"Music of the Spheres", la critique : le nouveau Coldplay, c'est "mûrir peut attendre"

"Music of the Spheres", la critique : le nouveau Coldplay, c'est "mûrir peut attendre"

ON AIME – Les Britanniques de Coldplay s’acoquinent avec les pop stars de la nouvelle génération sur "Music of The Spheres", un album où le rock mélancolique des débuts n’est plus qu’un lointain souvenir. Faut-il pour autant leur en vouloir ?

Le monde va mal. Et Coldplay s’amuse. Sur son neuvième album, Music of The Spheres, le groupe explore sa veine feel good, celle qui depuis la fin des années 2000 et la période Mylo Xyloto, a transformé Chris Martin et ses camarades en baladins fluo, délaissant les complaintes mélancoliques de leurs débuts pour des tubes électro-pop scintillants qui donnent des chaleurs aux puristes du rock anglais. Sorti au début de l’été, le single "Higher Power" donnait le ton du répertoire à venir : rythmes bondissants, synthés futuristes, refrain prévisible mais fédérateur… 

Après s’être essayé à l’afrobeat au doo-wop et au gospel sur l’éclectique Everyday Life, en 2019, le quatuor a cette fois resserré son propos pour créer un blockbuster musical bizarroïde, aussi irrésistible qu’agaçant.

En 2021, dans la galaxie Coldplay, on croise Selena Gomez sur la gentille ballade Let Somebody Go, le duo R’n’B We are King et le prodige anglais Jacob Collier sur l’élégiaque "Human Heart" mais aussi les superstars de la K-Pop de BTS sur My Universe, plus proche d’un mauvais générique de manga que de la rencontre au sommet annoncée. 

Sur le papier, un groupe d’une telle envergure - plus de 100 millions d’albums vendus en un quart de siècle - n’a pas besoin de s’acoquiner avec la nouvelle génération pour faire parler de lui, sinon auprès des plus jeunes d’entre nous. Sa présence relève sans doute d’un plan marketing bien étudié, mais aussi d’une volonté de ne pas s’enfermer dans les vieilles recettes du passé. Est-ce condamnable à l’heure où 99% des stars du "classic rock" enchaînent les tournées sans jamais produire de nouvelles chansons ?

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La quarantaine passée, les membres de Coldplay ont le mérite d’expérimenter, avec des fortunes diverses donc. Et de vrais bons moments comme l’entraînant Humankind et son intro à la Who, l’énergique People of The Pride avec son riff de guitare bien gras, et surtout l’épique Coloratura où le groupe fait exploser sur plus de dix minutes, franchement majestueuses, le carcan pop dans lequel il s’était bridé, voire enfermé jusque-là. 

Les amateurs auront remarqué que Music of The Spheres est produit par le mogul suédois Max Martin, spécialiste des hits à la chaîne pour Taylor Swift, Ariana Grande et bien sûr Britney Spears. De là à ce que les fans de la première heure lancent le hashtag #FreeColdplay…  

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