Bouna Sarr, l'arrière de fortune de l'OM devenu un candidat crédible à l'équipe de France pour le Mondial

LCI

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AMBITION BLEUE - Rayonnant depuis plusieurs semaines avec l'OM, Bouna Sarr a subjugué les observateurs en livrant un match de haute volée contre Salzbourg (2-0), jeudi en demi-finale aller de la Ligue Europa. Ses belles performances à répétition pourraient lui ouvrir la porte de l'équipe de France pour la Coupe du monde.

À Marseille, on se régalait devant Luiz Gustavo, élégant et impérial où qu'il soit sur le terrain. Devant la saison stratosphérique de Thauvin et le retour en grâce de Mitroglou. Désormais, on s'extasie grâce à Bouna Sarr. Arrivé sur la Canebière à l'été 2015 avec l'étiquette de milieu offensif, l'ancien Messin s'est révélé sur le tard dans un positionnement inhabituel pour lui. À 26 ans, pour sa troisième saison sous les couleurs olympiennes, le Franco-Guinéen a pris la pleine mesure du poste d'arrière droit, qu'il découvre réellement cette saison. 

Jeudi soir, dans un Vélodrome en fusion, le joueur formé à Metz a compensé le forfait d'Hiroki Sakaï, absent trois semaines au minimum. Et sa prestation, contre Salzbourg (2-0) en demi-finale aller de la Ligue Europa, a confirmé sa montée en puissance. Face aux Autrichiens, l'ex-Grenat s'est attaché à faire ce qu'il fait depuis de nombreuses semaines. La latéral de fortune, incisif devant et généreux derrière, a fait l'étalage de ses qualités de vitesse et d'explosivité. Néophyte plutôt convaincant dans cette position reculée, le natif de Lyon a apporté sa faculté de percussions dans son couloir. S'il reste évidemment perfectible sur certains points, notamment défensifs, son adaptation express et son abattage sur le terrain impressionnent. En témoigne cet ultime ballon gratté dans les arrêts de jeu, alors que l'OM menait 2-0 au score. 

Étincelant lors de la nuit magique de l'OM contre Leipzig (5-2), Bouna Sarr, le premier buteur olympien, avait rejoint le banc à la demi-heure de jeu. La faute à une vieille blessure, une luxation de l'épaule gauche contractée la saison dernière. Contre le RB Salzbourg, il a serré les dents pour jouer. Un mal indécelable, pour les avertis, au regard de la performance du Marseillais. "Il est en train d'exploser, c'est bien. Il faut qu'il continue comme ça", s'est félicité Jordan Amavi, son pendant à gauche. Ce n'est pas son poste, il ne faut pas l'oublier. Il est en train de faire de très grandes performances. Je suis très content pour lui." "Bouna a un avenir extraordinaire à ce poste-là, je pense qu'il pourrait faire du bien à cette équipe de France", a ajouté Adil Rami. "C'est un joueur avec un physique hors norme, il peut apporter techniquement, avec de la vivacité".


Un appel du pied en filigrane à l'attention de Didier Deschamps, dans l'optique de la liste des Bleus pour la Coupe du monde. Avec la blessure de Djibril Sidibé, plus qu'incertain pour le Mondial russe, l'ancien Messin pourrait bien créer la surprise le 15 mai prochain. Plusieurs profils s'imposent naturellement comme des candidats crédibles au poste d'arrière droit (Christophe Jallet, Benjamin Pavard et Mathieu Debuchy) mais, à l'exception du Stéphanois qui a reverdi depuis son retour en Ligue 1 l'hiver dernier, personne ne se sort vraiment du lot. Sarr constitue de fait un concurrent crédible pour occuper le côté droit en équipe de France. 

L'éventualité de prendre une place chez les Bleus ne lui déplaît pas, comme il le confiait dans Le Parisien. "Au fil des matchs, ça l'est de plus en plus, oui. Mais j'espère que Djibril (Sidibé) va se remettre à temps. Pour moi, il est celui qui mérite le plus d'aller à la Coupe du monde", a-t-il estimé. "Après, personnellement, je continue à me focaliser sur mes prestations. Je ne commence pas un match en pensant à l'équipe de France. Je pense à mon travail, à l'OM et aux supporters." L'humilité et le sens du devoir de Bouna Sarr ne devraient pas laisser insensible le sélectionneur des Bleus, qui observe d'un coin de l'œil son émergence.

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