"Peut-être que je vais voter Le Pen après ça" : un journaliste irlandais tacle l’équipe de "Bac Nord"

"Peut-être que je vais voter Le Pen après ça" : un journaliste irlandais tacle l’équipe de "Bac Nord"

MALAISE – Lors de la conférence de presse de "Bac Nord", ce mardi à Cannes, un journaliste irlandais a reproché au film de Cédric Jimenez de livrer une version caricaturale de Marseille et d’encourager le vote Le Pen. Ce que le cinéaste, lui-même d'origine marseillaise, a fermement démenti.

Bac Nord est un film choc basé sur une histoire vraie. Celle d’un groupe de policiers marseillais qui en 2012, sous la pression de sa hiérarchie, a franchi la ligne jaune pour améliorer ses résultats dans les quartiers Nord de la cité phocéenne. Cette affaire, qui a donné sept relaxes et des peines avec sursis pour onze prévenus, le réalisateur Cédric Jimenez la filme à la manière d’un western urbain, caméra à l’épaule, aux basques de ses héros incarnés par Gilles Lellouche, François Civil et Karim Leklou.

Sa sortie décalée de décembre dernier au 18 août prochain, Bac Nord a été présenté lundi soir hors compétition à Cannes, avec à la clé un accueil enthousiaste de la plupart des festivaliers. Changement d’ambiance ce mardi en conférence de presse. Tout en reconnaissant avoir apprécié le film, un journaliste a reproché à Cédric Jimenez de faire le jeu d’extrême-droite en livrant une vision selon lui caricaturale de Marseille.

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"On est dans une année d’élection. Moi j’ai vu ça avec l’œil d’un étranger et je me dis : peut-être que je vais voter Le Pen après ça", a-t-il lancé, provoquant les rires gênés d’une partie de l’équipe du film. Conservant son sérieux, le journaliste a poursuivi. "Moi je viens d’une cité en Irlande", a-t-il expliqué, estimant que dans le film la plupart des habitants des cités "ne sont que des bêtes". 

"C'est une vision qu’on a toujours dans les médias français : les zones où on ne peut pas passer, les zones hors de la civilisation, les zones où il faut réimposer la loi française", a-t-il poursuivi. "Le film est super, mais il y a un problème, là. On est dans une année d’élection. Et j’étais gêné. Vraiment gêné. Et je n’étais pas le seul."

Lui-même originaire de Marseille, qu’il avait déjà filmé dans La French, Cédric Jimenez a répondu calmement mais fermement à ces accusations. "J’espère que Marine Le Pen ne va pas passer grâce à moi, ça m’emmerderait", a-t-il d’abord répondu. "Au contraire, j’ai essayé avec le film de raconter effectivement des zones qui ont de grandes difficultés. Qui peuvent paraître véritablement hostiles. Mais je ne pense pas qu’il faut régler ça avec un vote radical comme Marine Le Pen, pas du tout."

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Évoquant ensuite le manque de moyens dont souffrent la police et les associations dans ces quartiers, Cédric Jimenez a estimé que "le manque de moyen crée la colère. Alors évidemment les policiers ont affaire à des dealers, à des délinquants et pas à l’ensemble de la population des quartiers Nord. C’est un point de vue, c’est un angle. Mais je ne pense pas que le film soit là pour dénoncer les zones de non droit et pour attiser la colère, au contraire".

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