COP21 : l'accord de Paris signé, et après ?

COP21 : l'accord de Paris signé, et après ?
COP 21

CHANGEMENT CLIMATIQUE - Réunis dans la grande salle des Nations unies, les représentants de plus de 170 pays ont signé vendredi 22 avril l'accord de Paris sur le climat, issus des négociations de la Cop 21. Pour entrer en vigueur en 2020, le texte d'accord doit désormais être ratifié par tous les pays signataires engagés dans la lutte contre le réchauffement de la planète.

"C'est un moment d'Histoire. Jamais auparavant un aussi grand nombre de pays n'avait signé un accord international en une seule journée." En ouverture de la cérémonie de signature de l'accord de Paris sur le climat, dans la grande salle des Nations unies, à New York, Ban Ki-Moon, le secrétaire général des l'ONU, pouvait se réjouir : quatre mois après l'adoption du premier accord universel sur le climat lors de la COP 21 en décembre 2015, 175 pays ont en effet signé le texte d'accord dont l'objectif est de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C voire 2°C d'ici à la fin du siècle par rapport aux températures de 1880. 

Signature ne vaut pas ratification

Mais la signature de l'accord par un nombre de pays qui représente plus de 93% des émissions de gaz à effet de serre selon l'ONG World Ressources Institute ne fait pas tout. Après cette cérémonie très symbolique, les Etats signataires doivent désormais ouvrir un processus de ratification de l'accord de Paris à la maison, la plupart du temps devant les parlements nationaux. Et pour pouvoir enfin entrer en vigueur en 2020 (ou avant), il doit être ratifié par au moins 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES). La France s'est d'ailleurs déjà engagée dans la direction de la ratification. Le 9 mars dernier, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a présenté en Conseil des ministres le projet de loi de ratification de l'accord de Paris en vue de sa promulgation avant l'été 2016 - le vote à l'Assemblée nationale aura lieu le 17 mai prochain.

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En revanche, il est également nécessaire que les 28 pays membres de l'Union européenne ratifient l'accord pour engager l'UE. Or, lors de la dernière réunion des ministres de l'Environnement de l'UE le 4 mars, des désaccords sont apparus sur les engagements en matière de réduction des émissions de GES en vertu de l'objectif de long terme. Les plus gros pollueurs comme la Chine, les Etats-Unis et le Canada (plus de 40% des émissions mondiales) ont de leurs côté voulu rassurer les pays les plus vulnérables aux conséquences du changement climatique  en promettant de ratifier l'accord avant la fin de l'année. Barack Obama n'est par exemple pas obligé de passer devant le Congrès, explique Actu Environnement , et n'a qu'à signer un décret avant le terme de son mandat. 

Traduire l'accord en "actes"

Reste qu'après la ratification, il faut également tenir ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique. Juridiquement, même en signant l'accord, les pays s'engagent à respecter l'objectif de limitation du réchauffement climatique. Or, le temps fait défaut face à l'urgence climatique. "Si on additionne les promesses des Etats, nous sommes pour l'instant sur une trajectoire d'augmentation de 3°C. Il faut donc que les principaux pays émetteurs de gaz à effet de serre révisent leur niveau d'ambition. La France doit montrer l'exemple en annonçant qu'elle rehausse ses objectifs de réduction d'émissions et qu'elle n'encourage plus l'usage des énergies fossiles", déplorait hier Nicolas Hulot dans une interview au Parisien

Il faut traduire l’accord de Paris en "actes", a d'ailleurs souligné François Hollande à la tribune des Nations unies ce vendredi, rappelant que "les mois qui viennent de s’écouler ont été les plus chauds de ces cent dernières années" [ndlr, mars 2016 a ainsi été le mois de mars le plus chaud jamais enregistré par les météorologues]. Et traduire en "actes", cela signifie engager une transition énergétique qui permette une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre dans les transports , le bâtiment ou la production énergétique, des secteurs qui émettent beaucoup de CO2. Ce que la France elle-même, malgré les bonnes intentions  de la loi de transition énergétique de juillet 2015, peine à mettre en oeuvre tant sur le plan du développement des énergies renouvelables , que  des transports propres , ou que de l'agriculture durable.

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