NOTRE CRITIQUE - On a vu "Mourir peut attendre", le James Bond "woke" que les puristes vont détester

James Bond revient sur les écrans, après avoir attendu un an et demi, pandémie oblige. Les fans vont pouvoir découvrir en avant-première à Londres le tout nouvel opus et le dernier de Daniel Craig, "Mourir peut attendre".

ON AIME - "Mourir peut attendre" sort (enfin) ce 6 octobre au cinéma, après un an et demi d'attente liée au Covid. Pour son dernier épisode avec Daniel Craig, le héros de Ian Fleming est malmené par un monde post-MeToo auquel il n’appartient plus tout fait. Quitte à décevoir les fans.

That’s all folks ! 15 ans après sa première mission dans Casino Royale, Daniel Craig tire sa révérence avec Mourir peut attendre, dévoilé mardi 28 septembre au soir à la presse, en parallèle de son avant-première au Royal Albert Hall de Londres, en présence de la famille royale. L’attente, c’est bien ce qui caractérise le 25e volet de la saga. Prévue au départ en avril 2020, la sortie du film a été décalée à plusieurs reprises en raison de la pandémie. Forcément, dans l’intervalle, les fans ont tiré mille plans sur la comète. Beaucoup ont une idée bien arrêtée de la manière dont il faut écrire et réaliser un James Bond. Et certains risquent d’être en colère face aux choix effectués par les producteurs. 

Depuis son entrée en service, le 007 de Daniel Craig joue sur deux niveaux. En surface, les films respectent les codes du genre – un héros chic et viril, des femmes sublimes, des décors paradisiaques, des scènes d’action dantesques et des méchants machiavéliques. À ce niveau, pas de souci : le réalisateur Cary Joji Fukunaga en met encore plein les yeux. Mais de l’intérieur, c’est une autre histoire qui se déroule depuis le départ : celle d’un héros mythique "déconstruit" pour mieux coller à son époque. Quitte à détruire tout ce qui a fait sa légende, y compris l’Aston Martin.

Les femmes prennent le pouvoir

Souvenez-vous : machine à tuer impitoyable, James Bond s’humanisait au contact de Vesper Lynd (Eva Green), sa bien-aimée au sort funeste dans Casino Royale. Le cœur brisé, il la vengeait dans Quantum of Solace, avant d’affronter les fantômes de son passé dans Skyfall. Mourir peut attendre est la continuation de l’intrigue développée dans le controversé Spectre, en 2015. Après avoir envoyé l'odieux Blofeld (Christoph Waltz) en prison, l’espion préféré de sa Majesté a pris congé du MI6 et coule des jours paisibles auprès de Madeleine, sa psy jouée par la Française Léa Seydoux. Bond le tombeur en couple pour de bon ? Shocking !

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VIDEO LCI PLAY - Daniel Craig : "Le prochain James Bond ? Je lui souhaite bonne chance !"

Une dimension mélo assumée

La production nous ayant fait promettre de ne pas déflorer l’intrigue – un hashtag #Spoilerdoitattendre a même été créé - on ne vous dira pas comment ni pourquoi 007 sort de sa retraite. Ce qu’on peut vous dire, en revanche, c’est que cet ultime épisode, le premier de l’ère post-MeToo, le confronte à un monde nouveau où il n’est plus tout à fait à sa place. Fini les "girls" qui tombent dans son lit sans effort. Dans cet épisode co-écrit par Phoebe Waller-Bridge, la créatrice de la série Killing Eve, plusieurs femmes volent la vedette au mâle vieillissant, avec pas mal d’humour et d’aplomb.

L’une d’entre elles, l’agent Nomi, est jouée par la comédienne d’origine jamaïcaine Lashana Lynch, une manière habile de désamorcer la polémique sur la couleur de peau d’un prochain Bond. Leur rivalité à l’écran est pétillante et savoureuse, presque tout autant que la rencontre explosive du séducteur en smoking avec Paloma, une espionne faussement ingénue incarnée par la comédienne latino Ana De Armas.

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Mais là où Mourir peut attendre prend le plus de risques – voire de libertés avec l’esprit de la saga – c’est dans sa dimension mélo assumée, le scénario poussant très loin la relation entre Bond et Madeleine. Se moquer du machisme de 007 est une chose. Lui donner un cœur, un vrai, en est une autre et à plusieurs reprises on en vient à se demander si on est toujours dans un film d'espionnage. C’est pourtant ce qui différencie cette incarnation du héros de Ian Fleming de toutes les précédentes, quitte à trahir le mythe. C'est aussi ce qui rendra la succession très difficile, voire impossible. Mais ça, on en reparlera plus tard...

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