Coupe du monde 2018 : vis ma vie de réserviste en équipe de France

FOOTBALL - Pour se prémunir des blessures, Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France, convoquera 7 ou 8 réservistes, en plus des 23 joueurs composant sa liste du Mondial 2018. Une condition forcément particulière, que les intéressés ont décrite.

Le temps des taxis nocturnes de Clairefontaine en 1998 et des hélicoptères de Tignes en 2008 est révolu. Sous le mandat de Didier Deschamps, les joueurs appelés à quitter le groupe France juste avant le début d’une grande compétition internationale sont désormais prévenus, et s'en vont sans psychodrame. Mais demeure la question de savoir comment une telle situation se vit... On l’avait posée aux intéressés, tout au long du stage de préparation des Bleus à l’Euro 2016, qui se tenait à Biarritz. Leurs réponses permettent d’anticiper le ressenti de leurs successeurs en 2018.

En aucun cas, dans ma tête, je me considère comme un réserviste.Samuel Umtiti, alors réserviste avant l'Euro 2016

Djibril Sidibé, devenu ces deux dernières années l’incontestable arrière droit titulaire des Bleus, faisait alors partie de ces vrais-faux convoqués. Et il l’avait plutôt bien vécu, lui qui faisait alors ses tout premiers pas en équipe de France. "C’est déjà un honneur et une grande fierté d’être ici. C’est fantastique de vêtir ce maillot, même si je ne l’ai pas encore vêtu (sourire). C’est quelque chose d’énorme. Alors le statut de réserviste, on n’y pense pas, tout le monde est concerné."

Le groupe est vraiment très chaleureux. Du coup, être réserviste, c’est facile à vivre.Djibril Sidibé, alors réserviste avant l'Euro 2016

Samuel Umtiti était aussi, à l'époque, un petit nouveau et un réserviste, mais lui avait vu deux défenseurs centraux (Raphaël Varane et Jérémy Mathieu) quitter le groupe sur blessure, ce qui lui avait permis de disputer l’Euro, et même de devenir titulaire à partir des quarts de finale. Sans savoir ce qui allait se passer pour lui, il se réjouissait déjà. Et se préparait. "Je suis ici pour connaître le groupe, faire les mêmes entraînements. En aucun cas, dans ma tête, je me considère comme un réserviste. Je prends beaucoup de plaisir pendant les séances. Il y a une très grande exigence. Ce sont les meilleurs joueurs français, il faut être plus attentif, plus concentré."


Faut-il, durant ces entraînements, prendre garde à ne pas blesser un partenaire ? Ou, au contraire, espère-t-on que l’un d’eux se blesse pour prendre sa place ? "Chacun se respecte, mais on ne retient pas nos gestes à l’entraînement, répondait Sidibé. L’idée, c’est juste de se tenir prêt. Et non, on ne souhaite pas de malheur aux autres (sourire). C'est juste qu'on est des pros, on fait le job. Le groupe est vraiment très chaleureux. Du coup, être réserviste, c’est facile à vivre. C’est sûr que je ne compte pas m’arrêter là. Ça donne envie de faire partie de l’aventure, même si ça doit être après l’Euro."

Les réservistes, "jamais un souci" pour Deschamps

Sidibé est effectivement la preuve que ce statut, bien qu’ingrat sur le moment, peut faire office de tremplin pour l'avenir. Mais en attendant, il faut bien vivre la souffrance d’un départ qu’on a tout fait pour oublier les deux semaines précédentes. "On vivait tous très bien, même les réservistes étaient très heureux. Honnêtement, leur départ, on n’en parlait pas du tout entre nous, même si, malheureusement, on savait qu’ils allaient partir. C’était un crève-cœur de les voir s’en aller", décrivait ainsi André-Pierre Gignac, juste après la séparation.

Ceux de 2018 savent donc à quoi s’attendre : une aventure courte, mais intense, puis des souvenirs, et la sensation, peut-être, d’avoir apporté une petite pierre à l’édifice, loin des regrets amers de ceux qui étaient partis sans avoir été prévenus auparavant. "Je n’ai jamais eu de soucis avec les réservistes, ni en 2014, ni en 2016, assurait en effet Didier Deschamps. Ces joueurs sont toujours dans l’esprit. Ils portent le même maillot. Et moi, je ne fais pas de différences. Je porte la même attention aux réservistes qu’aux autres. J’attends d’eux la même implication. Il n’y a pas de rôle spécifique, ni de distinction. Ces joueurs ont aussi le sourire, parce qu’ils sont conscients que beaucoup voudraient être à leur place."

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