Bilan Coupe du monde 2014 : tout pour le clinquant

Bilan Coupe du monde 2014 : tout pour le clinquant

MONDIAL 2014 - L'édition brésilienne vient de s'achever et l'heure est logiquement aux premiers bilans. Après analyse des chiffres, il est difficile de ne pas remarquer que cette vingtième édition de la Coupe du monde fut particulièrement placée sous le signe du spectacle, du bling bling. Quitte à laisser, par moments, son éthique aux vestiaires.

DES BUTS A LA PELLE -  C'est pour beaucoup l'une des grandes victoires de cet événement planétaire. La Coupe du monde au Brésil a vu 171 buts être inscrits, soit le total le plus élevé (avec 1998) depuis que le tournoi se joue à 32 équipes. A titre de comparaison, 145 buts avaient été marqués lors du Mondial 2010 sud-africain. Un bilan jugé "positif" qui traduit forcément les intentions offensives des différentes nations, de leur volonté de faire le spectacle. Mais cette mission fut principalement accomplie en phase de poules, lorsque l'enjeu était moindre, avec une moyenne de 3,02 buts par match. Lorsque "les choses sérieuses" ont commencé, cette dernière a chuté à 1,78. Un signe que la stratégie n'a pas encore été totalement engloutie dans l'obligation de faire le show.

NON AUX CARTONS ROUGES - Si elle ne pouvait pas décider des "ambitions" de jeu de chaque nation, la Fifa a en revanche su imposer un certain contrôle sur d'autres secteurs pour favoriser un peu le côté clinquant de sa compétition. Avec 10 cartons rouges distribués en 64 matches, les arbitres furent par exemple assez cléments, semblant avoir assimilé les consignes de l'instance mondiale. Ce laxisme des hommes au sifflet fut parfois troublant (on se souvient notamment des largesses accordées à Robin van Persie contre l'Australie) et l'idée que l'on pouvait se faire de la justice en a pris un coup, elle aussi. Dans la même idée, Neymar est lui aussi passé entre les mailles des filets avant sa blessure, évitant à plusieurs reprises une suspension grâce à la "compréhension" des juges de terrain. Une habitude pour les joueurs "bankables" qui participent grandement à la rentabilité de ces événements mondiaux. 

DES AFFLUENCES GRANDISSANTES -  Avec près de 53.600 personnes dans les stades en moyenne, cette Coupe du monde a, sans surprise, connu une meilleure affluence que les quatre précédentes. Malgré un timing parfois inquiétant (l'Arena Corinthians de Sao Paulo était encore en chantier le jour du premier match Brésil - Croatie), malgré le prix des places, malgré la crise, les spectateurs ont répondu présent dans les enceintes sud-américaines. De quoi nourrir ce mythe antique que le sport est un formidable vecteur de bonheur. Pendant ce temps, la Fifa a récolté 3,5 milliards d'euros, presque deux fois plus que lors de la Coupe du monde 2006 en Allemagne. 

L'INDIVIDU CÉLÉBRÉ AVANT LE GROUPE - Ce fut l'une des images tristes de ce Mondial. Ce dimanche, à l'issue de la victoire allemande sur l'Argentine en finale (1-0, a.p.), le protocole nous a un peu laissé sans voix. Pendant un instant, qui a duré une éternité pour les vaincus argentins, un certain malaise a pu s'emparer des observateurs. L'instance dirigeante avait, il faut le dire, eu la mauvaise idée de faire monter en tribunes Manuel Neuer et Lionel Messi pour réceptionner leurs trophées individuels pendant que les deux meilleures équipes du tournoi attendaient toujours sur la pelouse, un rien circonspectes, que l'on daigne s'intéresser à elles. Un nouvel exemple de la hiérarchisation made in Fifa, ce bel organisme où le culte du super-héros passe avant la reconnaissance du collectif. 
 
LE MONDIAL DES POUPÉES - On nous avait affirmé, après l'exploit de Zidane et des Bleus en 1998, que les femmes s'intéresseraient "enfin" au football. Aujourd'hui, qui peut bien avoir un quelconque avis sur cette conception un rien misogyne ? La vérité, c'est que le football ne s'intéresse pas à la femme. Sauf, bien sûr, quand il s'agit d'en faire un objet de consommation comme notre société sait si bien le produire depuis des décennies. La Coupe du monde au Brésil n'y a pas échappé, loin s'en faut, avec une multiplication de gros plans sur les "bombes" des stades ou la prolifération des photos sexys des présentatrices latines sur les réseaux sociaux et dans les médias. Comme si tout cela avait quoi que ce soit de naturel, comme si les femmes n'avaient à offrir au foot que leur enveloppe charnelle...
 
 

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