Emma Stone dans "Cruella" : "La fourrure ne devrait pas être célébrée"

Emma Stone dans "Cruella" : "La fourrure ne devrait pas être célébrée"

INTERVIEW – L’actrice américaine oscarisée pour "La La Land" renfile la perruque bicolore autrefois portée par Glenn Close dans un film rock consacré à la jeunesse de la plus vilaine des méchantes Disney, au cinéma le 23 juin. Un personnage ambigu que vous ne verrez cette fois pas partir en quête de peaux pour se faire un manteau.

Succéder à Glenn Close était périlleux. Mais autant évacuer les interrogations tout de suite. Emma Stone est d’enfer dans le rôle de Cruella. L’actrice américaine de 32 ans se glisse avec une facilité déconcertante dans un costume qui aurait pu en effrayer plus d’une. Mais pas elle. 

C’est simple, il n’y a bien que son accent britannique un peu trop forcé dans la version originale qui nous a fait tiquer.  Sous sa perruque bicolore, elle offre à la plus effrayante des méchantes Disney un passé qui vient troubler encore plus notre rapport à cet iconique personnage.

Quand je suis devant un film, j’adore me demander : ‘Est-ce que je déteste cette personne tout en l’adorant de manière étrange ?’ - Emma Stone

On adorait déjà la détester, voilà qu’on se met à la comprendre. Car avant Cruella, il y a eu Estella. Une jeune Anglaise qui se rêvait créatrice de mode dans le Londres punk des années 1970 et dont le caractère a été forgé par sa rivalité avec la baronne (impériale Emma Thompson). Craig Gillespie (Moi, Tonya) livre une origin story résolument rock, portée par une bande-son démente des tubes de l’époque et une centaine de costumes plus somptueux les uns que les autres. Mais sans aucune fourrure. Un choix dont on a parlé avec Emma Stone, à qui on a passé un rapide coup de Zoom le mois dernier.

Comment expliquez-vous que Cruella soit l’une des méchantes les plus iconiques de la pop culture ?

Je crois que c’est l’association de son look, de sa voix et de ses intentions qui font d’elle quelqu’un d’excessif, d’amusant à regarder, de fascinant et de vraiment terrifiant. Ce n’est pas un hasard qu’elle soit restée dans les esprits si longtemps. Ses cheveux noirs et bancs… C’est une méchante si originale. C’est pour ça qu’elle m’a vraiment marquée pendant l'enfance.

Le réalisateur Craig Gillespie assure que Cruella "n’est pas un film noir et blanc", qu’il s’intéresse à "une zone grise" qui laisse le public "avoir de l’empathie" pour elle. On a envie de soutenir Estella, puis on se rappelle qui elle va devenir. Ce conflit rend-il le personnage plus profond qu’on ne le pensait ?

Je le pense, oui. Ce sentiment assez complexe, quand vous ne savez pas si vous aimez quelqu’un, si vous le détestez ou les deux, est très amusant à jouer. Mais c’est aussi très intéressant à regarder. Quand je suis devant un film, j’adore me demander : ‘Est-ce que je déteste cette personne tout en l’adorant de manière étrange ?’ C’est affreux ! Tony McNamara, qui signe le scénario, a fait un super travail pour recréer ça autour de Cruella. À la lecture, vous aviez tellement de sentiments contradictoires pour elle. Je trouve que c’est une expérience sympa à faire quand vous ne savez pas ce que vous êtes censé ressentir à propos de quelqu’un. On ressort de là avec beaucoup de sentiments différents.

Ça aurait été idiot de vouloir imiter une prestation déjà parfaite- Emma Stone sur Glenn Close, la précédente Cruella

Vous êtes l’une des productrices exécutives du film, tout comme Glenn Close qui a incarné Cruella avant vous. Vous êtes-vous inspirée de sa prestation et avez-vous échangé quelques conseils sur le personnage ?

Pas vraiment parce que sa version est tellement parfaite. Il a fallu que je construise ma propre version parce que ça aurait été idiot de vouloir imiter une prestation déjà parfaite. Avec Craig Gillespie, on a essayé de façonner notre propre Cruella. L’histoire est différente de celle des 101 Dalmatiens et on la retrouve dans un tout autre univers que celui dans lequel on l’a connue.

Des inquiétudes ont été soulevées il y a quelques mois à propos de l’utilisation de fourrure dans le film. Or, il n’y en a pas ! Pourquoi ce choix ?

Je n’ai pas écrit le film mais l’idée, c’était…(elle s’arrête). Je ne pense pas que ce soit cool de porter de la fourrure. Je sais que Cruella en a porté dans le passé mais nous comprenons tous que c’est une nouvelle ère et que la fourrure ne devrait pas être célébrée. On a essayé d’avoir une relation différente avec ça pour cette Cruella.

Le film ne répond pas à une question sur Cruella. Pourquoi a-t-elle les cheveux naturellement noirs et blancs ?

(Elle fait les gros yeux). Oh je ne sais pas, c’est une bonne question. Elle est née avec, c’est tout ce que je sais. Il faudra que vous demandiez aux auteurs (elle rit).

Lire aussi

>> Cruella de Craig Gillespie, avec Emma Stone, Emma Thompson et Mark Strong - au cinéma le 23 juin

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Covid-19 : le nombre de patients hospitalisés repasse au-dessus de la barre des 7000

Renvoi du Premier ministre, accusation de "coup d'État", manifestations... Que se passe-t-il en Tunisie ?

Le tableau des médailles des JO de Tokyo : la France remonte, après l'or d'Agbégnénou

EN DIRECT - Vaccination : Olivier Véran a administré sa deuxième dose à Olivia Grégoire, enceinte

Covid-19 : face à l'explosion des cas, la Haute-Corse prend de nouvelles mesures restrictives

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.