Bougies, sextoys et œufs vaginaux : comment Gwyneth Paltrow s’est proclamée gourou du bien-être intime

L'actrice américaine Gwyneth Paltrow le 21 janvier 2021.

ORGASMIQUE - L’actrice américaine et sa marque Goop ont profité de la Saint-Valentin pour mettre en vente leur premier vibromasseur. Un commerce du plaisir que la star a démarré par une newsletter il y a douze ans mais qui ne lui a pas valu que des amis dans la communauté médicale.

Le sourire aux lèvres dans sa robe rose. La photo d’archives était trop belle pour passer à côté. "Je vous ai battus… Je sais aussi comment faire des mèmes les gars. Allez donc voir sur le site de Goop ce qui buzze autant", s’amuse Gwyneth Paltrow qui, sur le cliché pris en 1999, ne tient plus en main son Oscar de la meilleure actrice mais le tout premier vibromasseur de sa marque.

Inutile de chercher à vous procurer le produit. Cette "baguette vibrante recto verso", vendue 136 euros sans les frais de port, est déjà en rupture de stock. Quatre petits jours à peine après sa mise en vente juste à temps pour la Saint-Valentin. Comme un symbole du combat mené par l’actrice pour déculpabiliser le plaisir féminin.

Adepte de bouffe healthy et de médecine alternative, Gwyneth Paltrow se dit qu’il est trop bête de garder ses bons plans pour elle. En 2008, elle partage ses recettes de sauce tomate à la dinde et de muffins banane-noix dans une newsletter envoyée à 10.377 personnes. La légende de la publicité Peter Arnell lui glisse que toutes les entreprises à succès d’Internet contiennent deux o dans leur nom. Sa marque Goop, associant les initiales de la comédienne et ce double o magique, est née. 

Elle a provoqué la colère des gynécologues à plusieurs reprises

Au cinéma, ses apparitions se font rares. Mais l’interprète de Pepper Potts dans la saga Avengers ne chôme pas pour autant, trop occupée à dispenser ses bons conseils de vie. "J’ai lancé Goop en 2008, car ma vocation ne se résumait pas à embrasser Matt Damon à l’écran []. Pour moi, tout mène à une chose : l’optimisation de soi", explique Gwyneth Paltrow dans une mini-série documentaire Netflix qui porte à l’écran toutes les thématiques évoquées sur son site. Lifestyle, bien-être, psychologie, alimentation saine et sexualité. L’épisode Tout le plaisir est pour nous réapprend aux femmes "à avoir des relations sexuelles saines avec elles-mêmes pour participer activement à leur rapport sexuel avec un partenaire". Les ventes éclair du vibromasseur de Goop tendent à montrer que le message a été bien reçu.

Sur son site, Gwyneth Paltrow propose aussi des produits exclusifs au nom évocateur comme ces bougies "qui sentent son orgasme" ou "qui sentent son vagin", vendue 78 euros chacune. Totalement WTF mais inoffensifs, contrairement à d’autres conseils prodigués par la star. L’actrice provoque la colère des gynécologues en invitant ses lectrices à se nettoyer en profondeur le vagin. Une technique formellement déconseillée par les spécialistes, car elle peut provoquer des infections bactériennes et des mycoses.

Elle est aussi pointée du doigt quand elle vend une pilule répondant au doux nom de Madame Ovaire pour aider les femmes en phase de ménopause à mieux appréhender cette étape de leur vie. Sauf que cette poudre de perlimpinpin n'a "pas été évaluée par la Food and Drug Administration", l'équivalent outre-Atlantique, de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé. Et surtout "n'a pas pour but de diagnostiquer, traiter, guérir ou prévenir quelconque maladie", précise Goop.  Alors, à quoi bon dépenser 75 euros la boîte de 30, si ce n'est pour enrichir une star hollywoodienne déjà pleine aux as ?

Un empire à 250 millions de dollars

En septembre 2008, la société est même condamnée à une amende de 126.000 euros pour "publicité mensongère" au sujet de ses œufs vaginaux en pierre de jade. Hérités de la tradition taoïste, ils sont destinés à être insérés dans le vagin durant plusieurs heures chaque jour pour augmenter l'énergie sexuelle, le désir et la tonicité du périnée, sans parler de l'amélioration de l'équilibre hormonal. De petits bijoux que l'actrice américaine vend toujours une cinquantaine d'euros l'unité en moyenne. Sans plus aucune référence à leurs supposés bienfaits.

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Autant de polémiques qui ont contribué à faire fructifier un empire désormais estimé à 250 millions de dollars. Le New York Times Magazine explique que Goop s’est nourri de chacun des articles, posts de blogs et tweets négatifs qui ont généré du trafic sur le site. Une manière comme une autre de faire du business. Pour contrer toute accusation de pseudoscience, Gwyneth Paltrow a trouvé la parade. "Cette série est un divertissement, pas un magazine médical. Consultez toujours un médecin, pour votre santé ou avant de commencer un traitement", peut-on lire avant chaque épisode de sa série Netflix.  Comme une manière de dire : "Vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenus".

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