"House of Gucci" : Lady Gaga, héroïne fascinante d’un film délicieusement kitsch

"House of Gucci" : Lady Gaga, héroïne fascinante d’un film délicieusement kitsch

ON ADORE - Ridley Scott signe une fresque familiale où la démesure n’a pas de limites. Ses acteurs eux-mêmes s’affranchissent de toutes barrières, offrant une incarnation parfois excessive mais jamais décevante à l’image bling bling qui accompagne la marque de luxe.

Il suffit de prononcer son nom pour voir les images défiler dans nos têtes comme sur un podium. Gucci a longtemps été synonyme d’opulence, de démesure. Un côté tape à l’œil assumé que Ridley Scott fait sien pendant 2h37. 

Après le percutant Le dernier duel, le réalisateur britannique de 83 ans ouvre les portes d’une House of Gucci aussi mythique que scandaleuse, aussi enviée que détestée. Et marquée par un assassinat retentissant, celui de l’héritier Maurizio que son ex-femme Patrizia a préféré faire exécuter pour ne pas le voir épouser sa nouvelle compagne en 1995.

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House of Gucci : au cinéma le 24 novembre

S’il encadre le récit, le meurtre n’en constitue pas le cœur. En adaptant le livre du même nom de Sarah Gay Forden, Ridley Scott déroule une tragédie en trois actes qui dresse le portrait d’une anti-héroïne décomplexée jusqu’à la chute. Une femme de poigne qui tente par tous les moyens de se faire un nom avec celui d’un autre. Et qu’elle continuera à porter avec fierté, même sur le banc des accusés au tribunal. Maître d’un grand jeu de dupes familial, Patrizia Reggiani "veut tout" et surtout le meilleur. Comme son interprète. Initiales GG imprimés sur ses tailleurs très ceintrés, Lady Gaga irradie à l’écran. Fascine autant qu’elle envoûte. 

Adam Driver est surprenant de timidité

Son accent, que tant ont déjà critiqué à partir de la simple bande-annonce, est l’une des grandes forces de son interprétation habitée. Comme l’envie de prouver que oui, a movie star is born deux ans après sa nomination à l’Oscar de la meilleure actrice pour son tout premier rôle. On connaît sa trajectoire finale avant même le début du film mais qu’importe, on vibre quand même pour sa Patrizia qui passe de l’ingénue, mauvais sosie d’Elizabeth Taylor tiré à quatre épingles, à une femme délaissée qui perd pied en voyant tout pouvoir lui échapper. La noirceur du jeu de Gaga n’a d’égal que la délicatesse de celui d’Adam Driver, surprenant de timidité dans le costume de Maurizio. Et presque à contre-courant d’un casting cinq étoiles qui lâche les fauves comme jamais. 

Méconnaissable sous son maquillage et son faux crâne dégarni, Jared Leto en fait-il trop ? Absolument. Mais est-ce qu’on s’amuse à le voir s’agiter dans tous les sens ? Absolument. Al Pacino aussi s’amuse comme un môme devant la caméra de Ridley Scott, qui signe une plongée délicieusement kitsch dans l’Italie des années 80-90. Bercé de musiques italiennes et de grands hits pop, de George Michael à Donna Summer en passant par Blondie, House of Gucci divise déjà. À l'image des créations de la maison Gucci avant que Tom Ford ne vienne casser la baraque au milieu des années 90.

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>> House of Gucci de Ridley Scott - avec Lady Gaga, Adam Driver, Al Pacino, Jeremy Irons, Jared Leto, Salma Hayek et Camille Cottin - dès le 24 novembre au cinéma

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