Il y a 30 ans tout juste, Nirvana ressuscitait le rock avec l'inusable "Nevermind"

Il y a 30 ans tout juste, Nirvana ressuscitait le rock avec l'inusable "Nevermind"

NOSTALGIE – Le 24 septembre 1991, la planète découvrait "Nevermind", le deuxième album d’un petit groupe baptisé Nirvana. Trois décennies après, il n’a rien perdu de sa magie sombre, symbole d’une époque où le rock avait encore des choses à dire.

La vraie-fausse polémique sur la pochette n’y changera rien. Sorti le 24 septembre 1991, Nevermind est un disque qui a changé la face du rock et la vie de ses auteurs. Formé quatre ans plus tôt à Aberdeen, dans l’État de Washington, Nirvana est un groupe encore confidentiel lorsque le clip de "Smells Like Teen Spirit" débarque à l'antenne de la chaîne musicale MTV, quelques semaines plus tôt. Et c'est une véritable déflagration.

Dans un gymnase reconstitué dans un studio de Culver City, le chanteur guitariste Kurt Cobain, le bassiste Krist Novoselic et le batteur Dave Grohl se produisent pour une assemblée de lycéens d’abord intimidés, avant de se déchaîner sur les accords de cette petite bombe qui va devenir l’hymne de toute une génération, lassée d’une décennie de rockeurs proprets à la Bon Jovi. Pour l’anecdote, le titre de la chanson a été inspiré par un graffiti de l’ex-fiancée de Kurt Cobain, moquant le déodorant cheap qu’il utilisait à l’époque…

Un son au croisement du punk et de la pop

Si le talent de Nirvana transpirait sur certains titres de Bleach, son premier opus paru deux ans plus tôt, Nevermind est un petit miracle du début à la fin. Guitares saturées, rythmiques infernales et refrains hyper accrocheurs… Pour certains critiques de l’époque, des titres comme "In Blood", "Breed" ou "Lithium" ne seraient qu’un croisement habile entre les Stooges d’Iggy Pop et les Pixies de Franck Black, mâtiné de Black Sabbath et de Sonic Youth. Sans parler de l'intro de basse de "Come as you are", qui ressemble un peu trop à celle de "Eighties" de Killing Joke. Et alors ?

L’histoire de la musique est un éternel recommencement et Nirvana lui offre une résurrection grandiose, l’attitude en plus. Mi-nihiliste, mi-provocateur, souvent les deux, Kurt Cobain est un écorché vif dont les tourments intimes dévoilent la face sombre de l’American Way of Life. Et ça fait mouche : en moins d’un mois, Nevermind va se vendre à plus de 500.000 exemplaires. Depuis, il a dépassé les 30 millions d'exemplaires dans le monde.

La naissance du mouvement grunge

Dans la foulée de ce succès phénoménal, les majors du disque vont signer toute une flopée de groupes "bruyants" nés avant ou après l’explosion de Nirvana. C'est le mouvement grunge avec Soundgarden, Alice in Chains, Mudhoney, les grands rivaux de Pearl Jam et bien sûr Hole, le groupe de Courtney Love, la future Madame Cobain. Certains vont cartonner. Mais aucun n'aura l'impact durable du trio.

Paradoxe amusant : le chanteur dira à qui veut l’entendre qu’il déteste depuis le début le son de Nevermind, jugeant la production de Butch Vig trop lisse à son goût. Publié deux ans plus tard, In Utero, sera plus "garage" en réaction, plus extrême, plus aventureux aussi. Ce sera le dernier disque inédit du groupe, le chanteur se donnant la mort le 5 avril 1994 à Seattle. Il avait 27 ans.

Lire aussi

La disparition prématurée de Kurt Cobain joue sans doute beaucoup pour la notoriété de Nevermind. Elle illustre, d’une façon terrible, la sincérité d’un chanteur mal à l’aise avec les exigences de l’industrie du disque, l’hypocrisie du showbiz et les attentes dévorantes du public. Fidèles à leur ami, Krist Novoselic et Dave Grohl n’imagineront pas une seconde le remplacer. Le premier s’est lancé dans la politique, le second dans une seconde carrière réussie avec les Foo Fighters. 

En 2005, Nevermind a fait son entrée dans la Bibliothèque du Congrès américain. Un honneur qui aurait sans doute bien fait marrer Kurt Cobain. Mais qui n'est pas forcément contradictoire avec son message. Réécouter le disque aujourd’hui renvoie à une époque où le rock avait encore des choses à dire, où il a sans doute incarné pour la dernière fois l’exutoire d’une jeunesse qui s’est depuis tournée vers le hip-hop, devenu le genre musical le plus populaire de la planète. Nostalgique ? Sans doute. Excitant ? Toujours !

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Que risquera-t-on en roulant sans pneus hiver après lundi prochain ? Le 20H vous répond

EN DIRECT - Procès du 13-Novembre - "Je voudrais dire quelque chose" : Salah Abdeslam s'adresse à la cour

"On marche sur la tête" : la colère monte face aux routes bloquées de la frontière franco-espagnole

VIDÉO – Un an de précipitations en 48h : la Sicile frappée par des inondations meurtrières

Plus de 5000 cas de Covid-19 par jour : peut-on déjà parler de "cinquième vague" de l'épidémie ?

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.