Coupe du monde 2014 : pour Lizarazu, "un quart de finale, ce serait déjà pas mal !"

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INTERVIEW - Bixente Lizarazu a bien connu Didier Deschamps. Ensemble, ils ont remporté la Coupe du monde en 1998 notamment. Avant que ne débute le Mondial le 12 juin prochain, l'ancien Munichois, désormais consultant pour TF1, nous a accordé un entretien pour parler des Bleus et de ce qu'ils peuvent faire au Brésil.

Bixente Lizarazu a été champion du monde en 1998 et champion d'Europe deux ans plus tard, sous le capitanat de Didier Deschamps. Dimanche, metronews a passé une heure, juste après le direct de Téléfoot, l'émission de TF1 à laquelle il participe en tant que consultant. Avant de filer à Clairefontaine où les Bleus ont établi leurs quartiers en attendant d'aller à la Coupe du monde, l'ancien défenseur latéral nous a livré ses impressions sur les joueurs retenus par Didier Deschamps. Et nous a parlé des attentes qu'il avait placées dans cette équipe.    

Le Real Madrid a remporté samedi sa 10e Ligue des champions avec un Karim Benzema diminué par une douleur aux adducteurs. Ça vous inquiète ?
Pas forcément, non. Moi, je m'attache à regarder les tendances globales. Et depuis le mois de janvier, Karim est très bon. Après une période de doutes d'une quinzaine de matches, il est régulier et performant, au sommet de son art. Mais à cette période de l'année, beaucoup de sélections doivent gérer des joueurs qui ont des petits soucis physiques : Diego Costa (Espagne), Cristiano Ronaldo (Portugal)... Ceux qui ont disputé la finale de la Ligue des champions y ont laissé beaucoup d'énergie.

"A un moment donné, tu as envie d'aller à la guerre avec certains et pas avec d'autres"

Raphaël Varane, lui, a été excellent...

Vivre ce genre de match si jeune [21 ans, ndlr], c'est extraordinaire et ça te fait gagner des années. A aucun moment, il n'a été saisi par l'enjeu. Ce temps est précieux dans l'acquisition de la fameuse expérience si chère à Didier Deschamps.

En deux ans, qu'a apporté Didier Deschamps à la sélection ?
Il a passé en revue tout le vivier français avant de faire des choix forts dictés par l'esprit de groupe . Il avait annoncé qu'il ne prendrait pas les 23 meilleurs joueurs individuellement mais ceux qui le sont "ensemble". De ce point de vue, les réactions des hommes, les discussions, seul lui peut les voir. Et à un moment donné, elles font que tu as envie d'aller à la guerre avec certains et pas avec d'autres. Pendant une Coupe du monde, le moindre petit accroc peut avoir des conséquences terribles. Il faut que les joueurs, qu'ils soient remplaçants ou titulaires, aient du plaisir à vivre ensemble.

C'était le cas en 1998 ?
Oui. Après les repas, on restait une heure à discuter. Nous avions une affection les uns pour les autres. Et je pense que Didier a la volonté de créer les conditions propices pour que les joueurs s'entendent bien. C'est une de ses priorités.

"Avec Varane et Pogba, le futur sera sympa"

Laurent Blanc, à l'Euro 2012, lui aussi avait cette intention mais n'a pas pu empêcher les comportements néfastes pour le collectif. "DD" en est-il prémuni ?
Dans sa liste, il a fait en sorte qu'il y ait du lien. Un garçon comme Rio Mavuba, par exemple, est un élément important. C'est un joueur constamment positif, même s'il sait qu'il ne jouera pas beaucoup. Sa sélection prouve cette volonté.

Tout comme l'absence de certains. Celle de Nasri par exemple....
S'il s'en est privé, c'est que Didier avait de vraies raisons .  Il l'a vu, l'a essayé et a décidé de ne pas le sélectionner, point.

Varane, Pogba... Sont-ils la meilleure chose qui puisse arriver aux Bleus ?
Le potentiel est là. S'ils ne se laissent pas griser, le futur de l'équipe de France sera sympa. Mais il faut faire attention, parce qu'on en a perdu en route. Tu fais une grande carrière si tu as un mental. Si tu n'as que du talent, tu ne fais qu'une grande saison.

Au Brésil, jusqu'où va aller l'équipe de France ?
Un quart, ce serait déjà pas mal ! Cette Coupe du monde doit surtout permettre de construire l'avenir. Mine de rien, on revient de loin. Il faut gagner en confiance et arriver à l'Euro 2016 avec plus d'ambition. Sur ce Mondial, viser trop haut serait couillon.

Blanc, Deschamps, Sagnol, Makelele , Zidane... tous sont des anciens coéquipiers devenus coach. Lequel l'était déjà quand ils étaient joueurs ?

Didier. Si tu poses la question aux anciens de l'équipe de France, ils te répondront tous "Didier". Joueur, il avait déjà un sens tactique affûté et question management, il trouvait toujours le bon mot pour expliquer sans vexer. Il était déjà entraîneur quand il était joueur. Et sa relation privilégiée avec Aimé Jacquet, dont il était le relais sur le terrain, l'a conforté.
 

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