Hergé au Grand Palais : cinq trésors qui vont surprendre les Tintinophiles

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EXPO – Mercredi 28 septembre, le Grand Palais accueille une grande rétrospective consacrée à Hergé. Le créateur de Tintin s’y révèle à travers plusieurs facettes méconnues de son œuvre, et le visiteur ne sera pas au bout de ses surprises en tombant nez à nez avec quelques trésors inattendus.

"Si je vous disais que dans Tintin, j'ai mis toute ma vie..." Ces mots d'Hergé ne sont pas des paroles en l'air. L'homme était littéralement rivé à sa table à dessin, traçant case après case, phrase après phrase, la plus grande série de l'histoire de la bande dessinée. Georges Remi (1907-1983), alias Hergé, est reconnu comme l'un des plus grands créateurs du XXe siècle : il a donc toute sa place au Grand Palais, qui lui ouvre ses portes du 28 septembre au 15 janvier pour une exposition à la fois ludique et émouvante. Avec des visiteurs qui ont de fortes chances d'avoir grandi avec Tintin, parions que ces pièces exposées vont être très souvent photographiées. 

La collection d'art contemporain d'Hergé

Pour se délasser de la plume, Hergé prenait le pinceau. Avec les années et le succès, son goût pour l'art contemporain s'est affirmé, à rebours de son image conservatrice. Hergé a acheté de nombreuses oeuvres et s’est lui-même essayé à la peinture abstraite : ce sont ses toiles, très honorables, qui ouvrent l’expo. Un peu plus loin, deux magnifiques portraits le représentent, signés Andy Warhol. Ces deux sérigraphies (la troisième est au musée Hergé) lui ont été offertes par Fanny Vlamynck, sa seconde épouse, en cadeau de mariage. Andy Warhol avait rendu visite à Hergé à Bruxelles dans les années 70, magnétphone en main, très enthousiasmé par son travail sur Tintin. 

Les affiches et illustrations de "Hergé, dessinateur"

Avant de se consacrer entièrement à Tintin, Hergé a réalisé un grand nombre d’illustrations publicitaires. Dans les années 30, ses affiches montrent un sens de la couleur très affirmé et vif, en opposition aux tons pastel de ses albums. Elles montrent aussi une certaine audace dans le graphisme et la composition qui contrastent avec sa fameuse "ligne claire". On retrouve toutefois ce trait d'épaisseur égale, net et souple, dans les nombreuses couvertures qu'il a réalisées pour Le Petit Vingtième, précieusement conservées, qui autrement se seraient effritées en miettes jaunâtres.

La statuette de "L’oreille cassée"

L’exposition est également un cabinet de curiosités, contenant des objets ayant appartenu à Hergé. Exception faite de cette statuette péruvienne du XIIe siècle qui a servi de modèle pour L’Oreille cassée, prêtée par les Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles ! Autres objets uniques : la maquette du nez de la fusée d’On a marché sur la lune, et une immense réplique du château de Moulinsart, demeure du capitaine Haddock inspirée par le château de Cheverny, dont les fenêtres laissent apparaître l’ombre des personnages de Tintin.

Les dernières planches préparatoires de "Tintin et l’Alph-Art"

Le dernier album de Tintin, inachevé en raison de la leucémie qui a emporté Hergé, traitait du milieu de l’art contemporain. L’auteur s’y moquait sans réserves du snobisme de ce milieu. Tous ses crayonnés, accomplis dans l’urgence avant d’être abandonnés, sont disposés de façon à composer les lettres du nom "Hergé". Si une publication posthume est exclue, Casterman a annoncé la sortie en janvier 2017 d'une version colorisée de Tintin au Pays des Soviets, première aventure de notre petit reporter parue en 1930.

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