Lions, aigles, éléphants... Pourquoi les équipes africaines portent-elles des noms d'animaux ?

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BESTIAIRE - Des Lions de l'Atlas à ceux de la Teranga, en passant par les Aigles de Carthage, ils seront tous présents à la Coupe du monde en Russie, du 14 juin au 15 juillet prochains. Des noms d'animaux derrière lesquels se cachent des sélections africaines, qui entretiennent un lien indéfectible avec la faune. LCI vous en explique la raison.

Aigles, lions, éléphants et animaux en tout genre. À l'inverse de leurs homologues occidentaux ou sud-américains, qui optent le plus souvent pour un surnom en fonction des couleurs nationales (les Bleus pour la France, la Roja pour l'Espagne ou l'Albiceleste pour l'Argentine) et/ou de la traduction des mots "équipe" ou "sélection" dans la langue nationale (la Seleção pour le Brésil ou la Nationalmannschaft pour l'Allemagne), la majorité des sélections africaines sont, elles, affublées de noms d'animaux. Gages de puissance, de malice et parfois drôles, ces surnoms participent grandement au folklore autour de ces nations.

En Russie, sur les cinq sélections missionnées pour représenter l'Afrique à la Coupe du monde, quatre d'entre elles mettent la faune à l'honneur - seuls "les Pharaons" d'Égypte dérogent à la règle. Ainsi, derrière votre téléviseur, si les "Éléphants" de Côte d'Ivoire, les "Écureuils" du Bénin ou les "Éperviers" du Togo seront absents pour le Mondial russe, vous allez sans doute entendre parler des "Lions de l'Atlas" du Maroc, des "Aigles de Carthage" de Tunisie, des "Lions de la Teranga" du Sénégal ou encore des "Super Aigles" du Nigeria

Un surnom, un symbole

Mais pourquoi de telles appellations ? En Afrique, le symbolisme animalier a traversé les âges au gré des mythes et des superstitions locales. La fascination pour les animaux, profondément ancrée dans la culture de chaque pays, est telle qu'elle a déteint sur les noms des équipes, en quête d'identité. "Les animaux ont un rôle important dans les croyances animistes", assure à LCI Patrick Juillard, consultant pour RFI. Ainsi, chaque sélection s'attache à développer les attributs (la vitesse, la force ou l'intelligence) et les valeurs, supposées ou réelles, de l'animal élu. 

L'animal est paré de vertus censées rejaillir sur la sélectionPatrick Juillard, consultant pour RFI

"Doter les équipes de noms d'animaux est un moyen d'incarner la fierté nationale grâce à un symbole fort. L'animal est paré de vertus de puissance, de ruse et/ou de protection, censées rejaillir sur la sélection à laquelle il donne son nom", ajoute le journaliste des pages Afrique du site football365. Dès lors, un large éventail de possibilités s'offre aux équipes.


Comme une évidence, le "roi des animaux" se taille la part du lion chez les équipes africaines. Outre le Cameroun et ses "Lions indomptables", le Sénégal s'est attribué le nom de "Lions de la Teranga" ("hospitalité" en wolof, ndlr). Le Maroc s'est lui rebaptisé "Lions de l'Atlas", du nom de la chaîne de montagnes qui traverse le Maghreb, pour faire passer l'idée de puissance. "Le lion figure d'ailleurs sur les armoiries de la monarchie chérifienne", rappelle Patrick Juillard.


Outre le lion, l'aigle est aussi régulièrement consacré sur le continent africain, avec "les Aigles de Carthage" de la Tunisie - clin d’œil à l'emblème de la civilisation carthaginoise - et "les Super Aigles" du Nigeria, le symbole animalier qui trône jusqu'au sommet des armoiries nationales.

Pas tous à l'heure du règne animal

Un rapport solennel au pouvoir, presque mystique, que l'on retrouve également chez "les Fennecs" d'Algérie ou "les Mambas" du Mozambique. D'ailleurs, nombreux sont les observateurs locaux à estimer que les surnoms imagés, rattachés aux sélections africaines, visent en premier lieu à intimider les adversaires, à susciter la crainte et même la peur chez eux au-delà du terrain.


Bien évidemment, il y a des exceptions à la règle. Toutes les équipes africaines n'adoptent pas ces surnoms qui ont trait à la faune. Hormis les Pharaons d'Égypte, donc, c'est le cas des "Black Stars" du Ghana ou encore des "Guerriers" du Zimbabwe. Preuve qu'en Afrique, avec ou sans animaux, l'originalité n'a pas de limite quand il s'agit d'aiguiser la fierté nationale.

Le "bestiaire" de la Coupe du monde

L'Égypte : les Pharaons

Les Pharaons, personnages de nature divine, sont les rois de l'Égypte antique.

À retrouver dans le Groupe A avec la Russie, l'Uruguay et l'Arabie saoudite

Le Maroc : les Lions de l'Atlas

Le lion est l'animal qui se trouve sur les armoiries monarchiques chérifiennes et l'Atlas est une chaîne de montagnes du Maghreb, à la topologie, au climat et à la faune et la flore variés.

À retrouver dans le Groupe B avec le Portugal, l'Espagne et l'Iran.

Le Nigeria : les Super Aigles

Autrefois les "Aigles Verts", le surnom a changé mais fait la part belle à l'emblème du pays.

À retrouver dans le Groupe D avec l'Argentine, la Croatie et l'Islande.

La Tunisie : les Aigles de Carthage

L'aigle est le symbole de la civilisation carthaginoise, terre de l'actuelle Tunisie.

À retrouver dans le Groupe G avec la Belgique, l'Angleterre et le Panama.

Le Sénégal : les Lions de la Teranga

La Teranga définit, en wolof, l'hospitalité légendaire des Sénégalais.

À retrouver dans le Groupe H avec la Pologne, la Colombie et le Japon.

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