa disparition, son dernier article paru traitait de l’exploration de pétrole dans les eaux de l'archipel, parmi les plus belles au monde. Le jour de sa disparition, plusieurs témoins ont affirmé avoir vu le journaliste être emmené de force dans une voiture.

D'autres reporters ont été harcelés, d'autres encore ont subi des violences. C'est le cas d'au moins six journalistes péruviens, relate RSF ou du freelance Solidjon Abdourakhmanov, emprisonné en Ouzbékistan depuis huit ans. Tous ont enquêté sur l’exploitation illégale de ressources naturelles, la déforestation ou la pollution. Moins grave mais révélateur également du caractère sensible des dossiers environnementaux, le reporter canadien Stephen Leahy s’est vu proposer de l’argent par une entreprise canadienne pour qu’il arrête d’enquêter sur ses activités.

A LIRE AUSSI
>>
Réchauffement climatique : la COP21 en cinq questions
>>
Christophe Deloire : "L'influence de Reporters sans frontières est réelle à l'étranger"
>> 
Tout savoir sur la COP21 : notre dossier spécial

Lire et commenter