DEAUVILLE 2016. Quand les stars nous parlent de cinéma US

CULTURE
DEAUVILLE 2016. En attendant l'ouverture du 42e Festival du Cinéma Américain de Deauville ce vendredi, quatre artistes français (le réalisateur Michel Gondry, la comédienne Alice Taglioni, le comédien Sami Bouajila et la créatrice Agnès B) nous confient leur amour du cinéma américain.

MICHEL GONDRY


Si vous deviez citer un film qui vous a fait aimer le cinéma américain...

Ce serait La garçonnière de Billy Wilder, absolument inusable. Le genre de films qui donne envie de croire en l'amour. Gamin, j'ai succombé aux films de Charlie Chaplin. Je faisais des projections en 16 mm dans le village où mon cousin habitait, dans la Drôme. J'en garde un souvenir marquant... 


Si vous deviez citer une actrice... 

Quand j'étais enfant, j'étais fou de Mary Poppins (NDLR. Julie Andrews) et de Shirley McLaine, qui m'a fait fantasmer - d'une manière innocente, je précise. 


Si vous deviez citer un acteur... 

Humphrey Bogart. Audrey Tautou et Romain Duris, avec qui j'ai tourné L'écume des jours, ont le charisme de ces grands acteurs américains qui savent murir au fil des films. Les journalistes ne sont pas souvent fans de ce genre d'acteurs parce qu'ils préfèrent les starlettes à la mode. Or, il faut vraiment reconnaître à Audrey une capacité incroyable à se dessiner en vieillissant. Je ne parle pas de son talent car elle était déjà très bien dans Venus Beauté, Institut. Mais par ces choix, elle évolue, comme Charlotte Gainsbourg par exemple. Elle fait bénéficier de son vécu aux réalisateurs avec lesquels elle tourne. Pour moi, Audrey Tautou et Romain Duris, ce sont les Lauren Bacall et Humphrey Bogart d'aujourd'hui ! 


ALICE TAGLIONI


Votre premier souvenir d'un film américain... 

E.T. est le premier film que j'ai vu au cinéma. Quand j'étais petite, mon père m'emmenait souvent au cinéma. Il était fan des gros films d'action comme Retour vers le futur, les Rocky, L'arme Fatale. J'ai grandi avec le cinéma américain, puis je suis arrivée plus tard au cinéma français. Je n'ai découvert le cinéma indépendant américain que récemment et j'ai l'impression qu'il se développe depuis plus de dix ans avec des cinéastes comme James Gray et des films comme Little Miss Sunshine. 


Votre film culte 

J'ose pas le dire... Bon, je vends la mèche : Top Gun, de Tony Scott. Je l'ai revu avec des yeux différents à chaque fois. Je suis entouré de frères dont un qui est fan d'aviation de chasse. J'ai grandi avec les yeux d'une petite fille qui tombe amoureuse de Tom Cruise. Witness, de Peter Weir aussi, j'avais adoré ce film. Bien plus tard, j'ai subi deux chocs avec Sur la route de Madison et La liste de Schindler


Un acteur américain 

Jack Nicholson. Rien que pour Shining. Sa performance était sidérante. Je le trouve bon dans tous les registres : effrayant, beau, sexy, drôle. Je citerai aussi Clint Eastwood, l'icône de mon père. Tom Cruise, évidemment, puisque j'ai grandi avec lui... Bizarrement, je suis pas trop branchée Brad Pitt ou George Clooney même si je l'ai trouvé génial dans The Descendants


Une actrice américaine 

Meryl Streep, ex-aequo avec Julia Roberts. Hyper fan de "Pretty Woman" quand j'étais petite. 


SAMI BOUAJILA


Votre film culte 

La porte du paradis de Michael Cimino. Dès que je pense à ce cinéaste, d'autres films s'enchaînent comme Voyage au bout de l'enfer


Votre cinéaste préféré 

Impossible de n'en citer qu'un seul. Paul Thomas Anderson est un réalisateur hallucinant. Je dirais aussi Gus Van Sant, Christopher Nolan... Dans les classiques du cinema américain, je citerais toute la filmographie d'Elia Kazan et Frank Capra. 


Votre acteur préféré 

Il n'est pas américain mais ce n'est pas grave : Christian Bale. Juste exceptionnel à chaque fois, notamment dans American Psycho et The Machinist


Votre actrice préférée 

Nicole Kidman, mais il y en a tellement d'autres... Je dirais Jennifer Jason Leigh. 


Le film américain qui vous a le plus impressionné 

Eyes Wide Shut de Stanley Kubrick. Un immense film sur le fantasme. Je suis fasciné par son génie. 


Le casting idéal pour le film américain idéal 

Paul Thomas Anderson qui filme un polar avec un justicier. Et comme acteur... Sami Bouajila. Là, c'est parfait. 


LE REGARD DE AGNES B.

"Il y a plein de cinéastes que j'adore comme Sam Peckinpah mais je voulais mettre en avant des films plus singuliers comme Trash Humpers de Harmony Korine. J'aimerais beaucoup le diffuser dans un réseau de cinéma lors de projections à minuit avec des spectateurs avertis, un peu comme dans les années 70. Il y a quelques années, je l'ai montré à Londres, au London Film Festival. Il y avait beaucoup de jeunes dans la salle et ils se sont éclatés. Freaks est un film unique en son genre et sublime. Je ne connais malheureusement pas beaucoup les précédents longs métrages de Tod Browning. Dans le même genre, j'ai une vraie affection pour W.C. Fields. Hélas, on ne voit jamais ses films. Avant, ils passaient au Quartier Latin. On a même essayé d'avoir les droits de ses films, qui appartiennent à la MGM, avec ma boîte de production, Love Streams. Mais c'est toujours compliqué. De même, lorsque j'ai voulu faire une robe avec King Kong en sérigraphie, j'y suis arrivée mais ce fut laborieux : ils n'arrivaient pas à retrouver les ayant-droits et ne savaient plus où se trouvaient les contrats. J'aime les gens qui osent ! Je préfèrerais toujours la hardiesse au calibrage. Kenneth Anger, par exemple, ne se rendait pas compte à quel point il était avant-garde. Aujourd'hui, on a des artistes aussi intransigeants, comme Vincent Gallo. Je suis fan de ses premiers longs métrages, Buffalo 66 et The Brown Bunny. D'ailleurs, je me souviendrais toujours de la projection de The Brown Bunny au Festival de Cannes. J'étais assise dans le rang du milieu avec Chloé Sevigny et Vincent. Beaucoup de spectateurs sifflaient et ronchonnaient. Chloé, elle, était émue aux larmes. "


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