Jean-Pierre Pernaut, Gilles Bouleau et David Pujadas : ils se souviennent du 11-Septembre

Jean-Pierre Pernaut, Gilles Bouleau et David Pujadas .

TÉMOIGNAGE – Les trois figures de l'information de TF1 reviennent sur ce jour qui a marqué leur vie personnelle et professionnelle.

Ce sont des images qui nous hantent depuis 20 ans. Le mardi 11 septembre 2001, le monde assistait en direct à la plus importante série d'attentats de l'histoire des États-Unis, causant la mort de près de 3000 personnes. Comme tous les Français, Jean-Pierre Pernaut, Gilles Bouleau et David Pujadas se souviennent exactement où ils étaient lorsque les tours du World Trade Center ont été frappées de plein fouet par deux avions de ligne. "J'étais chez moi en train de repeindre mon escalier", se souvient Jean-Pierre Pernaut qui présentait à l'époque le 13H de TF1. "Un quart d'heure après, j'étais au bureau". 

"Je me trouvais à la rédaction quand le premier avion a heurté le World Trade Center et à l'antenne quand le troisième et le quatrième avion se sont écrasés et que les tours se sont effondrées", se rappelle son côté David Pujadas, qui venait tout juste d'être propulsé à la tête du journal de 20H de France 2.

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J'étais le premier journaliste français de JT à aller sur place- Jean-Pierre Pernaut

Correspondant à Londres pour TF1, Gilles Bouleau se souvient également du 11 septembre 2001 "comme si c'était hier. Je déjeunais en terrasse et je reçois un appel sur mon gros téléphone portable de l'époque pour me dire qu'il avait eu un accident d'avion à Manhattan. On n'a compris qu'il s'agissait d'un attentat qu'au moment où le deuxième avion fonce dans la tour. Le mois qui a suivi, j'ai souvent dormi au bureau, tellement on a eu du travail. Je me souviens aussi qu'on n'avait pas de plateau et qu'on faisait nos directs sur la terrasse du bureau et que le propriétaire n'était pas content".

Malgré leur grande expérience, la première réaction des trois journalistes a été l'incrédulité. "Les images sont tellement effarantes. Mais au départ, on ne sait pas que c'était un attentat. On se doute que ça l'est au moment où le deuxième avion heurte la tour. Puis ça monte crescendo dans l'après-midi", relate Jean-Pierre Pernaut. Alors que les frontières aériennes et les aéroports sont fermés, il parvient tout de même à décoller pour New York le samedi suivant l'attentat. "J'étais le premier journaliste français de JT à aller sur place. Avec Robert Namias, le patron de l'information de l'époque, on a décidé de louer deux jets : un pour Patrick Poivre d'Arvor et un pour moi. On a atterri à Montréal et on a roulé de nuit jusqu'à New York, une ville déserte, pleine de poussière et étonnamment silencieuse ", poursuit l'ex-star du 13H.

C'est peut-être l'événement le plus surnaturel que j'ai eu à traiter. On avait du mal à se convaincre que c'était bel et bien réel- David Pujadas

"En tant que reporter, j'avais couvert des guerres et vu la mort de près, mais c'est peut-être l'événement le plus surnaturel que j'ai eu à traiter. On avait du mal à se convaincre que c'était bel et bien réel", avoue David Pujadas. "Je me souviens qu'après avoir fait des heures de direct, en rentrant chez moi à deux heures du matin, j'ai allumé la télévision pour revoir ces images et me persuader de la réalité de ce qui s'était déroulé", poursuit le présentateur de "24H Pujadas" sur LCI, qui rappelle que l'attentat avait été produit pour produire l'effet d'un film de fiction. "Comme j'avais l'expérience de l'info en continu – je venais de LCI – ça m'a aidé à garder mon sang-froid et à sourcer les informations qui partaient dans tous les sens". 

"Il n'y avait aucune autre actualité dans le monde pendant les semaines qui ont suivi", se remémore l'actuel présentateur du 20H de TF1. "C'était passionnant, si j'ose dire. Journalistiquement, c'était une frénésie de questions permanentes. J'ai eu la chance de pouvoir profiter de l'excellence journalistique de mes confrères britanniques dans ce domaine-là. Ça nous a permis d'avoir des petites clés de compréhension qui étaient bonnes sur cet événement."

Je suis affligé et triste de revoir ces images car elles sont le reflet de la cruauté humaine, de la haine pure et de la joie que suscite la souffrance des autres. Ça me sidère toujours".- Gilles Bouleau

S'ils gardent tous un souvenir marquant du jour J, les jours suivants ont également été éprouvants. "J'ai eu un autre moment de choc le vendredi suivant l'attentat", confesse Gilles Bouleau, "lorsque nous sommes allés à la grande mosquée de Londres qui avait été prise en otage par des milliers de gens hurlant leur joie, les larmes aux yeux, car ils estimaient que leur heure de gloire était arrivée et que l'Occident était tombé. C'est à ce moment que les grandes figures de l'islamisme forcené et radical en Grande-Bretagne ont émergé comme Omar Bakri, Anjem Choudary, qui seront les co-auteurs des attentats de 2005 dans le métro et les bus londoniens".

20 ans après, ça leur fait quoi de revoir ces images ? "Ça me rappelle chaque fois mon expérience de New York, quelques jours après le drame, les gens à genoux qui prient dans la rue, la poussière partout, les bougies allumées devant les casernes, les photos des disparus devant les hôpitaux…", explique Jean-Pierre Pernaut. "Moi je n'aime pas revoir les images, c'est trop douloureux, car derrière cette image spectaculaire on saisit l'horreur du drame humain qui se joue", avoue David Pujadas. Même son de cloche du côté de Gilles Bouleau. "Je suis affligé et triste de revoir ces images, car elles sont le reflet de la cruauté humaine, de la haine pure et de la joie que suscite la souffrance des autres. Ça me sidère toujours".

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