Julie Ferrier, schizophrène du rire

Julie Ferrier, schizophrène du rire

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THEATRE - Entourée de 5 comédiens de sa première troupe, Julie Ferrier revient avec un nouveau spectacle complètement barré dans lequel on retrouve certains de ses personnages fétiches et une liberté de ton irrésistible.

Plus on est de fous, plus on rit. Julie Ferrier applique à merveille cette maxime avec son nouveau spectacle comique, "En mai c'est Ferrier, ah la Gaîté !", qui reprend l'esprit déjanté du précédent, démultiplié par la présence de ses premiers compagnons de troupe. Après avoir joué dans une quinzaine de longs métrages, dont L'Arnacœur, bientôt dans Sous les jupes des filles, la comédienne démontre à quel point la scène lui appartient. Adepte d'un humour absurde, l'ex-danseuse professionnelle y incarne une galerie de personnages loufoques dans une ambiance euphorique. Récit d'une folle soirée.

Un show total
Avec Julie Ferrier, le show est total. Dès la file d'attente dans la rue du théâtre, la comédienne apparaît sous les traits de Mademoiselle Klimt, tailleur jaune poussin, chevelure rousse et air perpétuellement inquiet, qui houspille les récalcitrants. "Vous rigolez ? Oui, oui, oui, bah non, non, non." Les amateurs reconnaîtront l'institutrice hyperactive de son précédent one-woman-show, Aujourd'hui c'est Ferrier. "C'est sûr que ça met dans l'ambiance", reconnaît un spectateur. Un peu plus tard, une ouvreuse lance une mise aux enchères pour une barre chocolatée et propose de revendre ses vieux autographes. Une interactivité qui fait du bien.

Une actrice caméléon
Qu'elle se glisse dans la peau du robot Karbie, celle de Sarah Van Der Bus, la dresseuse d'animaux, ou Martha l'impudique professeur d'arts plastiques, Julie Ferrier se révèle une incroyable transformiste, capable d'exprimer des sentiments diamétralement opposés, de la cagole au regard rivé vers l'Amérique à l'actrice tourmentée en passant par la mamie chanteuse. Surtout, la présence des comédiens issus de sa première troupe rajoute un brin de folie et d'excentricité pour un résultat qui frise parfois avec le n'importe quoi. Mais on aime ça.

Un formidable rapport au corps
Ex-danseuse professionnelle, notamment pour Philippe Decouflé, Julie Ferrier utilise son corps comme aucune autre humoriste. Pour s'en rendre compte, il n'y a qu'à voir les élucubrations de Martha, la professeur d'arts plastiques, qui inaugure pour l'occasion le premier défilé de mode jour/nuit, ou le numéro de claquettes inaugural. Autre grand moment : les chorégraphies robotiques de Karbie et Ben (Brieuc Carpentier), censés nous remplacer un jour aux tâches domestiques, ou l'épilogue du spectacle, grand moment de danse libérateur.

Une liberté salvatrice
Rien ne résiste à Julie Ferrier. Même la scène la plus banale devient la plus drôle, comme cette dégustation d'éclair au chocolat interprétée par Katia Charmeaux, qui déclenche d'irrépressibles crises de rire au sein du public. Ou l'idée géniale d'avoir recours à un chien dressé, tranquillement alangui sur scène, un os en bouche, pendant que les spectateurs prennent place dans la salle. "Il est en train de finir quelqu'un ou quoi ?", s'interroge Mademoiselle Klimt.

Jusqu'au 1er juin au Théâtre de la Gaieté Montparnasse, 26 rue de la Gaîté, XIVe. 21 heures, de 22 à 43 euros.

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