Violences place de la République : le mémorial aux victimes des attentats saccagé

Violences place de la République : le mémorial aux victimes des attentats saccagé

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FACE-A-FACE - Des échauffourées ont éclaté dimanche après-midi place de la République à Paris. Des manifestants encagoulés ont jeté des projectiles sur les CRS. Certains se sont emparés de bougies et de fleurs qui avaient été déposées en hommage aux victimes des attentats pour les lancer sur les forces de l'ordre.174 personnes ont été placées en garde à vue.

Le mémorial improvisé érigé place de la République à Paris en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre a été en partie saccagé dimanche 29 novembre dans des échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre.

Heurts entre manifestants et forces de l'ordre

En dépit de l'interdiction de manifester décidée dans le cadre de l'état d'urgence, quelques centaines de personnes opposées à la conférence sur le climat s'étaient rassemblées place de la République, à l'appel de groupuscules se disant "Anticop21".

En début d'après-midi, une partie d'entre eux, le visage masqué par un foulard ou une capuche, se sont brièvement engouffrés sur l'avenue de la République, clamant "Etat d'urgence, Etat policier. On nous enlèvera pas le droit de manifester". Des heurts ont éclaté quand plusieurs dizaines de manifestants encagoulés ont lancé des projectiles sur les CRS qui avaient bloqué les accès à la place. Les policiers, qui les ont repoussés au moins à deux reprises avant de reprendre position, ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes.

Des projectiles jetés contre les CRS

Ces "éléments violents", selon les mots de la préfecture de police de Paris, ont notamment envoyé des bouteilles en verre ou des chaussures en direction des forces de l'ordre.

Des militants pacifiques ont formé une chaîne humaine autour de la statue au centre de la place, devenue un mémorial improvisé après les attentats, pour éviter que les éléments radicaux ne se servent des bougies et autres objets déposés en hommage aux victimes. Mais certains manifestants s'en sont emparés et s'en sont servi comme des projectiles, comme en témoignent des photos postées sur Twitter. Des bougies et des fleurs jonchaient par ailleurs le sol un peu plus loin.

174 gardes à vue

"Ce sont des petits groupes violents qui s'en sont pris aux forces de l'ordre avec des projectiles" comme des "bougies voire une boule de pétanque", a confirmé le préfet de police de Paris Michel Cadot. Personne parmi les manifestants ou les policiers n'a été blessé, a-t-il précisé.

Selon un bilan arrêté à 20h30, les policiers ont procédé après les violences place de la République à 289 interpellations dont 174 se sont soldées par des gardes à vue, a appris l'AFP de source policière. Un précédent bilan annoncé par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve lors d'un point presse peu après 19 heures faisait état de 208 interpellations, dont 174 gardes à vue.

Incidents "indignes"

"Cette statue, c'est la tombe des victimes des attentats", s'est indigné auprès de l'AFP Bertrand Boulet, membre de l'association "17 plus jamais", qui a entretenu le mémorial de fleurs, petits mots et bougies déposés au pied de la statue après les attentats de janvier et à nouveau après ceux du 13 novembre. "On s'échine à entretenir le monument toutes les semaines, c'est le monument de tous les Français", a-t-il déploré, confiant en avoir "mal au cœur".

Au plan politique, les condamnations n'ont pas tardé. Des incidents "indignes", a dénoncé le président François Hollande, tout comme le Premier ministre Manuel Valls ou encore le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

EN SAVOIR +
>> EN IMAGES - Violences place de la République : 174 gardes à vue

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