La romancière camerounaise Djaïli Amadou Amal remporte le Goncourt des lycéens pour "Les Impatientes"

La romancière camerounaise Djaïli Amadou Amal remporte le Goncourt des lycéens pour "Les Impatientes"

RECOMPENSE - Finaliste malheureuse du Goncourt 2020, Djaïli Amadou Amal a reçu ce mercredi le Goncourt des lycéens. Dans son roman engagé, "Les Impatientes", elle s’inspire de sa propre expérience pour raconter le destin de ses héroïnes, confrontées au mariage forcé et aux violences conjugales.

Elle dit vouloir porter "la voix des femmes du Sahel". Avec son roman Les Impatientes, Djaïli Amadou Amal avait créé la surprise en se retrouvant dans le carré final du Prix Goncourt 2020, finalement remporté lundi par Hervé Le Tellier pour L’Anomalie. Ce mercredi, cette romancière camerounaise de 45 ans s’est vue attribuer un joli lot de consolation avec le Goncourt des lycéens, remis par un jury de plus de 2.000 élèves à travers la France.

  

Dans Les Impatientes, elle donne la parole à trois femmes peules, confrontées au mariage forcé, à la polygamie et aux violences conjugales. Djaïli Amadou Amal s’est inspirée de son propre parcours. Née d'une mère égyptienne et d'un père camerounais, elle est mariée à l'âge de 17 ans à un quinquagénaire qu'elle ne connaissait pas. Cinq ans plus tard, non sans difficulté, elle parviendra à divorcer.

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Dix ans plus tard, elle se remarie mais se retrouve victime de violences conjugales. Alors qu'elle parvient à s'échapper de l'emprise de son compagnon, il kidnappe ses deux filles pour la faire revenir. Dotée d’un BTS en gestion, seules études que son époux l'a autorisée à suivre, elle trouvera le salut par la littérature. En 2012, elle publie son premier roman, Walaande, l'art de partager un mari, qui raconte l'attente sans fin de quatre femmes mariées au même homme. Succès en librairies au Cameroun, il lui permet d’être l’invitée du Salon du livre à Paris cette année-là. 

Publié par l’éditrice Emmanuelle Collas, Les Impatientes est le prolongement de ses combats personnels. La romancière s'attache aussi à montrer à quel point les femmes, d'abord victimes, perpétuent de manière inconsciente ces violences qu’elles subissent, par exemple à travers l'excision. "Ces femmes n'agissent pas ainsi par méchanceté mais parce qu'elles n'ont connu que ce système qu'elles ont pour rôle de reproduire", explique à l’AFP la romancière, qui a créé l'association Femmes du Sahel afin d’œuvrer en faveur de l'éducation des filles de la région.

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