France-Allemagne : les Bleus sont bien entrés dans une nouvelle dimension

COUPE DU MONDE 2018
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COUPE DU MONDE 2014 - On ne va pas se mentir : les conférences de presse de veille de match de l'équipe de France sont généralement les plus ennuyeuses, et de loin. Sauf que, cette fois, à l'approche du choc majuscule contre l'Allemagne en quarts, la planète Terre était de la partie.

De mémoire de suiveur de ce Mondial brésilien, on n'avait pas encore vu un auditorium aussi grouillant lors d'une conférence de presse de veille de match des Bleus. La preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que le quart de finale France-Allemagne de vendredi enthousiasme et ébouillante le monde entier. D'où l'afflux massif de journalistes venus ce jeudi des quatre coins du globe jusqu'au Maracana de Rio de Janeiro pour poser des questions (souvent déjà entendues à Ribeirao Preto) à Didier Deschamps et Hugo Lloris. Dans une excitation passionnée très inhabituelle.

Quand le sélectionneur, bas de survet' bleu et veste grise, et le capitaine, en bermuda, de l'équipe de France ont débarqué, beaucoup ont ainsi dégainé leurs smart-phones pour faire des ies, la palme de l'originalité revenant à un confrère chinois se prenant en photo avec une marionnette... "En Chine, pour évoquer votre sélection, on parle surtout de Didier Deschamps. Les gens là-bas sont fascinés par le personnage, par sa capacité à toujours gagner et par ses talents de tacticien", nous explique, dans un anglais inpeccable, Tao Xing Ying, envoyée par le Xinmin Evening News.

"Avec tout le respect que j'ai pour le Nigeria, l'Allemagne est largement au-dessus sur le papier", a, pour sa part, souligné le coach starisé. Qui a fait son petit numéro habituel face aux journalistes, tout en pirouettes verbales et en regards taquins. Mais il ne nous a pas échappé qu'auparavant, quand son gardien répondait aux questions, il exprimait toute sa crispation liée à l'enjeu à travers un regard noir et une mâchoire serrée. Allant même jusqu'à ostensiblement afficher sa consternation lorsque Lloris a dû justifier les débuts de match compliqués des Bleus dans ce tournoi.

"Il est gentil Joachim !"

Mais au-delà du contexte, il y a le match en lui-même. C'est metronews qui a donné le départ de cette conférence de presse en demandant au capitaine s'il s'attendait à être personnellement beaucoup plus sollicité qu'il ne l'avait été jusqu'à présent dans cette Coupe du monde et s'il s'était préparé en conséquence. "On se prépare toujours à tout, a-t-il un peu esquivé, dans son sempiternel souci de ne pas trop en dire. Bien sûr, plus on avance dans la compétition, plus les échéances sont décisives. Mais la réponse devra être collective pour se qualifier. Il y aura de la pression pour les deux équipes, qui sont très joueuses. On n'est plus là pour calculer. Il faudra être au top."

Plus tard, il a été demandé à Deschamps si son homologue allemand avait raison de considérer la France comme la favorite de ce choc majuscule. Un coup de bluff très classique mais qui traduit aussi une réalité : depuis deux semaines, les Bleus impressionnent la planète Terre, dont les journalistes présents, partageant l'opinion de Löw, ne sont que les représentants. "Oui ! Il est gentil Joachim ! Il oublie juste qu'avant cette Coupe du monde, l'Allemagne avait cette étiquette et nous non, a répliqué DD. Comme eux, on devra s'élever à tous les niveaux. On doit en être capable. Après, on peut déclarer ce qu'on veut, ça ne change rien." C'était bien la peine de faire tout ce chemin pour venir.

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