Vivian Maier au Musée du Luxembourg : à la découverte d’une brillante photographe

Vivian Maier au Musée du Luxembourg : à la découverte d’une brillante photographe

SORTIES - A partir du 15 septembre, le Musée du Luxembourg met la photographe américaine Vivian Maier à l’honneur. Le Sénat expose d’incroyables images d’archives saisies par l’artistes et des courts métrages symbolisant sa science de l’observation du quotidien.

Mystérieuse. Brillante. Tenace. Vivian Maier (1926-2009) ne manque pas de louange depuis la découverte par hasard en 2007 de ses nombreux négatifs, en désordre, à son domicile. La photographe américaine, méconnue de son vivant, suscite depuis respect et admiration. Les expositions pour saluer son travail se multiplient. Le Musée du Luxembourg organise une grande exposition à partir d’images et objets inédits pendant 4 mois.

Anne Morin, commissaire de l’expositions et directrice de diChroma photography, qualifie son œuvre "d’imposante, dense, lumineuse et brillante." Elle se constitue de plus de 120 000 images photographiques, de films super 8 et 16 mm, d’enregistrements divers, de photographies éparses, et d’une multitude de pellicules non développées, "comme autant de trouvailles fascinantes", ajoute la commissaire. Pour elle, aucun doute : "Cette passion qui l’habite et qui deviendra une activité presque quotidienne, l’élève aujourd’hui au rang des plus grands photographes emblématiques de la Street Photography, et la fait figurer dans l’Histoire aux côtés de Diane Arbus, Robert Frank, Helen Levitt ou Garry Winogrand."

L’enfance, la rue, la vie

En noir et blanc puis en couleur, silencieuses avant de faire du bruit, ses photographies rythmées racontent la vie des quartiers populaires de New-York et de Chicago. Toute sa vie gouvernante, Vivian Maier prenait des images à la volée sans aucun autre but que d’arpenter les rues et s’aventurer dans cette géographie humaine en constante circulation dont le tissu est formé par des anonymes qui se croisent. "Vivian Maier regarde la vie. Elle l’observe, la suit, la traque parfois et ne laisse rien au hasard. Les scènes qu’elle photographie sont souvent des anecdotes, des coïncidences, des lapsus du réel, des instants "résiduels" de la vie sociale auxquels personne ne prête attention mais qui deviennent pourtant le sujet de ses narrations. Chacune de ses images se situe à l’endroit même où l’ordinaire défaille, où le réel se dérobe et devient extraordinaire", écrit Anne Morin, commissaire de l’exposition.

Vivian Maier s’arrête sur des visages, beaucoup d’enfants, dont elle dresse les portraits. Ils évoquent la pauvreté, le travail harassants, la misère et le sombre destin. "Maier photographie ceux que l’on ne regarde pas, ceux qui ne figurent nulle part car relégués en marge de ce monde dont ils ne font définitivement pas partie, dans l’ombre de la grande utopie en vogue à cette époque, celle du Rêve américain, brillant à l’excès", commente la commissaire.

Vivian Maier s’intéresse aux détails des citadins déambulant dans les rues délabrées. Entre ceux en retrait, les uns qui attendent, les autres regardant, les uns qui font les cent pas, ceux qui s’endorment posés à l’ombre de nulle part. "Maier dresse un inventaire de leurs attitudes, de leurs postures, de leurs gestes et relève ces indices comme s’ils étaient les témoins de quelque chose d’imminent qui allait survenir", décrit Anne Morin.

De la photographie au cinéma

Progressivement, elle bascule de la photographie au cinéma. Au début des années 1960, le mouvement s’installe dans l’image. "Elle joue avec les temporalités en créant des séquences cinétiques, comme si elle transposait les spécificités du langage cinématographique dans celui de l’image photographique. Elle a recours à la fragmentation et à la répétition pour simuler le mouvement et à la simultanéité pour indiquer le déplacement et la durée. Elle crée de véritables séquences filmiques avec les douze vues de son appareil Rolleiflex, générant alors l’idée d’un développement linéaire de "l’espace-temps" propre au cinéma", écrit la commissaire. Elle filme ensuite ce qui est en train de se passer et qui échappe à l’œil nu. "Elle filme de manière frontale, sans artifice ni montage cette réalité qui se présente à elle", poursuit la commissaire.

L’exposition se déroule du 15 septembre 2021 au 16 janvier 2022 au musée du Luxembourg au Sénat (rue de Vaugirard, Paris 6e).

Ouvert tous les jours de 10H30 à 19H, nocturne les lundis jusqu’à 22H.

Entrée simple à 21€ (gratuit pour les moins de 25 ans dans certaines conditions).

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