Hergé au Grand Palais : venez vous balader à Bruxelles sur les traces du créateur de Tintin

DirectLCI
TOURISME BÉDÉPHILE – Si Tintin a fait le tour du monde, Hergé, son créateur, n’a presque jamais quitté sa Bruxelles natale. Il a truffé ses albums de références à la capitale belge, sans les nommer, mais que les tintinophiles découvrent au détour d'une rue. Visite guidée du Bruxelles d’Hergé avec Dominique Maricq, incollable archiviste de son œuvre.

A peine sorti du Thalys, à la gare de Bruxelles-Midi, une fresque géante nous confirme qu’on est arrivé à bon port. Une fresque géante représente une vignette de Tintin en Amérique, dévoilée pour le 100e anniversaire de la naissance d’Hergé. Comme un jeu de piste, le visiteur d’un jour pourra partir d'ici pour traquer les références à Tintin. Si le temps vous manque, suivez les recommandations de Dominique Maricq, archiviste des Studios Hergé et auteur de plusieurs ouvrages, dont le dernier, Hergé, Tintin & compagnie, est sorti en hors-série Découvertes Gallimard.

Le Building Tintin et son effigie qui veille sur la ville

A deux pas de la gare, où d’énormes chantiers s’activent, on aperçoit une effigie de Tintin et Milou au sommet d’un immeuble. Le Building Tintin, aujourd’hui siège des éditions du Lombard, abritait autrefois le journal Tintin, publié de 1946 à 1988. "Raymond Leblanc, le fondateur du journal, a eu cette idée lors d’un visite à l’usine Mercedes", explique Dominique Maricq. "En voyant l’enseigne géante de Mercedes, il a eu l’idée d’en faire fabriquer une de Tintin et Milou, à la fin des années 50. Avant, elle tournait sur elle-même. Plus maintenant : ça faisait un peu trop de bruit pour les habitants."

Le quartier des Marolles et le marché aux puces de la Place du Jeu de Balle

Retour aux sources aux Marolles : "Hergé venait souvent dans ce quartier populaire de Bruxelles, où vivait sa famille maternelle, et où l’on parle un bruxellois typique qu’il a glissé dans quelques vignettes", poursuit notre guide. Sur la place du Jeu de Balle se tient un marché aux puces, que l’on voit au début du Secret de la Licorne ; Tintin se penche et y trouve la maquette d’un trois-mâts, La Licorne, qu’il va offrir au capitaine Haddock. Heureux hasard : une maquette de voilier, qui semble tout droit sortie de l’album, attend le chineur juste à côté. 

L’atelier-maison de Boitsfort et la villa du professeur Bergamotte

"Plus Hergé a de succès, plus il s’embourgeoise : il s’éloigne de Bruxelles où il a plus de calme, plus d’espaces verts." Notre guide nous conduit vers la commune de Watermael-Boitsfort, dans la région de Bruxelles-Capitale, jusqu’à une petite maison mitoyenne, avenue Delleur. "Hergé arrive ici en 1939, il y vivra jusqu’en 1953. Il y créera Le Secret de la Licorne, Le Trésor de Rackham le Rouge, Le Crabe aux pinces d’or, Les 7 boules de cristal, Le Temple du soleil et une partie d’Objectif lune. L'atelier privé s'est vite rempli : "Quand ses albums sont passés à la couleur en 1942, Hergé s'est senti dépassé. Il a commencé à engager des collaborateurs occasionnels, ce qui préfigurait dans un sens les premiers Studios Hergé", remarque Dominique Maricq, qui travaille dans les Studios Hergé actuels.

A quelques centaines de mètres de la maison de Boitsfort se trouve la villa qui a inspiré celle du professeur Bergamotte dans Les Sept boules de cristal. C'est là, derrière ces fenêtres opaques, que reposait l’effrayante momie de Rascar Capac... La vraie villa a elle aussi été brièvement hantée : "Hergé s’était installé devant pour la croquer sur un carnet, quand il a vu deux voitures de la Gestapo s’y garer. La villa avait été réquisitionnée pendant la guerre. Pour ne pas risquer d'être pris pour un espion, il a vite rangé ses crayons et il est parti sans demander son reste..."

Le musée Hergé à Louvain-la-Neuve

Le véritable temple du tintinophile se trouve à une demi-heure de route de Bruxelles. Le musée Hergé a ouvert en 2009 à Louvain-la-Neuve, entièrement financé par Fanny Rodwell, sa veuve et légataire universelle, qui ne voulait pas dépendre des fonds publics. Le bâtiment dessiné par Christian de Portzamparc n’expose que des originaux. De Tintin, mais aussi des autres productions d’Hergé (affiches, illustrations publicitaires), ainsi que de nombreux objets provenant de la collection personnelle de l’auteur. Le point de départ ou le complément obligé à toute visite de l’exposition au Grand Palais, surtout que les originaux tournent régulièrement. "Sur les 10 000 conservés, on a de la marge", conclut Dominique Maricq. C’est aussi en cela qu’Hergé est éternel.  

Lire aussi

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter