Explosif, sanglant et absolument délirant : James Gunn dynamite "The Suicide Squad"

Rick Flag (Joel Kinnaman), Peacemaker (John Cena), Harley Quinn (Margot Robbie), Thinker (Peter Capaldi) et Bloodshot (Idris Elba) dans "The Suicide Squad" de James Gunn.

COUP DE CŒUR - Le réalisateur des "Gardiens de la Galaxie" lâche les fauves en passant chez le concurrent DC et s’autorise absolument tout ce qui lui était interdit chez Marvel. De quoi signer un film aussi percutant que jouissif, qui assume toutes ses prises de risques. Un régal !

Il en parle comme "du plus gros film qu’il ait jamais fait". Ce n’est pas rien quand on s’appelle James Gunn et que Disney vous a déjà confié les manettes de sa saga Marvel Les Gardiens de la galaxie. Deux films, deux succès critique et public qui ont rapporté plus de 1,6 milliard de dollars au box-office. Alors quand la marque aux grandes oreilles l’a licencié après la résurgence d’anciens tweets problématiques, le concurrent Warner Bros. Pictures a sauté sur l’occasion. 

Le studio cherche alors à donner un second souffle à la Suicide Squad, composée de super-vilains de l’univers DC sortis de prison par le gouvernement pour combattre le crime. Détruit par la critique, le film sorti en 2016 récolte tout de même près de 750 millions de dollars dans le monde. De quoi donner très envie de relancer la machine.

James Gunn nous a dit qu’il voulait faire un film qui, à sa manière, rappellerait certains des grands drames de guerre comme "Les douze salopards" ou "De l’or pour les braves"- Charles Roven, producteur

"Quand James Gunn est devenu disponible, ça a été un merveilleux cadeau qu’il veuille faire ce projet", explique à LCI le producteur Charles Roven. "Nous n’avions pas de scénario que nous aimions sans lui. Je n’aurais pas fait ce film sans James Gunn, mais ce film n’aurait pas existé sans lui", assure-t-il, se souvenant de la première fois où le réalisateur lui a pitché son idée. "Il nous a dit qu’il voulait faire un film qui, à sa manière, rappellerait certains des grands drames de guerre comme Les douze salopards ou De l’or pour les braves. Il voulait prendre ces méchants DC, dont la plupart n'étaient pas malfaisants, et les mettre au cœur d'une véritable mission militaire", raconte-t-il. Le cinéaste promet aussi d’insuffler son humour si particulier et de s’affranchir des limites de la bienséance. 

Un cocktail explosif qui à l’écran donne l’impression d’un grand défouloir. Comme s’il avait profité de la carte blanche offerte par Warner pour se permettre tout ce que lui interdisait Marvel. "Je ne peux pas dire qu’il n’y a aucune limite car le film n’est pas classé X mais classé R (moins de 17 ans aux États-Unis, NDLR)", s’amuse Charles Roven qui préfère parler d’un "nouveau chapitre" plutôt que d’une suite ou d'un reboot.  Sous la plume de James Gunn, Suicide Squad devient The Suicide Squad et récupère plus qu’un article défini. La scène d’ouverture, complètement dingue, pose les bases d’une aventure sans temps mort qui sera cash, sanglante et vulgaire ou ne sera pas. Mieux vaut avoir le cœur bien accroché pour profiter des scènes d’action qui ne font de cadeau à personne, surtout pas aux héros.

Une série dérivée déjà prévue pour janvier 2022

Les jets de sang succèdent à des vannes plus que douteuses. Mais plus qu’un repoussoir, tout ça sert de grande invitation à entrer dans cet univers absolument délirant et assumé, qui rend la salle hilare et gourmande d’en voir plus. "James Gunn crée une atmosphère particulière en utilisant cet humour absurde. Il est incroyable dans la manière de construire un monde. Il travaille sur une échelle énorme. C’est le plus grand film dont j'ai jamais fait partie en termes de décors et d'échelle de production. Et il y a beaucoup de cœur dans ses films. Ce sont les choses que j'espérais voir et que j'adore dans son travail. Et c'est absolument ce que vous voyez dans ce film", assure à LCI Margot Robbie. 

"Il y a énormément de personnages, certains sont très inattendus. Il réussit à faire que l'action et la tension coïncident avec les émotions. Et je pense qu'il le fait mieux que quiconque", poursuit au bout du fil l’actrice australienne, toujours aussi déjantée dans le costume de la géniale Harley Quinn qu’elle endosse pour la troisième fois. Son personnage est l’un des rares de retour, avec le Capitaine Rick Flag (Joel Kinnaman), Boomerang (Jai Courtney) et Amanda Waller (Viola Davis). Cette dernière envoie les super-vilains sur l’île perdue de Corto Maltese pour "effacer toutes les traces de l’opération Étoile de mer" lors d'une mission forcément suicide. James Gunn s’amuse de ses héros et de leur alliance improbable, avec un regard aussi moqueur que protecteur. On se prend, nous aussi, d’affection pour le timide mais redoutable Polka Dotman (David Dastmalchian), on rit devant les sorties monosyllabiques du requin King Shark (doublé par Sylvester Stallone) et on se marre de plus belle devant le combat de coqs opposant Bloodsport (Idris Elba) et Peacemaker (John Cena).

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Margot Robbie confesse à propos de son réalisateur qu’elle "n’a jamais vu quelqu’un diriger un plateau si grand avec autant de facilité". "James Gunn est incroyablement préparé et le résultat, c’est ce film énorme, fun, très drôle et sincère. Il a vraiment tout déchiré", insiste-t-elle. Une analyse qu’on ne peut que partager. Suffisant pour ouvrir un appétit déjà vorace pour la série dérivée consacrée à Peacemaker, le méchant voulant imposer la paix en tuant femmes et enfants, dont le tournage vient de s’achever. Attendus sur HBO Max en janvier prochain, les huit épisodes ont été écrits et réalisés par Mister Gunn himself qui confesse vouloir faire des séries dérivées "sur littéralement chacun" des personnages de la Suicide Squad. On l'imagine déjà penser à Ratcatcher 2 (la révélation Daniela Melchior), la fille de l’un des plus obscurs ennemis de Batman, qui n’apparaît pas dans les comics mais occupe une place de choix dans le film.

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