France-Argentine : Gonzalo Higuain, le 12e Français sur le terrain

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RACINES - Franco-argentin, Gonzalo Higuain aurait pu choisir l’équipe de France plutôt que l’Albiceleste en 2006. Raymond Domenech avait en effet invité le joueur de la Juve à rejoindre les Bleus, qu’il affrontera pour la première fois ce samedi en huitièmes de finale de Coupe du monde, sous les couleurs de l’Argentine.

"Ce sera un adversaire très difficile. (…) Je vais les affronter pour la première fois dans un contexte un peu spécial, un match de Coupe du monde." Voilà comment Gonzalo Higuain a réagi mardi à l’issue de la qualification de l’Albiceleste pour les huitièmes de finale au moment d'apprendre que son équipe affronterait les Bleus en huitièmes de finale (à 16h en direct sur TF1). Depuis sa première sélection avec l’Argentine en octobre 2009, l’attaquant de la Juventus Turin n’a jamais affronté son "autre pays", la France. 

Car Gonzalo Higuain n’est pas seulement Argentin, il est franco-argentin. Né à Brest le 10 décembre 1987, année pendant laquelle son père Jorge Higuain jouait au Brest Armorique, il n'est resté que dix petits mois en Bretagne avant de retourner vivre en Argentine avec sa famille mais a conservé la nationalité française. 

Je l'ai mis devant le fait accompli"Raymond Domenech

C’est là-bas, alors qu'il portait les couleurs du club de River Plate, qu'il s'est fait remarquer par Raymond Domenech. En 2006, il revient aux oreilles du sélectionneur de l’équipe de France qu’un joueur né en France fait des merveilles. Il le convoque alors pour un match amical de l’équipe de France contre la Grèce au mois de novembre. "Je voulais absolument qu’il prenne une décision dans un sens ou dans l’autre. On en parlait, on me disait que je ne faisais rien, qu’on ne s’en occupait pas…. Donc comme je l’avais vu, c’était 'Ou il vient, ou il est obligé de me dire non'. A un moment, je l’ai mis devant le fait accompli", raconte l’ancien sélectionneur des Bleus dans So Foot


"On en avait discuté, il hésitait, il ne savait pas, je lui ai dit : 'Voilà, maintenant il y a ce match-là ; il faut que tu choisisses. Ne laisse pas traîner les uns et les autres, à toi de décider en ton âme et conscience.' Derrière, l’Argentine le voulait aussi. Il était obligé de prendre une décision", poursuit l'ancien coach des Bleus, qui voulait "débarrasser l'équipe de France de ce poids". Si Gonzalo Higuain a décliné l’invitation, il a toutefois laissé planer plusieurs mois le doute quant à son choix final. 

Les Bleus, un moyen de faire pression sur l'Argentine

"Il m’a dit : 'Je ne connais personne, tous mes copains sont en Argentine, ma priorité, c’est l’Argentine.' Et je l’ai compris", explique encore Raymond Domenech. "Tu ne peux pas convoquer par courrier un gamin qui ne parle pas français, qui a vécu 18 ans dans un autre pays pour qu’il prenne un avion et débarque dans un rassemblement où il ne connaît personne", déclarait pour sa part Jorge Higuain en 2007 dans le journal argentin El Grafico


En fait, le joueur passé au Real Madrid de 2006 à 2013 n'a jamais vraiment compté sur les Bleus mais s'en est plutôt servi comme d'un moyen de pression sur l'Albiceleste, avec laquelle il connaîtra sa première sélection en octobre 2009. Aujourd'hui, Gonzalo Higuain compte 75 sélections avec l'Argentine, lors desquelles il a inscrit 32 buts. Espérons qu'il n'aggrave pas ce chiffre ce samedi, contre son pays natal.

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