"Aller au cinéma, c’est partager un sentiment d’appartenance" : Steven Spielberg lance un plaidoyer pour les salles

"Aller au cinéma, c’est partager un sentiment d’appartenance" : Steven Spielberg lance un plaidoyer pour les salles

NOSTALGIQUE - Dans une tribune publiée par le magazine "Empire", Steven Spielberg défend l’expérience du cinéma en salles, menacée par la pandémie de coronavirus. Et la montée en puissance des plateformes dont le réalisateur n’est toujours pas un grand fan.

Il y a ceux qui ont déjà condamné les salles de cinéma comme Mathieu Kassovitz… Et il y a ceux qui continuent d’y croire. Dans son nouveau numéro, le magazine britannique Empire publie une tribune de Steven Spielberg dédiée au pouvoir du grand écran. "Durant cette crise sanitaire, où l’accès aux cinémas est fermé, voir drastiquement limité à cause de la pandémie planétaire, j’ai toujours l’espoir, empreint de certitude, que lorsque ce sera sûr, le public retournera dans les salles", écrit l’auteur de quelques-uns des plus grands succès de l’histoire du box-office. 

 

"Lorsque vous êtes dans un cinéma, vous regardez des films avec ceux qui vous sont proches, mais aussi en compagnie d’inconnus", continue-t-il. (…) "Nous ne savons pas qui sont les gens assis autour de nous, mais lorsque l’expérience nous fait rire, pleurer, acclamer ou réfléchir, et lorsque les lumières se rallument et qui nous quittons nos sièges, les gens avec qui nous retrouvons le monde réel ne sont plus des étrangers pour nous. Nous sommes devenus une communauté, de cœur et d’esprit, à une vitesse sans pareille en ayant partagé une expérience puissante pendant deux heures."

Notre pays et notre monde se sentent moins divisés, moins fracturés, après la réunion d’inconnus qui ont ri, crié, sauté dans leur siège, tous en même temps- Steven Spielberg

"Cette brève parenthèse dans un cinéma n’efface pas toutes les choses qui nous divisent", reconnaît Steven Spielberg. "Les origines ethniques, les classes sociales, les croyances, le genre ou les opinions politiques… Mais notre pays et notre monde se sentent moins divisés, moins fracturés, après la réunion d’inconnus qui ont ri, crié, sauté dans leur siège, tous en même temps. L’art réclame que nous soyons attentifs au particulier et à l’universel, les deux fois à la fois. Et c’est pourquoi, de toutes les choses qui ont le potentiel de nous unir, aucune n’est aussi puissante que l’expérience commune des arts."

 

Steven Spielberg serait-il nostalgique d’une époque révolue ? Le cinéaste n’a pas toujours été aussi optimiste pour le cinéma en salles ces dernières années. En 2013, lors d’une conférence donnée à l’Université de Californie avec son vieux copain George Lucas, il s’inquiétait pour l’avenir du Septième art, concurrencé par de nouvelles formes de divertissement, de la télévision aux jeux vidéo. "On ne peut pas allonger la semaine, on ne peut pas allonger la journée. Et donc nous nous retrouvons avec tellement de choix", constatait-il.

Pas fan du cinéma en streaming

"Cette multiplication des contenus a poussé les studios à devenir de plus en plus conservateurs et à investir dans les films qui font le plus de bruit dans un marché hyper-embouteillé. On est arrivé au point où un studio préfère investir 250 millions de dollars dans un blockbuster que d’en produire plusieurs qui sont très intéressants, profondément personnels – et peut-être historiques – parce qu’ils risquent de passer inaperçus dans la moulinette d’une journée", ajoutait-il, révélant que son Lincoln avait failli sortir sur la chaîne à péages HBO plutôt qu’en salles. 

 

Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Les plateformes de streaming, qui avaient déjà attiré des talents majeurs à Hollywood ces dernières années comme Martin Scorsese et David Fincher, ont profité de la crise sanitaire pour renforcer leur influence. Et se présenter comme une alternative aux salles de cinéma pour des spectateurs en mal de nouveautés.

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S'il n'y est pas totalement réfractaire, comme le prouve sa collaboration avec AppleTV+, avec laquelle il a relancé la série Histoires Fantastiques l'an dernier, Steven Spielberg continue de faire une distinction entre l'expérience d'une fiction sur grand et petit écran. En 2019, il avait même milité pour restreindre les nominations aux Oscars des films produits par les plateformes. 

 

"Lorsque vous optez pour le format télé, vous êtes un téléfilm", avait déclaré le cinéaste à la chaîne ITV, reprochant à Netflix & co. de ne sortir leurs films que dans un nombre de salles limitée et pour une durée restreinte. Il n’a pas entendu. Et Covid oblige, les productions des plateformes devraient truster les nominations aux prochaines cérémonies de récompenses à Hollywood, à commencer par celles aux Golden Globes, qui seront annoncées ce mercredi. 

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Fan de cinéma, l'écrivain Maxime Chattam est l'invité du podcast "Le cinéma, c'est la vie en mieux". 

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