Coupe du monde en Russie : avant le foot, la chasse aux chiens errants

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LA COUPE DU MONDE DE POUTINE – La Russie accueille du 14 juin au 15 juillet le Mondial. Un événement crucial pour le chef de l'Etat, qui a bien l'intention d'utiliser le sport comme instrument de "soft power" afin de promouvoir son autorité. Aujourd'hui, zoom sur la chasse aux chiens errants dans les rues du pays.

A quelques semaines de la Coupe du monde, la Russie fait le ménage dans ses rues. Dans le viseur des autorités : ces milliers de chiens qui, dans les 11 villes où les matchs vont se dérouler, ont pris l'habitude d'errer. Preuve de l'importance accordée au sujet, "des abattages de masse" seraient en cours.


C'est en tout cas ce que les associations dénoncent depuis plusieurs mois. Selon Courrier international, près de 170 000 euros ont été consacrés en 2017 à Volgograd pour traquer les animaux errants. Une somme considérable à en croire la Commission parlementaire pour l'écologie et et la protection de la nature, qui a dénoncé au début de l'année un tel budget. La Commission a même calculé le coût pour chaque bête : entre 6 et 9 mille roubles (entre 85 et 130 euros). "Avec cet argent, on pourrait aisément financer la capture, la vaccination, la stérilisation, et le maintien de ces animaux dans des refuges", regrette l'instance. Et son président Vladimir Bourmatov d'ajouter : "c'est une question de réputation pour notre pays. Nous ne sommes pas des barbares."

"Pour eux, les animaux ne méritent pas de vivre !"

Pour les autorités en charge de l'organisation, le sort réservé à quelques milliers de chiens semblent moins important que la réussite de la compétition. Surtout que, selon la version officielle, les chiens seront relogés dans des refuges le temps de la Coupe du monde. Selon le gouvernement, le risque de voir pulluler des milliers de bêtes est bien réel puisque dans les 11 villes organisatrices, puisqu'il il y aurait environ 2 millions de chiens dans les rues. Autant d'occasions pour les supporters de se faire mordre, et donc de porter plainte afin de demander une compensation. C'est en tout cas l'hypothèse avancée par les associations, qui sont vent debout contre la traque aux chiens.


Des chiens placés à l'abri le temps de la compétition ? Les associations n'y croient pas. "En 2018, 11 villes de Russie vont être noyées dans le sang des animaux errants. Pourquoi les éradiquer TOUS ? Simplement parce que les autorités locales et les services techniques des villes […] sont persuadés que ces animaux vont indisposer les sportifs et les supporters, que ces animaux sapent ‘l’attractivité touristique’ des villes. Ils rêvent d’un monde en plastique sans feuilles mortes, sans herbes folles sur les pelouses, un monde sans animaux ni oiseaux. Pour eux, les animaux ne méritent pas de vivre !", peut-on lire sur la page de la communauté Bloody Fifa 2018. Dans un communiqué, la Fondation 30 Millions d’amis a dénoncé le choix des autorités, interpellant le président Vladimir Poutine pour "mettre en place des mesures qui s’imposent pour arrêter cette extermination d’animaux qui choque tant".


Il faut dire que cette population canine dérange depuis des années la Russie. En 2009, rien qu'à Moscou, 30.000 chiens avaient été recensés. Plus récemment, ce sont les JO de Sotchi qui avaient été le théâtre d'un abattage de masse : des milliers de chiens s'étaient installés dans la station, se nourrissant des restes de nourritures abandonnés par les ouvriers. Une société privée avait alors été engagée pour "attraper et disposer" librement des chiens.

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