Biennale de Lyon : visiteurs, préparez-vous à payer de votre personne !

Biennale de Lyon : visiteurs, préparez-vous à payer de votre personne !

ART CONTEMPORAIN – La 13e Biennale de Lyon ouvre ses portes jeudi 10 septembre. Parmi les multiples expositions et événements organisés dans toute la métropole lyonnaise, déclinés autour du thème de la vie moderne, les installations chipent la vedette aux tableaux. La visite est très interactive : Metronews a commencé la sienne au MAC (musée d'art contemporain) et à la Sucrière.

Marcel Duchamp disait que "c'est le regardeur qui fait l'oeuvre". Ça, c'était avant, quand on se contentait d'admirer tableaux et sculptures. A la Biennale de Lyon, on peut découvrir non seulement une foule de jeunes artistes, mais des installations où tout le corps du visiteur participe, quitte à bouder un peu les peintures et dessins.
Les deux principales expositions, au MAC (musée d'art contemporain) et à la Sucrière, proposent des créations originales, abordables, frappantes dès le premier coup d'œil. Le commissaire Ralph Rugoff estime que "l'art doit aider à comprendre le monde dans lequel on vit", et que les artistes qu'il a choisis doivent être "proches du public, jusqu'à le faire participer". C'est plus que réussi. Suivez ce petit guide pour vous préparer à une immersion physique dans des créations impressionnantes.

Les œuvres à voir... assis par terre
Commençons par notre favorite : Nightlife de Cyprien Gaillard. On chausse des lunettes 3D, on entre dans une pièce plongée dans le noir, et on s'assoit bien vite par terre pour prendre en pleine rétine des images d'arbres qui semblent danser, de feux d'artifice filmés du ciel au-dessus de Los Angeles, sur une fabuleuse musique dub. Etourdissant. "Je voulais voir le paysage danser", explique le jeune Français, prix Marcel Duchamp en 2010, "je pense à cette œuvre à la fois comme un film et comme une sculpture." (au MAC.)

Les œuvres à voir... en tournant sur soi
T.J. Wilcox a réalisé un étonnant film à 360°, In the air, tourné des toits de Manhattan. Projeté sur un écran circulaire, on peut le parcourir de l'intérieur comme de l'extérieur sans jamais voir la même image, puisque les nuages et la lumière changent comme sur une webcam géante. (au MAC.) Le musée des Confluences n'accueille qu'une installation, mais elle est très forte : Before Memory de Yuan Goang-Ming immerge le spectateur entre quatre écrans géants, sur lesquels passent l'océan, la jungle, une villa abandonnée, dans un bourdonnement assourdissant qui donne la chair de poule.

Les œuvres à voir... en rappant
Cecilia Bengolea et Jeremy Deller signent un clip totalement farfelu, Rythmass Poetry. Ils ont convaincu Denis Trouxe, ancien adjoint de Raymond Barre à la Culture, de rapper avec des danseuses de la banlieue lyonnaise dans son élégante résidence. "Moi, je kiffe l'art de la rue", chante l'ancien élu pas dénué d'humour, qui a co-écrit le texte avec Bengolea. Ce choc des cultures qui joue à fond la caricature a provoqué quelques fous rires dans la salle, quelques déhanchements aussi. (Au MAC)

Les œuvres à voir... toutes oreilles dehors
Puisque nos vies modernes servent de fil conducteur à cette Biennale, on tombe régulièrement sur des références à internet, aux réseaux sociaux... et aux smartphones. Céleste Bourcier-Mougenot compte sur les ondes électro-magnétiques de votre téléphone pour activer son œuvre, Averses : ces ondes captées par une drôle de machine finissent par faire tomber des noyaux de cerise sur une batterie. On jurerait entendre un vrai batteur s'échauffer. (à la Sucrière.)

L'oeuvre à voir... et à sentir
Le visiteur fatigué par toutes ces expériences sensorielles se réfugiera vers Mesk-ellil de Hicham Berrada. Une grande pièce plongée dans une lumière bleu sombre abrite sept grands terrariums. A l'intérieur, des mesk-ellils, une variété de jasmin qui ne s'ouvre que la nuit, en dégageant un parfum intense. Avec la technologie, l'homme contrôle la nature : la lumière recrée artificiellement la nuit pour que le spectateur puisse déambuler entre les cages au parfum enivrant. (à la Sucrière) Le monde moderne n'est pas dénué de moments contemplatifs : c'est l'autre parti-pris réussi de cette Biennale qui a préféré la vitalité au pessimisme.

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