Le magnat du porno Larry Flynt est mort à 78 ans

Larry Flynt en 2003

DISPARITION - L'éditeur américain Larry Flynt est mort à l'âge de 78 ans. Il avait fondé en 1974 "Hustler", magazine concurrent de "Playboy", au coeur d'un film de Milos Forman dans les années 1990.

Le roi du porno n'est plus. Larry Flint, producteur de vidéos pornographiques et fondateur du magazine Hustler, a succombé ce mercredi 10 février à une crise cardiaque, chez lui à Los Angeles. Son frère Jimmy Flynt a confirmé au Washington Post le décès, annoncé initialement par TMZ.

Né en 1942 dans un village déshérité du Kentucky, Larry Flynt avait lancé en 1974 son magazine pornographique Hustler, concurrent de Playboy qu'il jugeait "ringard", avec des photos très explicites et un ton délibérément scandaleux. Censuré en France jusqu'en 2011, le Hustler (en français, à la fois : arnaqueur, arriviste, escroc, prostitué) brise tous les tabous avec des accroches comme "George Bush a le Sida". Larry Flint gagne son premier million de dollars en publiant en 1975 des photos volées de Jackie Onassis nue sur une île grecque. Après cela, son magasine décolle, se vendant bientôt à 3 millions d'exemplaires.

Larry Flint développe ensuite son empire avec d'autres publications, des studios spécialisés dans les films X puis des sites internet. En 2000, l'homme d'affaires ouvre même un casino Hustler dans la banlieue de Los Angeles, où il vit de longue date.

Père de cinq enfants et marié à cinq reprises, Larry Flynt mène une vie décalée : "le roi des ploucs" multiplie les excès, fréquente des figures radicales de la contre-culture.  Au fil des ans, les ligues pour la vertu et les féministes le traînent devant les tribunaux. Larry Flynt jubile : il y plaide le droit à l'obscénité et à la parodie, se présentant un jour au tribunal en slip taillé dans un drapeau américain. 

10 millions pour toute information permettant de destituer Trump

Défenseur autoproclamé de la liberté d'expression, le vieil homme lifté s'était permis un dernier coup d'éclat en octobre 2017 en offrant, sur une pleine page dans le Washington Post, 10 millions de dollars à qui lui fournirait toute information conduisant à la destitution de Donald Trump. C'était son "devoir patriotique", avait-il alors affirmé.

L'homme était coutumier de la méthode : pour soutenir le président Clinton empêtré dans l'affaire Lewinsky en 1998, il avait obtenu la tête de plusieurs élus compromis dans des scandales sexuels révélés dans son magazine.

Cloué dans un fauteuil depuis une tentative d'assassinat

Si son goût de la provocation l'avait aidé à bâtir sa réputation et sa fortune, il avait aussi failli lui coûter la vie : le 6 mars 1978, à proximité d'un tribunal où Larry Flynt est une énième fois poursuivi pour "obscénité", un extrémiste proche du Ku Klux Klan ouvre le feu sur lui, le laissant paraplégique. Le tireur, un tueur en série raciste qui n'a été arrêté qu'en 1980 pour d'autres crimes et ne fut jamais inquiété pour cet attentat, n'avait pas apprécié des photos publiées par Hustler mettant en scène des partenaires de différentes couleurs. La santé de Larry Flynt dès lors ne cesse de se détériorer, le rendant dépendant aux anti-douleurs et aux drogues.

Milos Forman brosse de lui un portrait élogieux dans un film éponyme en 1996 où il est incarné par Woody Harrelson. "Je dois admettre que je n'ai jamais acheté le magazine Hustler et je crois que je ne l'achèterai jamais", écrivait le réalisateur dans une préface de l'autobiographie de Flynt. "Mais aussi longtemps que je vivrai, j'admirerai toujours Larry Flynt : sa vie, son courage et sa ténacité", affirmait Forman.

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