Il s'enferme dans une statue en bois pendant une semaine : la dernière performance de l'artiste Abraham Poincheval

DirectLCI
MURÉ - Abraham Poincheval, artiste coutumier des performances extrêmes s'est enfermé, samedi 2 juin, à l’intérieur d’une réplique géante d’une statuette d’homme-lion datant du paléolithique. Il y restera sept jours et six nuits, avant d'en sortir le 8 juin.

Il voyage sans bouger. Abraham Poincheval, c’est ce drôle d’artiste, performeur, ermite, maître zen qui, il y a un an, souvenez-vous, s’était cloitré pendant une semaine dans une pierre au Palais de Tokyo, à Paris. Au même endroit, il  avait ensuite couvé des œufs, derrière une vitre, pendant trois semaines. Ce samedi 2 juin, l’artiste a entamé sa dernière performance. Vêtu d’une combinaison polaire, le sculpteur de 45 ans s’est enfermé pendant une semaine dans l’espace exigu d'une statue d'homme-lion, installée dans le parc du musée d'Aurignac (Haute-Garonne). 


"Ça y est, je suis parti", a déclaré Poincheval, en se contorsionnant pour s'insérer dans l'étroit sarcophage sculpté dans du mélèze, avant d’agiter une dernière fois la main et de refermer sur lui le ventre de la créature. Haute de 3m20, ce tombeau en bois est en fait une reproduction en grand d’une statuette datant du paléolithique. L’œuvre originelle, mesurant 32 cm, a été taillée dans une défense de mammouth par les premiers homos sapiens arrivés en Europe. L'artiste va vivre à l'intérieur sept jours et six nuits en lisière de forêt, dans le bruissement d'un ruisseau, pour une sortie prévue le 8 juin, aux alentours 11 heures.

Ce lion, c'est une sorte de miroir pour les hommes qui vivaient il y a 30.000 ansAbraham Poincheval

"Ce lion, c'est une sorte de miroir pour les hommes qui vivaient il y a 30.000 ans", a expliqué l’artiste, jeudi dernier, au moment de l’installation du simulacre. "C'est la première œuvre que je fais qui s'attache à une œuvre existante", avait-il confié quelques jours auparavant, en préparant ce "voyage en capsule", comme il aime appeler ses performances de claustration. Depuis plusieurs années, Abraham Poincheval multiplie les expériences d'enfermement.


Il a déjà passé  deux semaines à l'intérieur d'un ours naturalisé (2015). Il a également vécu une semaine sur une plateforme à 20 mètres au-dessus du sol devant la gare de Lyon, à Paris (2016), "enfermé dans le vide". Il a traversé les Alpes-de-Haute-Provence en poussant un cylindre de 70 kg, qui était à la fois un abri et un appareil photo (2011). Enfin, il a habité à bord d'une bouteille géante (6 mètres de long) en remontant le Rhône (2015).

Vous sentez, au bout d'un moment, que vous êtes dans un autre espace... l'esprit se balladeAbraham Poincheval

Des expériences "iconoclastes", reconnaît le performeur. Emmuré, empierré, ou enfermé dans un sarcophage d'homme-lion, plongé dans le noir et ne pouvant pratiquement pas bouger, Poincheval affirme ne pas souffrir "des privations sensorielles". "Vous sentez, au bout d'un moment, que vous êtes dans un autre espace... l'esprit se balade". Pour la suite, Abraham Poincheval a en tête des projets plus fous les uns que les autres : il compte rallier Londres en armure, comme "une sorte de chevalier errant", dit-il avec un demi-sourire. Et pour 2019, il envisage la construction d'un radeau suspendu à un ballon, pour "marcher sur les nuages".

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter