Crise à Europe 1 : les salariés en grève après la mise à pied d'un journaliste

La grève votée ce vendredi va-t-elle perturber l'antenne d'Europe 1 ?

MÉDIAS - Les salariés de la station ont décidé de se mettre en grève pour protester contre la mise à pied d'un journaliste de la rédaction, sanction qui pourrait déboucher sur son licenciement.

La tension est montée d'un cran à Europe 1. Les salariés ont décidé ce vendredi de se mettre en grève pour protester contre la mise à pied d'un journaliste, alors que les tensions se multiplient au sein de la station sur fond de rapprochement avec la chaîne d'informations CNews, dicté par le nouvel homme fort de la station, le milliardaire Vincent Bolloré. "Les salariés d'Europe 1 réunis en assemblée générale ce vendredi après-midi 18 juin ont décidé le principe d'une grève immédiate", ont annoncé l'intersyndicale CGT, CFTC, FO, SNJ d'Europe 1 et le bureau de la Société des rédacteurs (SDR) dans un courrier interne qu'a pu consulter l'AFP.

Déjà inquiets d'un arrimage à CNews, des salariés d'Europe 1 menaçaient de se mettre en grève si la direction ne revenait pas sur une procédure de sanction disciplinaire visant un journaliste de la radio du groupe Lagardère, "convoqué pour un entretien préalable" pouvant "aller jusqu'au licenciement", a expliqué à l'AFP Olivier Samain, délégué syndical SNJ.

Une querelle entre un journaliste et une responsable RH vue en train d'enregistrer une réunion

À l'origine de cette sanction : les propos "véhéments" mais pas "insultants" tenus par le journaliste à l'égard d'une employée des ressources humaines lors d'une assemblée générale organisée mercredi. Durant cette réunion sur la situation de la radio, le journaliste sanctionné a surpris cette employée "en train d'enregistrer les propos" tenus, la soupçonnant dès lors de vouloir les transmettre à la direction, a rapporté Olivier Samain. Malgré la mobilisation de l'intersyndicale SNJ, CGT, CFTC et FO, la procédure disciplinaire a été maintenue à l'encontre du journaliste. La direction invoque ses comportements antérieurs, selon un participant de l'assemblée générale.  

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Cette crise éclate dans un climat très tendu au sein de la rédaction, "déprimée", notamment par les synergies envisagées entre la station et CNews, chaîne d'info du groupe Canal +, filiale de Vivendi, contrôlé par le milliardaire Vincent Bolloré, également l'actionnaire principal de Lagardère. Dans une tribune publiée jeudi sur le site du Monde, la société des rédacteurs d'Europe 1 et l'intersyndicale ont exprimé leurs inquiétudes, refusant "de devenir un média d'opinion" à "l'aube d'une année électorale". "En liant son sort à une chaîne qui s'illustre à longueur de journée par un activisme politique fortement ancré à droite, voire parfois à l'extrême droite, Europe 1 va perdre ce qui lui reste de plus précieux : son capital de crédibilité auprès des auditeurs", estiment-ils.

Ils annoncent ainsi saisir "le comité d'éthique de la station", demandant à "Arnaud Lagardère et à la direction de l'information de clarifier leurs positions pour permettre aux journalistes en désaccord avec la ligne éditoriale de quitter Europe 1 "via une clause de conscience".

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