Quand les street artistes ont les clés, les murs n'ont qu'à bien se tenir

Quand les street artistes ont les clés, les murs n'ont qu'à bien se tenir

STREET ART - L’exposition "Home Staging", organisée par la galerie Le Loft du 34, se tient entre le 1er et le 10 octobre à Paris. Elle réunit les œuvres de huit artistes à qui on a confié les clés d’un appartement situé rue du Dragon, dans le 6e arrondissement.

Il s’en passe des choses derrière la porte du 34 rue du Dragon, dans le 6e arrondissement de Paris. Au 3e étage de cet immeuble se cache un drôle d’appartement. Resté dans son jus depuis les années 1940, il vient d’être investi du sol au plafond par huit artistes. Fidèle à la nature éphémère du street art, le lieu ne restera ouvert que quelques jours, entre le 1er et le 10 octobre, dans le cadre de l'exposition "Home Staging", organisée par le Loft du 34, avant d’être entièrement rénové. 

Dès l’entrée, face aux graffitis à l’ancienne de Xare, le visiteur se retrouve propulsé dans un espace digne d’une rame de métro ou d’une friche, à mille lieux du quartier bourgeois. Sur le mur d’en face, les courbes bombées par Shaka ne ressemblent pas à grand-chose. Il faut pénétrer dans la pièce voisine et découvrir le bon angle pour que l’anamorphose apparaisse. Même principe pour l’œuvre d’Astro qui prend une autre dimension en fonction de l’endroit d’où on la regarde. 

DaCruz a, lui, pris possession de ce qui s’apparente à un salon avec ses fresques très colorées. "Je voulais quelque chose d’immersif avec une certaine densité. C’est une forme de syncrétisme mystique. J'aime aborder la religion de façon joyeuse", nous explique l’artiste parisien qui se désole du "repli communautaire" constaté dans son quartier du canal de l’Ourcq et qui aime l’idée de "créer des passerelles". De fait, sur les cloisons, des totems sud-américains cohabitent en toute harmonie avec des lotus bouddhistes, des sculptures d’Afrique de l’ouest ou une gigantesque croix. 

On passerait des heures dans la salle suivante à essayer de déchiffrer les épigrammes de Marko93, inventeur de son propre alphabet à partir de toutes les langues de la Terre, tandis qu'une magnifique panthère dégoulinante trône au dessus de la cheminée. Le sas contigu a été envahi par un enchevêtrement de poutres, de gravats et de photos, une installation imaginée par Katre, street artiste parisien qui voue un culte aux espaces abandonnés. 

Dans un couloir, on découvre ensuite les portraits en noir et blanc de tous les artistes de l’appartement pris par Nicolas Giquel, photographe de mode qui se consacre aujourd’hui à ses deux passions qui sont le street art et le tatouage. Enfin, cette visite est l’occasion de découvrir le travail original de la jeune artiste Maite Sant. Morceau de viande vu de près, mouche verte, signes astrologiques… la jeune femme a imaginé ici une chambre d’enfant onirique et presque effrayante avec comme slogan : "Les uns parleront de folie, les autres auront de l’imagination." A chacun de choisir.

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