Azzedine Alaïa est mort : découvrez les robes qui l'ont rendu célèbre

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CARNET - Le couturier franco-tunisien Azzedine Alaïa est décédé à l'âge de 77 ans, a-t-on appris ce samedi 18 novembre. Ses robes moulantes sculptant le corps de la femme l'avaient rendues célèbre dans les années 1980.

Azzedine Alaïa, couturier franco-tunisien, est mort à l'âge de 77 ans, a indiqué ce samedi 18 novembre la Fédération de la haute couture et de la Mode. Connu pour ses robes sublimant le corps féminin, il avait percé dans les années 1980. Figure atypique de la mode à Paris, il présentait ses défilés selon son propre calendrier, en dehors des Fashion weeks, et sans mise en scène spectaculaire.


La ministre de la Culture François Nyssen a rendu hommage au couturier sur Twitter. "Azzedine Alaïa était un amoureux de l'art, des artistes et un maître de la mode. Il avait une manière singulière de sublimer les femmes par ses tenues somptueuses. C'était un homme profondément généreux. Il nous manque déjà."


Pierre Cardin a déclaré à l'AFP : "C'est un couturier de grand talent qui s'en va. Je le connaissais pour son travail. C'est une très triste nouvelle." Jack Lang, ancien ministre de la Culture, a écrit sur sa page Facebook : "Azzedine savait mieux que quinconque sublimer les femmes." "Il les aimait et elles, en retour, lui vouaient une vénération infinie. Il était un magicien des ciseaux et de la couture. Il sculptait le corps des femmes tels un artiste virtuose et génial." "Petit par la taille mais immense dans la mode" a réagit Inès de la Fressange. 

Allergique aux grands défilés

Ce petit homme discret, allergique à la promotion, portait invariablement un costume chinois passe-partout et avait le luxe de se passer de publicité. Ses rares défilés se déroulaient en petit comité dans son atelier-boutique du Marais. 


Alaïa concevait ses vêtements en trois dimensions, se servant peu du dessin. Il faisait beaucoup de sur-mesure, en haut couture, mais aussi du prêt-à-porter, contournant le diktat du renouvelement systématique à chaque saison. Il lui arrivait de proposer la même robe "indémodable" deux ans de suite. "J'aime les femmes. (...) Je ne pense pas toujours à faire des nouveautés, à être créatif, mais à faire un vêtement pour que les femmes soient belles", avait expliqué le couturier aux yeux noirs pétillants, dans un entretien accordé à l'AFP en 2013, à l'occasion d'une rétrospective de son oeuvre au Musée Galliéra. 

Le créateur était né en Tunisie autour de 1940 mais cultivait la coquetterie quant à sa date de naissance précise. "J'ai l'âge des pharaons. Les dates, je les ai effacées", disait-il. Etudiant la sculpture aux Beaux-Arts de Tunis, ce fils d'agriculteur commence à travailler pour une couturière de quartier. Débutant à Paris à la fin des années 1950, il travaille brièvement chez Dior et chez Guy Laroche. Jeune homme au pair, il commence à habiller des femmes du monde dont il devient souvent le confident. 

Créateur du body et de la juppe zippée

Le couturier contribue largement à définir la silhouette féminine des années 1980, à l'assurance sexy, en inventant le body, le caleçon noir moulant, la jupe zippée dans le dos, des modèles copiés à l'infini. Ses robes seconde peau sont à la fois provocantes et distinguées.


Les célébrités se l'arrachent, notamment Grace Jones qui pose dans ses vêtements sous l'objectif de Jean-Paul Goude. En 1989, c'est lui qui commande à Alaïa la toge-drapeau portée par la cantatrice Jessye Norman pour le défilé du Bicentenaire de la Révolution française.

Le "papa" de Naomi Campbell

Il a été l'un des premiers à démocratiser la haute-couture, en collaborant avec l'enseigne Tati au début des années 1990.


Son ultime défilé avait été présenté en juillet et ouvert par Naomi Campbell, protégée du couturier, qui l'appellait affectueusement "papa".

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