France-Norvège : pourquoi Mamadou Sakho a été promu capitaine des Bleus

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MONDIAL 2014 - Le défenseur Mamadou Sakho, héros de la qualification de la France pour la Coupe du monde au Brésil avec un doublé contre l'Ukraine en barrage retour (3-0), sera capitaine mardi soir lors du match amical contre la Norvège. Il faut évidemment y voir un lien de cause à effet. Mais pas seulement.

Puisqu'il reste de bon ton de se moquer des footballeurs, allons-y gaiment. Pour expliquer que son sport impliquait une remise en question permanente, Mamadou Sakho a lâché cette perle ce lundi : "Comme je dis souvent, le foot est un éternel reprouvement." Voilà pour la séquence bêtisier. Redevenons sérieux. Car il se passait autre chose, dans l'auditorium du Stade de France, qu'une simple conférence de presse de veille de match. Un homme qui, gamin, faisait la manche aux feux rouges et dormait sous les ponts, devenait capitaine de l'équipe de France. Certes seulement le temps d'un match amical face à la Norvège. Mais, à deux semaines du coup d'envoi de la Coupe du monde au Brésil, la décision du sélectionneur n'a rien d'anodine.

C'est lorsque le jeune homme (24 ans) a quitté la salle, après avoir répondu aux journalistes qui n'en savaient rien, que Didier Deschamps a annoncé la nouvelle, d'un malicieux "merci capitaine". Avec Stéphane Ruffier titulaire dans les cages et Hugo Lloris sur le banc, c'est donc au défenseur de Liverpool que reviendra le brassard ce mardi soir. "Par rapport à ce qu'il fait sur le terrain et en dehors, ce qu'il dégage, je veux l'inciter à continuer dans cette voie", s'est justifié le coach. Avant de préciser : "La hiérarchie est évolutive mais je peux vous dire que Sakho est bien là, et en pleine possession de ses moyens." Comprendre : il sera titulaire en charnière au côté de Raphaël Varane durant le Mondial. Une véritable information lâchée par DD. Autant dire qu'il va neiger.

Franck Leboeuf : "Mamadou Sakho a franchi un cap"

Même si l'ex-Parisien, alors à la rue physiquement, avait été convoqué en mars contre les Pays-Bas (2-0) , premier match des Bleus à suivre son doublé épique en barrage retour face à l'Ukraine (3-0) à la fin novembre, cela ne lui garantissait en rien une place de titulaire au Brésil. Capable de se transcender le temps d'un match, il a en effet toujours été sujet à d'inquiétants trous d'air, de la Ligue 1 à la Premier League en passant par une première sélection catastrophique à Minsk. Mais force est de constater que seuls ses pépins physiques récurrents cette saison ont inquiété le sélectionneur. Celui-là même qui, du temps où il entraînait l'OM et affrontait le PSG, exhortait ses attaquants à l'éviter : "Il est en train de vous massacrer." Deschamps, lui, n'a donc jamais cessé de croire en Sakho.

"C'est surtout qu'il a acquis une grande confiance en lui grâce à ce barrage retour, relève Franck Leboeuf, défenseur central durant l'âge d'or de l'équipe de France, sollicité par metronews. Cette saison, je l'ai vu évoluer plusieurs fois avec Liverpool et je ne l'ai pas senti dépaysé, encore moins dépassé. Il a franchi un cap et c'est aussi à ça que sert l'équipe de France : devenir plus fort en club. Entre Mangala, Koscielny et lui, le choix est forcément difficile. Pour moi, seul Varane est au-dessus. Mais ma préférence va à Varane-Sakho. Il y a des bases et France-Ukraine en est une. Il faut savoir se servir des points de référence." Une consigne suivie, à la lettre, par le sélectionneur. Et une belle histoire, d'un campement de sans-abri au statut de superstar, que seul le sport roi peut raconter.

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