La minute COP21 : à vos marques, trois, deux, un… négociez !

La minute COP21 : à vos marques, trois, deux, un… négociez !

COP 21
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VU ENTENDU - Négociations, ambiance, organisation, etc : du 30 novembre au 11 décembre, metronews vous raconte la 21e conférence internationale sur le climat vue de l’intérieur. Aujourd’hui, pour notre deuxième jour sur le site du Bourget, on a voulu en savoir plus sur le fonctionnement des négociations et les tractations de couloir.

Leur présence exceptionnelle au début de cette 21e conférence internationale sur le climat s’était fait sentir hier, leur absence se fait sentir aujourd’hui. Au deuxième jour des négociations de la COP21 sur le site du Parc des expositions du Bourget, l’euphorie et l’exaltation liée à la présence "historique" de 152 chefs d’Etat du monde entier est retombée.

Certes, la foule de délégués des 195 Etats de la conférence et d’observateurs n’a pas désenflé – il faut faire la queue à l’entrée à l’inverse de la veille –, mais une bonne partie des journalistes a déserté les lieux. Le media center destiné à la presse est clairsemé – impossible de trouver une place libre le lundi pour travailler – et les caméras sont beaucoup moins nombreuses. Plongé dans une conversation téléphonique avec un confrère, un journaliste de presse écrite s’extasie presque : "Tout le monde peut faire ses papiers tranquillement, les excités des JT sont partis".

Le bal des badges
En revanche, les négociations, elles, vont bon train – elles ont en réalité commencé la veille lundi 30 novembre avec des sous-groupes de travail. Et on cherche surtout à comprendre les lieux qui nous sont accessibles avec notre badge presse (orange). Du rouge à l'orange, en passant par le vert, le bleu, le gris ou le mauve, les badges donnent un accès différencié aux salles des négociations (salles plénières où se votent les décisions, salles des groupes spin-off, bureaux VIP des délégations, etc.).

"En phase de négociations, la plénière est ouverte aux négociateurs (experts, scientifiques, juristes, etc), mais pas aux observateurs (représentants de la société civile, etc)", nous explique-t-on du côté du secrétariat général de la COP21. Pour assister aux négociations, certains usent donc de tous les stratagèmes pour avoir les badges aux bonnes couleurs, en faisant des photocopies et en changeant la couleur, rapportait hier "Le Petit journal". Ou en cumulant les accréditations à différents titres. "Ce sont des combines à la marge", nous répond-on au secrétariat.

Négociations et tractations de couloirs
Pour nous expliquer comment se déroulent les négociations, nous interrogeons plusieurs membres de la délégation équatorienne, dont une déléguée sur les six envoyés par ce petit pays d’Amérique du sud. A Paris, durant la COP21, l’objectif est clairement de former des alliances sur chaque point de l’accord qui sera voté à la fin de la deuxième semaine. Les discussions s’opèrent autant dans les couloirs – on en surprend certaines – que dans les bureaux privés. Et les alliances existent de fait, en fonction de l’appartenance de chaque pays à des groupes de pays. Le "off" est de mise. 

Mais les politiques et négociateurs ne sont pas les seuls à tracter dans les salles de négociations et les couloirs du Bourget. Les observateurs, entreprises, instituts publics comme ONG, opèrent un intense lobbying pour peser sur les décisions finales. "Si un pays bloque un point de l’accord déterminant, nous pouvons lancer une campagne nationale dans le pays en question, durant laquelle nos sympathisants feront pression sur leurs représentants", nous explique Marie Yared, chargée des campagnes France, d’Avaaz.org, une ONG de mobilisation en ligne, concernant leur présence.  Et obtenir l’information passe par du réseau et de nombreux échanges informels.

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A l’espace génération climat, on préfère pédaler
François Hollande l’a inauguré ce mardi 1er décembre en fin de matinée. A côté de l’espace du centre de conférence des Nations Unies, au Bourget, l’Espace génération climat, ouvert à la société civile, accueille de nombreux débats et conférences autour de la question environnementale. On y présente aussi des solutions d’avenir et des associations qui luttent contre le réchauffement climatique, mais surtout on y pédale (pour faire un jus ou rechercher sa batterie de téléphone).

Selon nos confrères de Libération , le président de la République n’a en revanche pas pédalé. Ça tombe bien, nous non plus, car l’espace fermait ses portes à 18h30. Mais on y pédalera demain.

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