Affaire George Floyd : la chanteuse Cher victime du "complexe du sauveur blanc" ?

Affaire George Floyd : la chanteuse Cher victime du "complexe du sauveur blanc" ?

MALAISE – En commentant sur Twitter le procès de Derek Chauvin, le policier accusé du meurtre de George Floyd, la chanteuse Cher a provoqué la colère de nombreux internautes. Explications.

Elle aurait dû tourner ses pouces sept fois avant de tweeter. Comme des millions d’Américains, la chanteuse Cher suit avec attention le procès de Derek Chauvin, le policier accusé d’avoir tué George Floyd en maintenant son genou sur son cou pendant près de 8 minutes et 46 secondes, le 25 mai 2020 à Minneapolis. La scène, filmée par des passants, a fait le tour du monde sur les réseaux sociaux et nourri la colère des manifestants du mouvement Black Lives Matter.

Suivie par près de 4 millions d’abonnés sur Twitter, l’interprète de "Believe", 74 ans, s’est fendue vendredi dernier d’un message, effacé depuis, qui n'est pas passé inaperçu : "Je parlais avec maman et elle m’a dit : ‘J’ai regardé le procès du policier qui a tué George Floyd et pleuré’. Alors je lui ai dit : ‘Maman, je sais que ça peut sembler fou. Mais je n’arrête pas de me dire que peut-être, si j’avais été là, j’aurais pu aider."

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J’ai réalisé qu’on pouvait mettre en colère blesser les gens en ne sachant pas ce qu’il est approprié de dire ou ne pas dire- Cher

Outre-Atlantique, cette réflexion un brin surréaliste a été prise très au sérieux par les internautes, certains accusant la chanteuse d’être victime du "complexe du sauveur blanc" (White Savior Complex – ndlr). Cette théorie, qui s’est répandue ces dernières années dans les pays anglo-saxons, dénonce le comportement paternaliste des Occidentaux à l’égard des peuples qu’ils ont colonisés.

Lancé en 2016, le compte Instagram Barbie Savior l’illustre avec humour en mettant en scène la célèbre poupée dans la peau d’une touriste se photographiant avec les enfants pauvres des pays qu’elle visite.

Un mea culpa compliqué

Après 24 heures de bashing intense, Cher a aggravé son cas auprès des mêmes internautes en apportant cette réponse cinglante : "Je me débats avec ce tweet parce que je me disais que certaines personnes ne comprendraient ou ne croiraient pas qu'une artiste puisse avoir des émotions honnêtes à propos de la vie, de la souffrance et de la mort d'un humain, même lorsqu'elle est montrée à la télévision. Vous ne savez pas ce que j’ai fait, qui je suis, ce en quoi je crois. Je peux, j’ai et je vais aider !". 

Quelques heures plus tard, elle a amorcé un début de mea culpa : "J’ai réalisé qu’on pouvait mettre en colère blesser les gens en ne sachant pas ce qu’il est approprié de dire ou ne pas dire. Je sais que les gens s’excusent lorsqu’ils sont dans la mouise mais, Dieu me pardonne, je suis vraiment désolée si j’ai heurté quiconque au sein de la communauté noire".

Faute avouée, à moitié pardonnée ? Après avoir supprimé le tweet initial, cette icône du showbiz américain depuis plus de 60 ans a laissé passer l’orage. Même si son dernier message, publié mardi soir, flirte avec la ligne jaune :

"Ces derniers jours ont été douloureux (…) Mon choix de mots était faux et imprécis. Lorsque je suis très émue, je devrais attendre, m’éloigner, et seulement ensuite twitter. Je ressentais vraiment de la peine et j’aurais vraiment aimé pouvoir aider George. Parfois, on ressent des choses qu’on ne peut pas expliquer dans un tweet."

Et si Cher venait de comprendre le fonctionnement des réseaux sociaux ? 

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