Avec #LaissezMoi, le monde du spectacle se mobilise pour reprendre le travail

Avec #LaissezMoi, le monde du spectacle se mobilise pour reprendre le travail

COLLECTIF – Face au silence du gouvernement, artistes et techniciens ont décidé de donner de la voix sur les réseaux sociaux pour demander la réouverture de certaines salles. Leur but : prouver que leurs métiers peuvent être compatibles avec les restrictions sanitaires, nous explique Yanis Si Ah, porte-parole du mouvement.

Pour certains, les projecteurs se sont éteints il y a près d’un an. Un an de doutes, de questions restées sans réponses. Alors pour se faire entendre, de jeunes artistes ont pris possession de la scène la plus accessible en temps de pandémie. 

Celle offerte par les réseaux sociaux où le hashtag #LaissezMoi se partage comme un cri de ralliement depuis la publication le 20 janvier sur Instagram d’une vidéo cumulant déjà plus de 130.000 vues. "L’idée vient d’une discussion désespérée entre trois artistes de comédie musicale", nous explique Yanis Si Ah, danseur, acteur, chanteur et porte-parole du mouvement.

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Si on distingue les restaurants qui peuvent faire à emporter et ceux qui ne peuvent pas, pourquoi ne pas faire des distinctions aussi dans la culture ?- Yanis Si Ah, artiste et porte-parole de #LaissezMoi

Avec Alyzée Lalande et Doryan Ben, rencontrés sur Grease au Théâtre Mogador, "on s’est trituré le cerveau pour être dans la subtilité et bien expliquer que ce n’était pas un caprice qui parlait juste de nos émotions". Leur but, prouver que leurs métiers peuvent être compatibles avec les restrictions sanitaires. "Parce qu’une vie sans art, ce n’est pas une vie", insiste Yanis Si Ah qui prône une réouverture des petites structures "au cas par cas". "Si on distingue les restaurants qui peuvent faire à emporter et ceux qui ne peuvent pas, pourquoi ne pas faire de distinctions aussi dans la culture ?", s’interroge-t-il. 

Pour interpeller le gouvernement et sensibiliser le public, le trio pense à s’approprier une chanson. Pas essentiel de Grand Corps Malade est d’abord évoquée, "mais ce mot, on l’a dit et redit, et je ne pouvais plus l’entendre", sourit Yanis Si Ah qui finit par opter pour un titre court et efficace pour faire passer le message. "Aussi kitsch que ce soit, Laissez-moi danser de Dalida, c’est très simple à comprendre", assure-t-il. Une simplicité également reprise pour la vidéo qui a lancé le mouvement, tournée au centre commercial des Halles, au cœur de Paris. Masqué et muni de pancartes sur lequel s’affiche le hashtag #LaissezMoi, le groupe s’invite au milieu de la foule "pour chanter de manière pacifique". "On a choisi les commerces car le contraste est grossier et n’est pas très compliqué à observer", lâche-t-il.

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L’accueil des commerçants a été pour la plupart "chaleureux". "Une bulle d’empathie s’est créée dans certains magasins, tout le monde pleurait. Chez Sephora, les vendeuses ont quitté leurs caisses et sont venues nous applaudir. Elles nous ont dit de ne pas lâcher. On a bien précisé qu’on n’était pas là pour les faire taire mais pour disposer des mêmes droits", se souvient Yanis Si Ah. "C’est un combat commun. On devrait tous disposer du strict minimum tant qu’il est en accord avec les restrictions sanitaires", ajoute-t-il.

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C’est désormais en ligne uniquement que se diffuse le message, chaque internaute étant invité à customiser le hashtag pour mieux se l’approprier. De #LaissezMoiChanter à #LaissezMoiEclairer, en passant par #LaissezMoiMeCultiver. Le collectif a déjà reçu "des centaines de réponses, de témoignages et de remerciements". "Le mouvement est virtuel, même si ça peut paraître faible à ceux qui ne croient plus en la communication et pensent que seule la destruction de voitures permet d’être écouté", souligne Yanis Si Ah, qui dit aussi se battre "pour l’inconscient collectif". Car "on est en train d’apprendre aux citoyens à se débarrasser de l’art dès qu’il y a un problème, comme si c’était un luxe qu’on pouvait mettre de côté". Du gouvernement et de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, il attend de la nuance et un geste pour "redonner à l'art l'importance qu'il a dans ce monde". "Même si seuls 2% des lieux culturels doivent rouvrir, ce seront 2% symboliques et très importants", assure-t-il. 

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