Après le flop des Golden Globes, faut-il s'inquiéter pour les Oscars et les César ?

Après le flop des Golden Globes, faut-il s'inquiéter pour les Oscars et les César ?

MALAISE – Diffusée dimanche soir sur la chaîne américaine NBC, la 78e édition des Golden Globes a réalisé l’une des pires audiences de l’histoire de la cérémonie. Sans ambiance ni glamour, mais avec quelques bugs techniques, ce type de soirée repensé à l’ère du Covid a montré ses limites. De quoi donner des sueurs froides aux organisateurs des Oscars et des César.

Coup d’envoi de la saison des prix à Hollywood - et dans le monde – la 78e cérémonie des Golden Globes s’est soldée par un bide retentissant. Avec 6,9 millions de téléspectateurs contre 18,4 millions l’an dernier, c’est une chute vertigineuse d’audience de 63% que la chaîne NBC a enregistré dimanche soir. De quoi donner la migraine à ses dirigeants qui avait renégocié les droits de la cérémonie en 2018 à hauteur de 60 millions de dollars par an pendant 8 ans.

Pour expliquer ces chiffres catastrophiques, une partie de la presse américaine met avant les scandales qui ont entouré en amont la HFPA (Hollywood Foreign Association), l’association de la presse étrangère à Hollywood qui organise ce grand raout depuis 1944. Dans une enquête parue en amont de la soirée, le Los Angeles Times révélait les soupçons de corruption autour des nominations de la série Emily in Paris et soulignait l’absence totale de membres noirs parmi le collège des votants, obligeants les organisateurs à faire un mea culpa.

Des bugs techniques et trop peu d'émotion

Mais le véritable coupable de la désaffection des téléspectateurs… C’est le coronavirus. Exit le tapis rouge et ses défilés de look glamour et/ou improbables. Adieu les sourires gênés des stars aux blagues douteuses des présentateurs. En pleine pandémie, c’est depuis leur salon que les lauréats ont effectué leurs discours de remerciements. Sans public pour les applaudir, sinon leurs proches dévoués. Et avec quelques bugs techniques comme lorsque l’acteur Daniel Kaluuya s’est retrouvé privé de micro durant son discours. Le seul vrai moment d'émotion ? Le discours de la veuve de Chadwick Boseman, primé pour son rôle dans Le blues de Ma Rainey, six mois après sa disparition.

L’une à Los Angeles, l’autre à New York, les humoristes Tina Fey et Amy Poheler ont fait de leur mieux pour sauver les meubles, se faisant l'écho des polémiques entourant la cérémonie. Mais le grand public était aux abonnés absents. La faute aussi à une soirée qui a récompensé des films moins "visibles" que les années précédentes. Le cas le plus emblématique, c’est celui de Nomadland, le road movie de Chloé Zhao. Couronné par les Golden Globes du meilleur film dramatique et de la meilleure réalisation, après avoir remporté le Lion d’or à Venise,  il n’a connu qu’une sortie ultraconfidentielle en salles outre-Atlantique, avant d'être mis en ligne sur la plateforme Hulu mi-février.

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À Hollywood, c’est désormais vers la 93e cérémonie des Oscars que tous les regards se tournent. Reportée au 25 avril, il y a peu de chances qu’elle se tienne en présence d’un public, au regard de l’évolution de la pandémie en Californie, l’un des États les plus meurtris depuis un an. C’est ce qui a poussé les producteurs à faire appel au cinéaste Steven Soderbergh "pour innover et repenser les possibilités autour d’une cérémonie de remises de prix". Un sacré défi pour le réalisateur de Contagion, le film qui racontait, dès 2011, la propagation d’un virus digne du Covid-19.

Même à distance, des César sous tension

De ce côté de l’Atlantique, c’est le 12 mars que Canal + diffusera la 46 cérémonie des César. Elle sera présidée par Roschdy Zem et animée par Marina Foïs, Benjamin Biolay se chargeant de la partie musicale. Le chevronné Jérôme Revon s’est lui vu confier la réalisation de la soirée qui se déroulera à l’Olympia, la mythique salle  de concert des Grands Boulevards qui n'a plus rempli ses fauteuils depuis bientôt un an. À une semaine de l’événement, la chaîne devrait en préciser les conditions d’organisation dans les heures qui viennent. Avec ou sans public ? Tout pourrait dépendre des prochaines annonces du gouvernement.

Même confinée dans son salon, la grande famille du cinéma français aura des choses à dire. Dans une tribune mise en ligne ce mercredi, 800 professionnels du secteur demandent à Emmanuel Macron de rouvrir les salles obscures, portes closes depuis le 30 octobre dernier, l'accusant d'être "en train de tuer le cinéma français". Une grogne synonyme d’audience ? À voir. 

Propulsée par la polémique entourant les nominations de J’accuse de Roman Polanski, la cérémonie avait attiré 2,16 millions de fidèles l’an dernier, sa meilleure audience depuis 2016. 

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