Croatie : Eduardo, "Croate do Brasil"

Croatie : Eduardo, "Croate do Brasil"

MONDIAL 2014 - Lors match inaugural de cette Coupe du monde, tous les yeux de Brésiliens seront rivés sur Neymar et ses coéquipiers, qui portent les espoirs de tout un peuple dans cette compétition. Mais les supporters de la Seleçao garderont un oeil sur le plus auriverde des Croates : Eduardo, dont l'histoire s'écrit de Rio de Janeiro, où il est né, à Zagreb.

Il débutera certainement la rencontre sur le banc de la Croatie et rentrera sûrement en cours de match. La seule interrogation ? Quel sera l'accueil réservé par les 60 000 spectateurs de l'Arena Corinthians de Sao Paulo à Eduardo Alves da Silva ? Huées ou applaudissements ? Sera-t-il considéré comme un traître ou un héros ? Le scénario de la partie influencera certainement l'intensité de la bronca, mais la réaction du public ne sera tout de même pas anecdotique.

Emergence difficile

Car pour ce joueur de 31 ans né à Rio de Janeiro, rien ne l'a été dans sa carrière. Son histoire commence en 1998 : à l'époque, alors qu'il à 15 ans, il évolue au CBF Nova Kennedy, club de la ville de Rio. Il est alors repéré par un recruteur du Dinamo Zagreb qui lui propose un contrat et un salaire à 15 000 dollars. Le joueur, excité à l'idée de rejoindre l'Europe, accepte. Petit hic : ce dernier, qui n'a jamais quitté l'éternel pays d'avenir, ne baragouine pas le moindre mot d'anglais encore moins de croate. Par conséquent, la première année au bord de la mer Adriatique est un échec. Déçu, il est renvoyé au Brésil dans le club de Bangu pendant deux ans.

Quand Eduardo revient en ex-Yougoslavie et à Zagreb en 2001, comme lors de sa première année, sa saison se révèle très difficile (seulement quatre apparitions en équipe première). Mais cette fois-ci, pas question de faire un deuxième aller-retour. Il est prêté successivement au NK Sesvete et à l'Inter Zapresic, clubs de D2. L'expérience est concluante. Il marque 12 buts en deux saisons et est adopté par le public. A tel point qu'il est naturalisé croate. A son deuxième retour au Dinamo, la donne a changé et explose littéralement chez les Modri (les Bleus en croate). Bilan : 82 pions en 134 matchs joués et sept trophées gagnés dont deux doublés coupes-championnats (2004, 2007) ainsi que deux titres de meilleur buteur de Croatie les mêmes années. Il commence logiquement à attirer les convoitises des plus grands clubs européens, dont celui dirigé par Arsène Wenger.

A Arsenal, son élan se brise

En 2007, après avoir manqué la Coupe du monde 2006, ce qui a suscité une vive polémique dans son pays d'accueil, Eduardo signe à Arsenal au mercato d'été pour près de 13 millions d'euros. Sa mission : remplacer Thierry Henry, parti la même année à Barcelone. Après des débuts très prometteurs où on se dit qu'il va enfin devenir un joueur de classe mondiale, un terrible coup dur plombe le natif de Rio : le 23 février 2008, lors d'un match contre Birmingham, le défenseur adverse Martin Taylor le tacle horriblement au niveau de la jambe gauche et le blesse gravement. A tel point qu'on pense à lui amputer le pied. Une chose est sûre, ses rêves de championnat d'Europe s'envolent avec la sélection à damiers. Après cet agression, il peine à retrouver son meilleur niveau. En 2010, les Gunners le vendent pour 9 millions d'euros au Shakhtar Donetsk.

Retour en grâce à Donetsk

Son transfert en Ukraine se révèle un franc succès. Sa carrière semble être lancée une bonne fois pour toutes. En Premier-Liga, la machine à marquer reprend son envol. Il aide son équipe avec ses 24 buts à conquérir quatre titre d'affilée en championnat en 2011, 2012, 2013 et 2014. Ses bonnes performances le font naturellement participer à l'Euro 2012 avec l'équipe nationale en Pologne et en Ukraine, le pays où il brille. Deux ans plus tard, il participe à sa première Coupe du monde au Brésil et rencontrera dès le premier match son pays d'origine. Quand on vous dit que sa carrière n'a rien d'anecdotique.
 

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