La minute COP21 : des rumeurs, l'attente et une chanson pour la Terre

COP 21

VU ENTENDU - Négociations, ambiance, organisation, etc : du 30 novembre au 11 décembre, metronews vous raconte la 21e conférence internationale sur le climat vue de l’intérieur. Aujourd’hui, au dixième jour des négociations climatiques, à moins de 24 heures de la fin du sommet climatique, on entend tout et son contraire.

En quittant le parc des exposition du Bourget mercredi soir, on nous promettait une longue nuit de négociations pour parvenir le lendemain, jeudi 10 décembre, à une nouvelle version d'un texte d'accord. On ne nous a pas menti. Comme le rapporte Le Monde, les négociations ont duré jusqu'à tard dans la nuit - 5 heures - avant de reprendre à 8 heures.

Rumeurs et attentes

Mais peu d'éléments et d'information filtrent quant à la nouvelle version du texte d'accord qui doit être dévoilée ce jeudi à 15 heures, d'abord par le Comité de Paris, le comité de pilotage qui fait le point quotidien sur les avancées du texte. Les rumeurs vont bon train sur le fait de savoir si un nouvel accord sera remis aujourd'hui. Dans l'après-midi, les annonces du comité de Paris sont ensuite repoussées à 17 heures, puis à 19 heures, avant d'être programmées une dernière fois à 21 heures, plongeant observateurs et journalistes dans l'attente. Encore et toujours.


En conférence de presse, et dans les couloirs du parc des expositions du Bourget, les avis sont encore partagés sur les négociations climatiques. "Nous allons avoir un accord, mais sera-t-il un accord fort ? C'est la seule question qui compte", s'interroge par exemple Mohammed Adow, de Christian Aid, une ONG britannique de lutte contre la pauvreté. "Ce que beaucoup de pays ne disent pas c'est ce qu'ils vont faire pour limiter le réchauffement à 1,5°C", persiste l'humanitaire. "La question des financements est encore et encore un des points clés de désaccord", complète Alix Mazounie du Réseau action climat-France (RAC). 

 Les droits humains vont-ils passer à la trappe ?
Ce 10 décembre, une autre question est largement commentée par les représentants des ONG sur place au Bourget. Et cette question, c'est celle de la possible disparition de la mention des droits humains dans l'accord de Paris, sous la pression de certains pays, comme l'Arabie Saoudite, mais aussi les Etats-Unis. En effet, le 10 décembre est aussi la journée internationale des droits de l'Homme, et dans son article 2 l'accord de Paris prévoit toujours de lier lutte contre le réchauffement climatique, égalité homme-femme et droits humains (dans une acception large).

Pourtant, ce n'est encore qu'une option qui pourrait se retrouver en préambule explique Anabella Rosemberg, conseillère pour les politiques environnementales et de santé au travail auprès de la Confédération Syndicale Internationale (IUTC). "Le texte d'accord doit aussi s'engager en faveur du respect des droits humains", martèle la syndicaliste. De nombreux militants, dans les allées du Bourget sont d'ailleurs là pour faire entendre ce message.


Paul Watson (Sea Sheperd), le grand chef Raoni et Sean Paul en vedette
Dans cette dernière ligne droite avant l'adoption probable d'un accord vendredi 11 décembre, des invités prestigieux de la cause environnementale (ou pas) ont également fait leur apparition au Bourget. Les très médiatiques cacique Raoni, du peuple amazonien Kapayos et Paul Watson, ex-Greenpeace et Sea Sheperd, conviés à une conférence à l'espace génération climat jouent les vedette avant de nous accorder un entretien sur la reconnaissance des crimes contre la Nature, un de ses combats. 

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On croise ensuite le chanteur reggae-dance jamaïcain Sean Paul, récompensé pour son tube "Temperature" (sans aucun lien avec le réchauffement climatique), venu présenter la chanson "Love song to the earth", produite pour les négociations onusiennes. "J'ai besoin de mes poumons pour chanter", explique-t-il en conférence de presse. Les observateurs, eux, retiennent encore leur souffle, pour les dernières heures décisives de négociations.

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