Coupe du monde 2014 : le match d'ouverture Brésil-Croatie (3-1) vu de Ribeirao Preto

Coupe du monde 2014 : le match d'ouverture Brésil-Croatie (3-1) vu de Ribeirao Preto

REPORTAGE - Le Brésil a remporté jeudi le match d'ouverture de sa Coupe du monde, contre la Croatie (3-1). L'occasion de raconter, à travers le prise de Ribeirao Preto, où les Bleus ont établi leur camp de base, comment la population a vécu l'évènement.

La matinée est généralement plutôt calme à Ribeirao Preto. Alors quand, sur les coups de 9h, on a été réveillé par les cornes de brume ce mercredi matin, on a vite compris que les jours de match de la Seleçao, le tableau serait très différent. Et, effectivement, on n'a plus reconnu cette "petite" ville (de 600 000 habitants) une fois sorti dans les rues. Les commerces ont été défigurées par les décorations et les drapeaux. Et toute la bourgade s'est drapée de jaune. On a ainsi croisé des adolescents comme des octogénaires vêtus du maillot du Brésil, quand ce n'était pas le nourrisson ou le petit chien que les autochtones portaient dans leurs bras. La ville ne vivrait plus désormais que pour le match.

Même les poteaux de signalisation ont été recouverts de vert et de jaune. Et, dès la matinée, les gens, tous naturellement supporters, tous habillés pour l'occasion, se sont mis à se réunir pour hurler leur soutien, dans une frénésie qui n'allait que monter crescendo. "Ici, les gens sont passionnés et la Seleçao, c'est le summum", nous a confié un habitant. Dans cette ambiance, on a pourtant été désarmés quand l'heure de Brésil-Croatie (17h) approchait. On pensait que tout Ribeirao Preto se précipiterait dans le plus grand cinéma de la ville, le Cauim (800 places), accessible gratuitement pour l'occasion, mais on y a vu seulement une trentaine de personnes. Alors on est vite reparti, déçu.

Énorme tension

Puis, après avoir arpenté des rues incroyablement désertes, on a trouvé un grand bar de deux étages non loin de là, le Paddock... Où les gens se désintéressaient complètement de la cérémonie d'ouverture, discutant et riant sans tension apparente tandis que la sono crachait une reprise samba de "Fais comme l'oiseau". Certains étaient déjà ivres (à Ribeirao Preto, on ne boit quasiment que de la bière) et dansaient, mais sans regarder les écrans. L'échauffement a ensuite commencé et on a remarqué que tout le personnel portait une tenue à l'effigie de la Seleçao. D'ailleurs, même les dames d'un certaine âge en tenue "chic" arboraient des petits hauts avec un drapeau brésilien dessus.

On a également réalisé que certains avaient réservé leur table de longue date, des familles entières, des gens de tous âges et de tous sexes. Qui se sont spontanément mis à crier à l'entrée des joueurs sur le pré. Pendant l'hymne, tout le monde s'est levé alors que les serveurs ont poursuivi le travail en chantant, la main sur le cœur. Et l'a capella du stade a été repris avec la même vigueur. Des gens avaient même emmené des cornes de brume et les utilisaient à outrance à chaque occasion brésilienne, tandis que d'assourdissants pétards éclataient aux alentours. Et quand les Croates monopolisaient le ballon, les gens ont hué, signe d'une énorme tension. Lors du CSC de Marcelo, un silence de mort s'est abattu, certains fixant un mur plutôt que l'écran durant cinq bonnes minutes...

"Je suis brésilien avec orgueil et amour"

"Great times are coming", annonçait toutefois un panneau sous l'écran géant. Effectivement : sur une énorme double occasion brésilienne, des clients se sont jetés au sol. Sur un arrêt banal de Julio Cesar, d'autres ont applaudi à tout rompre. Alors sur l'égalisation de Neymar, on en a presque eu les tympans percés. Des verres ont été renversés tandis que le bar tout entier, serveurs compris, sautait partout. La seconde période a, elle aussi, commencé par une attente angoissante. Même une passe ratée par Neymar à 30 mètres du but adverse, même une interception de David Luiz ont soulevé cette foule. Puis, quand l'arbitre a sifflé penalty, c'était comme si il y avait déjà but. Les mères de familles a priori les plus raisonnables sont devenues folles.

Au deuxième but, tout le monde s'est remis à sauter partout. Ensuite, une ola a été improvisée dans le bar en même temps que sur l'écran et même les occasion ratées permettaient de jubiler bruyamment. La sortie de Neymar a été littéralement acclamée, après que son nom a été hurlé sur chacune de ses prises de balle. Et, à 3-1, le sol a tremblé et les chaises sont encore tombées à la renverse. Comme un seul homme, les clients ont tapé dans leurs mains en chantant : "Je suis brésilien avec orgueil et amour." Un rituel, paraît-il. Puis on a lu la joie et le soulagement dans les yeux des femmes. Enfin, quand Neymar a donné une interview après le coup de sifflet final, on l'a encore fêté en criant à gorge déployée, comme s'il venait de marquer. Avant que la musique ne revienne et que tout ce petit bout de pays ne danse jusqu'au bout de la nuit. "Au Brésil, les gens dansent tout le temps", nous dit-on.

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