HK, le chanteur de "Danser encore", l'hymne de ralliement des "non-essentiels"

Kaddour Hadadi auteur de l'hymne anti-restrictions "Danser encore"

PORTRAIT - Connu pour sa chanson "On lâche rien", reprise dans toutes les manifestations, le chanteur du groupe HK et les Saltimbanks, Kaddour Hadadi alias HK, est aussi l'auteur de "Danser encore", l'hymne des partisans de la réouverture des lieux d'activité culturelle.

"Non essentiel". C'est cette petite phrase, restée en travers de la gorge de Kaddour Hadadi, qui a donné naissance à cette chanson vue plus de 1,6 million de fois sur YouTube, Danser encore. Le chanteur de 44 ans, plus connu sous le nom de HK, se souvient précisément du soir où il l'a composée. "C'était au moment de l'annonce du deuxième confinement, je répétais un spectacle dans une résidence à Avignon avec des amis et, de fait, notre spectacle a été annulé, car nous n'étions pas considérés comme essentiels."

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Il faut qu'on trouve un chemin pour continuer de vivre- HK

Un texte écrit "comme un cri du cœur", face au mépris ressenti envers le milieu de la culture. "Nous, on pense au contraire qu'on est tous essentiels. C'est un message terrible qui nous est envoyé, comme si, en France, on ne pouvait que travailler et consommer. Et c'est faux de dire qu'on ne peut pas faire autrement : il y a des pays européens, comme l'Espagne ou l'Allemagne, pendant un certain temps, qui ont fait autrement." 

Mis en ligne le 18 décembre 2020, Danser encore est devenu l'hymne de ralliement de celles et ceux qui demandent le retour des activités culturelles. "Il faut qu'on trouve un chemin pour continuer de vivre malgré cette pandémie. Nous sommes des êtres sociaux et nous avons besoin de nous réunir, de danser, de chanter", poursuit Kaddour Hadadi, pour qui "le mal-être généralisé" n'est pas moins important que la pandémie. Pour HK, "soigner les corps en négligeant les cœurs" n'a pas de sens. 

Mais le chanteur était loin d'imaginer un tel succès. En quelques semaines, la chanson a fait le tour des mouvements de contestation des restrictions sanitaires et du confinement, à travers des opérations organisées, à Chambéry, Marseille, Clermont-Ferrand ou Saint-Brieuc. Le tube de la pandémie est aussi devenu le support de mobilisation en musique pour les artistes et personnes précaires qui occupent une partie des théâtres publics depuis désormais plusieurs semaines. Le 12 mars dernier, on a entendu la chanson interprétée sur le parvis du Théâtre du Nord, occupé, à Lille. 

Les rassemblements en plein air ? "Ce n'est rien comparé aux gens dans les transports"

Des "rassemblements revendicatifs" où les gestes barrières et le port du masque ne sont pas toujours de coutume. La performance du groupe aux Vans en Ardèche le 20 mars dernier, qui a réuni 2000 personnes sur la place du marché, sans masques, avait particulièrement été remarquée à cet égard. Sans qu'aucun de ces rassemblements n'aient encore permis de remarquer l'émergence de cluster.

De toute façon, là encore, HK a une réponse toute faite pour ce reproche. "Ce n'est rien comparé aux gens qui s'entassent tous les jours dans les transports", affirme-t-il, encore traumatisé d'un trajet aux heures de pointes dans la ligne 13. 

Un succès un peu malgré lui, qui rappelle celui de son titre On lâche rien, devenu l'hymne de toutes les manifestations, des retraites aux Gilets jaunes en passant par la loi Sécurité globale. Là aussi, le titre a une genèse politique. "C'était à l'époque où Sarko était encore président, il avait dit au sujet d'une grève : 'Désormais, quand il y a une grève en France personne ne s'en aperçoit'." Un message qui avait heurté son âme de Roubaisien. "Je viens de Roubaix, ancienne ville ouvrière. J'ai vu cette ville florissante sombrer" à mesure que les usines fermaient. 

"C'était un peu pareil, j'ai écrit la chanson d'une traite en réaction à cette phrase", se souvient Kaddour Hadadi qui confie avoir pour mantra le slogan de mai 68 : "L’action ne doit pas être une réaction, mais une création." 

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