Espagne : Diego Costa, "le traître" entre en scène

Espagne : Diego Costa, "le traître" entre en scène

MONDIAL 2014 – L'Espagne entame la défense de sa couronne, vendredi face aux Pays-Bas. Un match forcément particulier pour Diego Costa, qui a opté pour la Roja au détriment du Brésil, l'été dernier.

"Traidor" (traître en portugais comme en espagnol) risque bien d'être le tube de l'été au Brésil et il pourrait être entendu dès vendredi à l'Arena Fonte Nova de Salvador. A 21 heures, l'Espagne y débute son Mondial face aux Pays-Pays pour un remake attendu de la finale de l'édition 2010. Ne cherchez pas le titre d'une chanson d'un groupe exotique. Il s'agit en fait d'un mot pas vraiment doux qui vise un homme : Diego Costa.

Natif du Brésil, l'attaquant de l'Atlético Madrid a acquis l'été dernier la nationalité espagnole et décidé de privilégier la Roja à la Seleçao. Alors que le joueur de 25 ans avait porté à deux reprises le maillot de la sélection sud-américaine en amical, au mois de mars 2013. Un caractère non-officiel qui lui a permis de changer de crémerie, Costa comptant aujourd'hui autant de sélections avec la Furia qu'avec la Canarinha.

"On me traite de la façon que j'attendais"

Le voilà désormais dans son pays, mais à en défendre un autre. Ce qui lui a donc valu quelques "traidor" descendus des tribunes lors de l'entraînement des Espagnols ouvert au public, mardi à Curitiba, où les champions du monde ont établi leur camp de base. Pas de quoi effrayer l'intéressé. "Beaucoup de gens comprennent ce que j'ai fait. Tout va bien pour moi. On me traite bien, de la façon que j'attendais", a-t-il assuré en conférence de presse.

Celui qui a dû avoir un peu plus de mal à comprendre la volte-face de Costa, c'est Luiz Felipe Scolari, le sélectionneur brésilien. "Il ne m’a pas déçu car sa décision de jouer pour l’Espagne était sa volonté. Tout le monde a le droit de choisir ce qui est le mieux pour lui", a confié "Felipao", jeudi dans L'Equipe , tout en partageant une confidence prêtée à l'Hispano-Brésilien : "L’an dernier, quand je l’ai convoqué pour des matches amicaux contre l’Italie et la Russie, il m’avait dit que porter le maillot de l’équipe nationale du Brésil était un rêve pour lui…"

"Je suis brésilien et cela ne changera jamais"

Une semaine plus tôt, Costa avait lancé les hostilités sur Globo . "Scolari ne m'a jamais appelé, assurait celui qui a marqué 36 buts en 50 matches cette saison avec les Matelassiers. Le seul entraîneur avec qui j'ai discuté était Del Bosque (le sélectionneur espagnol, ndlr). Il m'a invité à manger et m'a fait savoir qu'il comptait sur moi. Je suis très heureux car il m'a accueilli comme un frère."

Dans une Roja vieillissante aux attaquants vedettes (Fernando Torres, David Villa) sur le déclin, Costa aura un rôle important à jouer et sera titulaire si sa cuisse, celle qui l'a privé de finale de Ligue des champions après 9 minutes de jeu, le laisse tranquille. Pas sûr en revanche que le public fasse la même chose, même si le binational s'efforce de faire le pont entre son pays d'origine et celui d'adoption : "Je suis Brésilien et cela ne changera jamais. Mais je veux gagner la Coupe du monde avec l'Espagne. Si cela n'est pas possible, je souhaite que ce soit le Brésil qui gagne." Si Diego Costa sait où il veut aller, le buteur n'en oublie pas pour autant d'où il vient.

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