Cinémas et théâtres fermés : vous êtes plutôt Charles Berling ou Mathieu Kassovitz ?

Cinémas et théâtres fermés : vous êtes plutôt Charles Berling ou Mathieu Kassovitz ?

MALAISE - Les salles de spectacles ne rouvriront pas le 15 décembre. L’annonce effectuée ce jeudi par Jean Castex a été vécue comme un coup de massue par les professionnels du secteur. Sur les plateaux de télé et sur les réseaux sociaux, acteurs et réalisateurs ont pris la parole, avec des avis souvent tranchés.

Pour retourner au cinéma, au théâtre ou au musée, il faudra patienter encore trois semaines au moins. Face aux mauvais chiffres de la pandémie de coronavirus, le gouvernement a fait le choix de maintenir fermées les salles de spectacle, une décision commentée par de nombreuses personnalités. Dans des registres parfois très différents…  

Charles Berling en colère

"On entasse les gens dans les métros, les grandes surfaces sont bondées et tout d’un coup on met en pâture le spectacle vivant. Ça en dit long sur la politique effroyable qui est menée et qui détruit un secteur qui est déjà lourdement impacté", a déploré Charles Berling, interrogé par Elisabeth Martichoux sur LCI. "Je rappelle que nous sommes fermés. Donc si l’épidémie repart, ce n’est certainement pas à cause de nous", a souligné l’acteur, par ailleurs directeur du Théâtre Liberté Châteauvallon à Toulon. 

 

Charles Berling a également fustigé l’absence de la ministre de la Culture lors de la conférence de presse de Jean Castex : "Comme par hasard ! Je sais que Roselyne Bachelot est avec nous, je sais qu'elle comprend ce que je vis en ce moment et comme par hasard elle n'est pas là, parce qu'on lui a demandé de ne pas être là, on muselle la culture", a-t-il dénoncé, s'emportant contre "un gouvernement de petits commerçants". Interrogé sur cette absence lors de la conférence de presse, Jean Castex avait voulu déminer en répondant que la patronne de la rue de Valois était "aux côtés des professionnels du secteur".

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VIDEO - Cinémas et théâtre fermés : la colère de Charles Berling

Pierre Niney vs. Roselyne Bachelot sur Twitter

Ce constat, c’est dans les grandes lignes le même que celui dressé par Pierre Niney dans un échange improvisé sur Twitter avec… Roselyne Bachelot. "Franchement, c’est dur de se dire que tous les commerces, avions, trains et grandes surfaces de France peuvent accueillir du public... mais pas les cinémas et les théâtres qui ont fait tant d’efforts pour être des lieux irréprochables sanitairement", avait écrit le comédien en mettant en copie le chef de l’État Emmanuel Macron et sa ministre de la Culture. 

 

"Cher Pierre Niney oui ce que nous vivons est très dur", lui a lancé la ministre sans répondre sur le fond, pour sa seule réaction de la soirée. "Il faut tenir bon. La pandémie flambe partout en Europe. Rien n’est stabilisé. Le plus terrible serait de rouvrir et d’être contraint de refermer après les fêtes. Je serai à vos côtés pour surmonter cette crise épouvantable".

 

Une argumentation hors sujet ? "Merci de votre réponse", a réagi le comédien césarisé pour son rôle dans Saint-Laurent. "Mais l’incompréhension porte sur le fait que rien ne prouve que ces salles soient plus propagatrices que tous les autres commerces de Franc. Selon toute logique (public silencieux + masques + distances) elles comptent même parmi les plus sûres."

Élie Semoun, déçu mais pas râleur

Il est déçu. Mais il ne veut pas en rajouter. Interrogé dans la foulée des annonces sur le plateau de LCI, Elie Semoun a refusé de charger le gouvernement. "On ne peut pas faire autrement mais je le regrette amèrement", a-t-il estimé. "Pour moi, mais aussi pour les gens qui sont derrière moi, les techniciens qui n’ont pas travaillé depuis des mois et des mois. Pour le public aussi c’est désolant parce que je pense qu’il a autant envie de nous voir jouer, nous les artistes. Mais je ne vais pas me mêler au concert des râleurs. Je crois qu’ils [les pouvoir publics] font ce qu’ils peuvent et j’ai confiance en Roselyne Bachelot dont je sais qu’elle aime la culture." 

François Berléand, triste mais fataliste

On le sait fidèle soutien d’Emmanuel Macron. Dans les colonnes du Parisien, François Berléand a été invité à réagir à chaud aux annonces de Jean Castex. Et pour lui, la décision de ne pas rouvrir les salles de spectacles n’est qu’une demi-surprise. "C'est évidemment une grande tristesse, mais c'est sans arrêt des douches froides", a-t-il observé, reconnaissant peut-être une erreur dans la méthode. "À ce compte, on aurait préféré qu'on ne nous dise pas que ça pouvait rouvrir le 15… On savait qu'il y avait des conditions, mais ça, on n'a peut-être pas voulu l'entendre".

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Mathieu Kassovitz, dans la provoc

Le seul son de cloche vraiment discordant est venu de Mathieu Kassovitz, s'agissant en tout cas des salles de cinéma. Invité à réagir en plateau sur BFMTV, l’acteur et réalisateur a jugé la décision du gouvernement logique au regard de l’évolution de la société. "Vous avez la télé, vous pouvez regarder des films à la maison. Le cinéma n'est plus essentiel comme il a pu l'être à une époque", a estimé le réalisateur de La Haine, dénonçant "une forme d’égo mal placé" de la part des professionnels du secteur. Car selon lui "les cinémas sont voués à disparaître et là c'est juste un accélérateur". 

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