Florian Zeller, réalisateur de "The Father" : "Les six nominations aux Oscars sont comme des cadeaux"

Florian Zeller (à gauche) entouré d'Olivia Coleman et d'Anthony Hopkins sur le tournage de "The Father".

INTERVIEW - Son premier film "The Father" avec Anthony Hopkins et Olivia Coleman a récolté six nominations aux Oscars. Une belle récompense pour l'auteur français Florian Zeller qui nous livre ses premières impressions.

Ce sera la french-touch des Oscars qui se tiendront le 25 avril prochain au théâtre Dolby à Los Angeles. The Father, le premier long-métrage de l’écrivain et cinéaste français Florian Zeller, a décroché six nominations, dont celle de meilleur film. Une consécration pour l'auteur qui se lance dans la réalisation avec l'adaptation de sa pièce à succès Le Père, qui lui avait valu un Molière en 2014. 

Emmené par Anthony Hopkins et Olivia Coleman, respectivement nommés à l'Oscar du meilleur acteur et de la meilleure actrice dans un second rôle, The Father raconte l'histoire d'Anthony, un homme de 80 ans, atteint de la maladie d'Alzheimer et qui perd pied. À ses côtés, sa fille Anne tente comme elle peut de l'accompagner alors qu'il sombre. 

Quelle a été votre première réaction à l'annonce des six nominations pour The Father ?

J'ai juste ressenti de la joie, sans forcément projeter toutes les possibilités que ces six nominations peuvent ouvrir. Je les ai prises comme un signe d'encouragement, comme des cadeaux dans une période où l'on ne nous en fait pas beaucoup ! C'est pas la meilleure année pour sortir son premier film, mais le fait d'avoir soudainement ces gages, c'est un grand bonheur. 

N'avez-vous pas été un peu déçu de ne pas avoir été nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur ? 

Non, parce que c'est plus intéressant de s'attacher à ce qui est là plutôt qu'à ce qui ne l'est pas ! Il y a déjà six nominations, ce qui est déjà assez rare, et certaines, pour le meilleur montage ou le meilleur décor, célèbrent le film en tant que tel. Ce sont des nominations qu'on partage avec toute l'équipe du film. Et les joies sont plus grandes quand elles sont partagées.

Anthony Hopkins est la première personne à qui j'ai eu envie de parler. Et je crois que c'était réciproque.- Florian Zeller

Savez-vous comment se déroulera la cérémonie des Oscars et si vous allez pouvoir y aller ?

C'est encore un peu flou, mais j'ai entendu dire ce matin qu'a priori, ils pensaient faire une cérémonie en présentiel, comme on dit, avec les nommés. Mais je ne sais pas s'ils accepteront les étrangers et les gens non vaccinés. Pour l'instant, je savoure ce moment assez fort des nominations.

Vous avez déclaré que faire tourner Anthony Hopkins était un rêve. L'avez-vous eu au téléphone depuis l'annonce ? 

Oui, je l'ai eu au téléphone. Faire un film comme celui-là, qui nous a demandé d'aller sur des territoires émotionnels assez intenses, ça nous a vraiment liés affectivement. On se parle souvent et évidemment il est la première personne à qui j'ai eu envie de parler. Et je crois que c'était réciproque. C'est une joie d'autant plus forte à partager qu'Anthony Hopkins a été à l'origine de ce désir de film. Quand j'ai commencé à écrire le scénario, je ne pensais qu'à lui. Il est la raison pour laquelle j'ai eu envie de faire le film en anglais.

"The Father" a quelque chose de cathartique assez puissant - Florian Zeller

Pourquoi avez-vous eu envie de porter à l'écran votre pièce de théâtre ?
J'avais la conviction que quelque chose de particulier pouvait être fait. J'ai été très surpris et ému de voir l'accueil que réservaient les spectateurs à la pièce en France ou dans d'autres pays. Il y a quelque chose de cathartique assez puissant. On a tous un père et on sera tous confrontes un jour au dilemme douloureux de savoir ce qu'on fait des gens qu'on aime quand ils commencent à perdre leur rapport avec la réalité. Se souvenir à travers une expérience artistique qu'on n'est pas seuls dans cette situation-là, c'est une belle consolation. Et l'expérience du cinéma permet d'aller encore plus loin, car elle met le spectateur dans une situation où il perd, lui aussi, ses repères.

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J'avoue ne pas avoir regardé les César car je ne pouvais pas. En revanche, je connais bien le désarroi de ne pas pouvoir travailler. Et c'est encore plus fort au théâtre, contrairement au cinéma où il y a encore des tournages, même si les films ne peuvent pas sortir. Les règles sont difficiles à accepter quand elles ne sont pas cohérentes. Et là, je trouve qu'on touche à un point de non-cohérence éprouvant. Cela dit, je pense qu'après cette crise, les gens retourneront au cinéma avec encore plus de plaisir et de conscience de la magie qui lui est propre. 

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