"Insatiable" : entre gêne et colère, on a vu le premier épisode de la série Netflix qui fait polémique

"Insatiable" : entre gêne et colère, on a vu le premier épisode de la série Netflix qui fait polémique

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À EVITER - Taxée de grossophobie avant même sa sortie, la série "Insatiable" a le don de mettre le spectateur mal à l’aise dès les premières minutes, tentant maladroitement de faire de l'humour sur des sujets aussi graves que les agressions sexuelles sur mineurs et les troubles alimentaires. La quête de vengeance de Patty, ancienne obèse devenue mince après avoir eu la mâchoire brisée, nous a coupé d'emblée toute envie d’aller plus loin.

Un épisode aura suffi. Suffi à nous convaincre de ne pas continuer. Les 40 premières minutes d’ "Insatiable" nous ont donné envie de tout refermer. Et de passer à autre chose. Disponible depuis vendredi, la série originale Netflix était déjà dans le viseur des internautes depuis la publication de sa bande-annonce. En cause ? Le pitch du show, centré sur les envies de vengeance d'une ancienne ado obèse devenue mince pendant l'été contre ceux qui l'ont offensée par le passé. L'actrice principale, Debby Ryan, y apparaît dans un fat suit - littéralement "costume de gros" - ce qui a déclenché une pétition demandant l'annulation du programme avant même sa diffusion. Un texte qui compte aujourd'hui plus de 229.000 signataires.

Les critiques américaines n'ont pas non plus épargné la série, parlant de programme "irregardable" et "pire que ce que l'on imaginait". Alors, c'est forcément un peu fébrile que l'on a appuyé sur le bouton "lecture" ce vendredi, désireux de nous forger notre propre opinion. "J'ai fait mon premier régime à l'âge de huit ans. Je me souviens avoir toujours été affamée. Insatiable, en fait", commence Patty en voix-off, affirmant avoir "détesté son corps pendant toute son adolescence" et racontant le harcèlement dont elle a été victime à l'école à cause de son surpoids. Si le choix du sujet est noble, son traitement l'est beaucoup moins. 

Alyssa Milano, au générique, a défendu corps et âme cette série qui en manque cruellement

Patty finit au tribunal, poursuivie par un SDF qu'elle a frappé après avoir été une énième fois moquée sur sa silhouette. Son coup à lui lui brise la mâchoire, la contraignant à manger liquide pendant trois mois et donc à maigrir. On ne compte plus le nombre de fois où le mot "fat" ("gros") est prononcé et associé à des répliques moqueuses et pleines de jugements ("elle ne plaisante pas avec la nourriture", "sans tes bourrelets, tu as perdu ta première ligne de défense", "j'ai peur que vous ne me trouviez plus belle si je grossis encore"). Le scénario ne vole pas haut non plus quand il s'agit de moquer le cancer de l'anus en imitant des bruits de pets et de s'amuser des agressions sexuelles sur mineurs.

Patty s'entiche de son avocat, accusé - à tort, certes - d'attouchements sur mineures dans le concours de beauté qu'il supervise. "Ça  veut dire que j'ai une chance", lance-t-elle à sa meilleure amie qui souligne qu'il est pédophile. Pas franchement de bon goût en général et à l'ère de #MeToo en particulier, hashtag lancé par... Alyssa Milano. Au générique dans un rôle d'épouse caricatural, elle défend depuis des semaines corps et âme cette série qui en manque cruellement. L'image de la femme pose également problème, laissant entendre notamment qu'il faut être court vêtue et aguicheuse pour séduire. Un peu de slut-shaming dans une balance déjà bien chargée. Sous couvert de ce qu'on imagine être du second degré, "Insatiable" fait finalement dans la vulgarité sans provoquer chez nous un seul sourire.

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