"Au-delà du spectacle, il fallait faire sens" : dans les coulisses du 14-Juillet de TF1

"Au-delà du spectacle, il fallait faire sens" : dans les coulisses du 14-Juillet de TF1

INTERVIEW – Pour la première fois à la télévision, les trois branches de l’armée ont fait ensemble la démonstration de leur savoir-faire au large de Hyères. Antoine Guélaud, directeur des opérations spéciales de TF1, nous raconte la genèse de cette incroyable séquence qui a mis en scène Marie-Sophie Lacarrau et Denis Brogniart.

Six heures de direct entre Paris et le Var, huit personnalités de l’antenne… Ce 14-Juillet, c’était un peu une finale de Coupe du monde pour l’information du groupe TF1 ?

(Il sourit). Oui, c’est un peu ça. C’est l’une des émissions qui dure le plus longtemps en direct à la télévision française aujourd'hui. Chaque année, il faut se réinventer. On ne peut pas proposer aux téléspectateurs la même chose que l'année précédente. Il y a trois ans, j'ai eu l’idée un peu folle de faire en sorte que les trois armées - la marine, l'armée de l'air et de l'espace, l'armée de terre - nous fassent une démonstration pour TF1 de ce qu’elles font ensemble sur les théâtres d'opérations. Il a fallu trois ans pour convaincre tout le monde et aboutir à ce qu’on a baptisé Opération Levant puisqu'elle s'est déroulée sur l'île du même nom, dans le Var, au large de Hyères.

Tout a failli être annulé au dernier moment, ou en tout cas adapté- Antoine Guélaud

L’opération Levant a bien failli ne pas voir le jour à cause des conditions météo…

J’ai été averti avant-hier (lundi 12 juillet) que le vent soufflait à 70-80 km/h. Les répétitions n'ont pas pu avoir lieu dans de bonnes conditions, ni hier (mardi 13 juillet) ni avant-hier. Et tout a failli être annulé au dernier moment, ou en tout cas adapté. Je crois que la ténacité des militaires, de Denis Brogniart et Marie-Sophie Lacarrau l'a emporté. On a réussi à faire une émission dans de bonnes conditions. Mais c'était très physique, très dur pour eux à cause de cette météo et de ce vent qui a bouleversé complètement nos plans avec une mer démontée. On était vraiment logé à la même enseigne que les militaires. 

Combien de temps a-t-il fallu pour concrètement mettre sur pied cette opération ?

Proposer ce 14-Juillet qui sortait de l’ordinaire a demandé un an de travail à une équipe très organisée. Je voudrais saluer le capitaine Marceau, un pilote d’hélicoptère qui travaille avec nous étroitement depuis deux ans sur les 14-Juillet et sans qui ça n’aurait pas été envisageable. L’armée a désigné un responsable principal avec qui on a multiplié les échanges et les repérages sur le terrain.

Notre devoir de journalist, c'est d'apprendre le plus de choses possibles à nos téléspectateurs- Antoine Guélaud

On avait parfois l’impression d’être devant un film. Avez-vous utilisé du matériel que les reporters n’utilisent pas habituellement ? 

Absolument. Pour l'Opération Levant, on avait plus de 20 caméras. On a notamment utilisé des GoPro, un hélicoptère qu'on appelle Cineflex et qui a sur le dessous une grosse boule avec une caméra stabilisée à l'intérieur. Cela permet de faire des zooms avant et arrière, d’aller chercher des détails depuis les airs. C'est un outil extraordinaire pour pouvoir accompagner les téléspectateurs et filmer des choses en direct. On avait aussi un avion avec une technologie très particulière qui est utilisée dans des films et qui tourne en 4K.  Ce sont des matériels qu'on n'utilise pas au quotidien pour le journal télévisé.

En vidéo

14-Juillet : Marie-Sophie Lacarrau à bord d'un Caïman pour une opération de sauvetage inédite

Combien de personnes ont-elles été mobilisées dans le Var ?

Une centaine de personnes ont été mobilisées sur le plan point de vue technique et éditorial, ainsi que 500 militaires sur le terrain. C'était une opération d'envergure avec un bateau, avec une dizaine d'hélicoptères, avec des Rafale, avec des forces spéciales, avec toutes les composantes des armées françaises. C'était assez spectaculaire. Mais au-delà du spectacle, il fallait faire sens et expliquer aux téléspectateurs comment tout ça fonctionne. C’est ce qu’on a pu faire grâce à Denis Brogniart et à Marie-Sophie Lacarrau dans une sorte de feuilleton tout au long de ces six heures d'antenne en direct, menées depuis Paris par Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau. Patrick Bourrat disait que les journalistes étaient "les instituteurs de l'actualité". On a essayé le jour de la Fête nationale de donner à voir, toujours dans un but didactique. 

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Est-ce que l’immersion, ce n’est pas justement la meilleure manière d’être didactique ?

Oui mais en prenant toujours du recul. Ce sont des séquences spectaculaires qui aboutissent à donner des informations aux téléspectateurs. J'y tiens beaucoup, on ne fait rien gratuitement. Notre devoir de journaliste, et notamment sur une chaîne comme TF1, c'est d'apprendre le plus de choses possibles à nos téléspectateurs, de les surprendre et qu'ils se disent à la fin de l'émission : "J'ai peut-être appris 10 choses différentes que je ne connaissais pas". 

Denis Brogniart est un homme défi, ce n'est pas seulement l'homme de "Koh-Lanta"- Antoine Guélaud

Denis Brogniart est sans doute celui qui aura appris le plus aujourd’hui. Ça a été difficile de le convaincre ?

Denis Brogniart, c'est un historique du 14-juillet de TF1. C'est quelqu'un qui a une grande qualité : il comprend tout de suite là où il est et sait se fondre dans n'importe quel univers. C'est une sorte de caméléon. Il va comprendre les hommes qui l'entourent et faire en sorte que chacun donne le meilleur de soi. C'est un homme de défi, ce n'est pas seulement l'homme de "Koh-Lanta". C'est un journaliste sportif et on dit souvent dans notre métier que les journalistes sportifs savent tout faire. Denis Brogniart l'a magnifiquement démontré encore une fois cette année.

En vidéo

14-juillet : Denis Brogniart dans les airs lors d'une démonstration interarmées

Que lui réservez-vous pour l’an prochain ?

L’an dernier, Gilles Bouleau m’a demandé ce qu’on allait bien pouvoir faire l’année prochaine. Je lui ai dit que j’avais déjà des idées et il m’a répondu "aïe !". J’avais l’Opération Levant en tête mas l’idée n’était pas encore tout à fait mûre. J’en ai déjà pour l’année prochaine. Et je pense qu'on peut encore surprendre et montrer encore différemment le savoir-faire des forces armées françaises.

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